Fin du monde, cancer : les sectes utilisent le Net

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mercredi 15 juin 2011

Les dérives sectaires font aussi florès sur la Toile. Attention aux groupes annonçant la fin du monde en 2012 ou vantant les traitements alternatifs aux cancers.

Un quart des Français auraient déjà été approchés par une secte et 500 000 personnes seraient actuellement « happées » par l’une d’elles. Ce sont les estimations publiées par la mission interministérielle de vigilance et de luttes contre les dérives sectaires (Miviludes), dans un rapport qu’elle remet aujourd’hui au Premier ministre.Cette année, la Miviludes met en garde contre deux dérives. Tout d’abord, le retour annoncé d’une énième fin du monde qui, cette fois-ci, interviendrait le 21 décembre 2012. La date aurait été établie à partir de l’hypothétique fin du calendrier maya. « Une fantaisie de plus », selon l’université autonome du Mexique. Selon l’historien Luc Mary, depuis la fin de l’empire romain, il s’agit de la 183e fin du monde programmée.

À chaque fois, pourtant, des personnes se font embrigader. Le 14 juillet 2002, à Nantes, une adepte du groupe Néo-Phare s’était suicidée et deux autres personnes avaient tenté de mettre fin à leurs jours. Leur gourou d’alors avait proclamé la fin du monde le 24 octobre 2002… Pour la Miviludes, « ces croyances instrumentalisent les peurs collectives pour mieux exercer une véritable emprise sur les personnes ».

Attentionaux traitements miracles

Fait nouveau aujourd’hui : la propagation par Internet et les réseaux sociaux. En février, un Canadien dénommé Flot avait ainsi réussi à convaincre plusieurs femmes de Bourgogne qu’elles devaient se préparer à « l’ascension finale ». La Miviludes a pu intervenir à temps. Plusieurs d’entre elles avaient déjà rédigé leur testament et préparé leurs obsèques…

« La fin du monde en 2012 crée un buzz sur Internet : plus de 2,5 millions de pages sur ce sujet. D’où notre proposition : renforcer la veille qu’effectuent déjà policiers et gendarmes sur le Net », insiste Georges Fenech, le président de la Miviludes.

Autre secteur à risque : les traitements alternatifs contre les cancers. « Cette maladie fait peur et les pseudo-thérapeutes exploitent cette peur », observe la Miviludes. Elle cite le cas de cette femme qui stoppa sa chimiothérapie après s’être laissée convaincre par un « thérapeute » aux explications dramatiquement farfelues. Sa maladie s’est aggravée, elle est aujourd’hui décédée.

La Miviludes lance donc une campagne : « Cancers, attention aux traitements miracles ». Parmi les conseils distillés : « Soyez vigilants si vos interlocuteurs vous conseillent d’arrêter les traitements classiques »…

 

Pierrick BAUDAIS.
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