Sécurité. Les motards dénoncent la répression

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Manif!!! C’est le cri de guerre lancé par la FFMC (*) pour protester, samedi, contre les nouvelles mesures de sécurité routière. Des associations d’automobilistes vont aussi exprimer leur colère dans la roue des motards.

Interdiction des avertisseurs de radars, suppression de panneaux de signalisation des radars remplacés par endroits par des radars pédagogiques, renforcement des sanctions en cas de grand excès de vitesse ou d’alcool au volant… Et, pour les motards, port du gilet jaune obligatoire, agrandissement des plaques d’immatriculation… 62% des Français se disent opposés à ces nouvelles mesures annoncées par le gouvernement.

Mesures jugées trop répressives
Pour la FFMC aussi, la coupe est pleine. «En France, en dix ans, relate Jean Munos, trésorier de la FFMC 29, le parc des deux-trois roues a été multiplié par deux tandis que le parc automobile a stagné. Depuis des années, la FFMC demande que cette donne soit prise en compte par les politiques. Mais rien n’est fait. Les seules réponses: la répression et le racket!». Plusieurs associations d’automobilistes «ressentent également que l’on ne parle plus de sécurité et de partage de la route, mais uniquement de répression», affirme le coordinateur de la FFMC 29, Jean-Luc Guivarch.

4.000 morts sur la route, 20.000 à la maison
La FFMC considère qu’on est aujourd’hui parvenu à un seuil et qu’il sera difficile de descendre en dessous des 4.000 morts par an sur les routes. Un chiffre qu’elle compare avec celui des accidents domestiques responsables de 20.000 décès par an. Depuis deux ans, la fédération des motards a participé à toutes les réunions du Grenelle des deux-roues et fait des propositions. «Mais, on ne nous écoute pas, reproche Jean Munos. Nous ne sommes pas opposés aux radars s’ils sont placés à des endroits accidentogènes. Mais la crainte, c’est de voir des automobilistes piler devant des radars qui ne seront plus signalés. Cela ne fera qu’augmenter le nombre de morts. Dire que la vitesse est la principale cause des accidents mortels, c’est aussi facile. C’est oublié que 90% des accrochages se font à très basse vitesse. La vitesse n’est pas seule responsable des accidents, il y a aussi le portable, l’alcool». Autres motifs de la grogne des motards, le port obligatoire du gilet jaune et l’agrandissement des plaques d’immatriculation «pour raison de sécurité». «C’est totalement aberrant. On nous oblige à porter un gilet jaune, mais pas de veste de protection dont certaines comportent pourtant des éléments réfléchissants. Si on porte un sac sur le dos, le gilet jaune ne se verra pas. Augmenter la taille des plaques n’a aucun effet sur la sécurité et pourrait même rendre les dépassements dangereux, car les plaques sont très coupantes. Ça les rendrait juste plus lisibles pour les radars!», fulmine Jean Munos.

Renforcer la formation
Aux nouvelles mesures jugées trop répressives, les motards opposent une meilleure formation de tous les usagers de la route et une plus grande responsabilisation des conducteurs. La FFMC défend ainsi l’idée d’un «continuum éducatif» pour tous les usagers âgés de 10 ans à 80 ans. Elle considère que l’éducation à la sécurité routière ne doit pas se faire seulement lors du passage du permis de conduire. Et pour mieux faire prendre conscience aux politiques des améliorations à apporter pour assurer la sécurité des deux et trois-roues, les motards en colère ont décidé d’inviter un député ou un sénateur à prendre place derrière eux.

(*) Fédération française des motards en colère.

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