La justice sociale repose sur l’équilibre des droits et des devoirs

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L’édito de Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, du vendredi 10 juin 2011

La France a le modèle social le plus généreux des pays de l’OCDE. Chaque année, 30% de la richesse produite est consacrée à la protection sociale, soit 600 milliards d’euros de prestations. C’est grâce à cette solidarité que les inégalités sont moins fortes en France que dans la plupart des autres pays européens : notre taux de pauvreté est de 13% contre 17% en moyenne dans l’Union Européenne. Ce modèle est une grande fierté pour la France et il n’est pas question de le renier. Mais pour le transmettre à nos enfants, il faut le réformer : parce qu’aujourd’hui son financement n’est pas garanti à long terme, parce qu’il ne repose pas assez sur l’équilibre des droits et des devoirs, parce sa légitimité est remise en cause par des fraudes et des abus.

Notre système ne repose pas assez sur l’équilibre droits/devoirs. Nous voulons donc remettre cette philosophie au cœur de notre modèle social, en l’appliquant par exemple au RSA qui, s’il rend aujourd’hui plus attractive la reprise d’un emploi que l’inactivité, n’a pas encore rempli toutes ses promesses et doit être amélioré.
L’UMP propose donc que les allocataires du RSA socle (ex-RMI), qui en ont la capacité, travaillent 5 heures rémunérées par semaine dans des activités d’utilité commune (sorties d’école, propreté…), proposées par les collectivités locales ou associations par le biais d’un contrat unique d’insertion (CUI). Seul et sans enfant, le bénéficiaire du CUI gagnerait environ 560 euros (150 € pour ses 5h hebdomadaires au SMIC horaire plus 410 € de RSA activité) au lieu de 467 euros du RSA socle !
Ce mécanisme est à la fois le meilleur moyen de remettre un allocataire du RSA sur le chemin du travail et de lui montrer qu’il a la capacité d’apporter quelque chose à la société. Parce qu’il ne peut y avoir de droit sans devoir en contrepartie, si une personne refuse à deux reprises de reprendre une activité, elle se verra appliquer une baisse de son RSA socle de 10% par mois. A l’indemnisation passive prônée par la gauche, nous préférons un accompagnement actif pour aider les gens à rebondir. Reconnaître à quelqu’un des devoirs, c’est le considérer comme une personne responsable. Le vrai mépris, c’est de ne lui reconnaître aucun devoir.

Dans la même logique d’équilibre des droits et des devoirs, la rénovation de la justice sociale dans notre pays passera par :

  • Une méritocratie réelle : l’origine sociale et géographique ne doit plus être un handicap ! Il faut mettre en place un plan de soutien scolaire à l’ampleur inédite, en mobilisant des bénévoles et les jeunes effectuant leur service civique obligatoire, avec des études surveillées et un soutien scolaire gratuit dans les établissements d’éducation prioritaire.
  • Des formations tout au long de la vie pour dynamiser les parcours professionnels : l’ascension sociale ne s’arrête pas avec le diplôme ! L’UMP propose d’instaurer un compte individuel de formation dont le capital de départ serait inversement proportionnel au niveau de formation initial.
  • La lutte contre les inégalités territoriales. Un second programme de rénovation urbaine pourrait être lancé sous conditions d’engagement des maires notamment en matière de sécurité.
  • La lutte contre la fraude et les abus qui minent le lien social avec notamment la création d’un « FBI de la lutte contre la fraude », sans états d’âme pour les fraudeurs
  • Une carte sociale sécurisée pour chaque Français, sur laquelle on pourra contrôler les droits ouverts et faire des rapprochements avec les données de l’administration fiscale et Pôle emploi.

C’est en réhabilitant le principe selon lequel le droit à la solidarité n’est pas séparable du devoir de responsabilité que nous sauverons notre modèle social.

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