La « loi d’airain » du dr. Geerd Hamer

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13/06/2011 à 08h07 – mis à jour le 13/06/2011 à 08h44 | 390 vues | 3 réactions

Aujourd’hui les sectes ne se présentent plus comme des réunions d’illuminés qui, autour d’un gourou charismatique, attendent le retour des extra-terrestres, la fin du monde ou l’avènement de l’âge d’or.
Plus pernicieuses que jamais, elles s’intéressent, entre autres, à votre santé et remettent en cause la médecine des facultés pour y substituer des théories hétérodoxes qu’aucune étude digne de ce nom n’étaye. Elles réservent leurs « découvertes » à des aréopages de disciples, médecins, para-médicaux ou simplement curieux, au bout de séminaires, formations et stages divers et variés..
Tout cela coûte cher, très cher même.

Bornons-nous pour aujourd’hui à une théorie particulièrement pernicieuse:

Le décodage biologique, ou la loi d’airain du Dr. Geerd Hamer.

Le docteur Geerd Hamer, de nationalité allemande, concepteur de la « Germanique Nouvelle Médecine » a été condamné par la Cour d »Appel de Chambery à dix-huit mois de prison ferme (arrêt coulé en force de chose jugée)  pour exercice illégale de la médecine. Il est radié à vie de l’ordre des médecins.
Sa doctrine est considérée comme « secte nuisible » par la Miviludes (Mission Interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) et de « secte dangereuse » par l’autorité belge ad hoc.
Sa « loi » s’articule autour du dogme suivant:

1.Tout cancer est déclenché par un choc psychique brutal, un conflit aigu et dramatique vécu dans l’isolement… et qui continue d’obséder le patient. C’est le syndrome Dirk Hamer (DHS).
2.La teneur subjective du conflit… détermine à la fois la localisation du cancer (poumon, sein, foie, os, etc.), et l’aire cérébrale qui, sous l’empire du choc, subit une rupture de champ (foyer de Hamer).
3.Il y a corrélation exacte entre l’évolution du conflit, celle du cancer dans l’organe et celle du foyer de Hamer dans le cerveau. La triade psychisme – cerveau – organe est constamment synchronisée.
Les « milliers de cas » examinés par Hamer l’ont amené à formuler cette « loi d’airain » appelée ainsi parce qu’elle n’a jamais été contredite (!).
A quel moment débute le cancer ? A l’instant même où le patient est frappé de plein fouet par un choc psychique brutal. Quand le cancer s’arrête-t-il ? A l’instant même où le conflit est résolu. La thérapeutique consiste essentiellement à aider le malade à résoudre le conflit qui est à l’origine du « court circuit » au cerveau. Une fois le conflit résolu, « le foyer de Hamer se régénère par formation d’un oedème périfocal, tandis que les cellules, dont la prolifération anarchique était due à une erreur de codage du cerveau-ordinateur, cessent d’être innervées par des codes erronés et le cancer est stoppé ».
Voici encore quelques affirmations péremptoires de Hamer:
Le dogme de la croissance cellulaire qui se propage par îlots d’ensemencement hématogène n’est utile aux cancérologues que pour fonder l’existence de prétendues métastases. Or, les métastases n’existent pas !
L’angoisse, la peur d’étouffer, fait toujours des taches rondes aux poumons, qui sont toujours et sans exception des adénocarcinomes.
Les tumeurs cérébrales n’existent pas, ce sont des foyers de Hamer. Mais, « ces patients sont pris de panique en apprenant leur diagnostic de tumeur cérébrale, ils font des taches rondes aux poumons et ne vivent plus longtemps ».
Le cancer est tout à fait inoffensif, tout au moins pour ce qui est de la tumeur, tant qu’elle ne cause pas de gêne mécanique. En effet, étant constituée des cellules même de l’hôte, elle ne porte porte absolument pas atteinte au système immunitaire. etc.

Donc toute toute maladie a pour origine un conflit, et la reconnaissance de ce conflit conduit à elle seule à la guérison.
C’est aussi simple que ça !

Un peu partout en Europe, le docteur fit des adeptes, médecins, naturopathes et autres psychothérapeutes auto-proclamé qui font du mauvais Lacan avec des phrases du style: « le mal a dit »
Facile !Ainsi, un mal au genou est la traduction d’un conflit entre le « je » et le « nous (pour les francophones s’entend, car en allemand « genou » se dit « knie » qui n’a rien à voir avec le « je » et
le « nous »). Mieux: la varicelle traduit la peur d’être déçu par la mère, car elle est « celle qui varie »…je n’invente rien. La toxoplasmose, dans cette optique, illustre un conflit dans lequel le patient craint que son père ne soit pas son père, ou que sa mère l’ait conçu sans amour pour son géniteur. Allez donc expliquer cela au patient, histoire de rajouter à l’angoisse qui l’étreint.
Le cancer du sein droit chez une femme droitière ? Un conflit entre la mère et sa descendance.
Pourquoi le sein droit: parce qu’une droitière tend le sein droit à son enfant…élémentaire !
Un cancer du colon est la conséquence d’une vilenie impossible à digérer. Etc…
Faut-il en rire ? Non ! Car de braves gens, naïfs et crédules, ont arrêté tout traitement sur base de ces inepties et se sont retrouvés à la morgue.
En France, l’ex-médecin Gérard Athias (disciple de Hamer), ajoute des considérations sur la numérologie et la kabbale. Rien n’est dû au hasard (« tout est écrit », en quelque sorte).
Dès le départ la numérologie du prénom et du patronyme enferment le sujet dans son destin personnel auquel la kabbale ajoute son grain de sel.
La liberté (et donc la responsabilité) dans ce raisonnement est un leurre, nous sommes prédéterminés.
C’est avec des idées pareilles que fonctionnent les totalitarismes qui sont la marque des mouvements sectaires et dogmatiques.
Bien entendu, aucune référence scientifique n’étaie ces thèses dont les tenants forment une étrange franc-maçonnerie avec ses codes, ses mots, son vocabulaire et le sentiment d’être « de ceux qui savent » et qui propagent la « bonne parole » aux « profanes ».
Athias et Sabbagh (encore un ex-médecin), organisent en France et en Europe francophone des séminaires de formation à leurs doctrines. Coûteuses formations, des médecins généralistes y viennent pour augmenter leurs honoraires et des psychothérapeutes auto-déclarés s’y concoctent des références.
Cette « loi d’airain » repose sur un néant scientifique absolu, sans étude vérifiable, sans tests cliniques, sans soumission à des examens objectifs et répétés. On est en présence d’un délire à caractère paranoïaque que l’ex-médecin Hamer n’a pas gardé pour lui, faisant, de ce fait, des victimes qui, après avoir interrompu leur traitement classique, sont décédées.

« Celui qui base ou croit baser sa conduite, interne ou externe, se sentiment ou d’action sur un dogme ou un principe théorique qu’il estime indiscutable, court le risque de devenir un fanatique »

Miguel de Unamuno: « Le sentiment tragique de la vie »

Avec l’aide sympathique de: http://www.charlatans.info/hamer.php

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