Une société de droits mais aussi de devoirs

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La Droite sociale a lancé, il y a un mois, le débat sur l’équilibre entre les droits et les devoirs de chacun dans la société, et sur les pièges de l’assistanat. Ce n’est pas un débat médiocre. C’est un débat essentiel pour l’avenir de notre pays, comme l’a d’ailleurs montré le large écho qu’il a rencontré dans l’opinion. Les idées que nous avons lancées ont fait leur chemin. Ce sont des questions qui ont déjà été abordées et résolues partout en Europe. Cela fait sept ans que Gerhard Schröder a mené ces réformes en Allemagne, cela fait également sept ans que les minimas sociaux sont modernisés en Espagne. Le Danemark, la Suède ou la Belgique ont su évaluer et faire évoluer leurs politiques sociales. La France doit apprendre à affronter ces sujets dans la sérénité.

Contrairement au choix fait par la gauche d’un assistanat généralisé, qui sédimente des dépenses supplémentaires sans s’interroger sur leur efficacité, la droite Sociale, mise résolument sur la valeur travail. Pour revaloriser le retour au travail dans notre société, la Droite sociale a avancé deux propositions. La première consiste à renforcer l’incitation au travail.

Le problème n’a jamais été de contester le principe du RSA ou les 850 euros que touche un couple au RSA. Le problème, ce sont les aides auxquelles il faut renoncer ou qui sont fortement diminuées lors de la reprise d’un emploi à temps plein. Un chômeur qui reprend une activité à temps plein perd de multiples aides : la CMU complémentaire, les aides de certaines communes pour la restauration scolaire et les transports, une partie des aides au logement, la prime de Noël, la gratuité des places de crèche ou de cantine dans d’autres communes. Il doit aussi payer une partie de sa taxe d’habitation, la redevance pour sa télévision. Les sommes en jeu sont loin d’être anecdotiques.

La société ne reconnaît pas suffisamment la valeur du retour au travail. La personne qui retourne au travail a le sentiment qu’elle n’est pas accompagnée à sa juste mesure. La vie des titulaires de RSA qui recherchent un travail est difficile. Ces situations doivent être abordées avec humanité. Il ne s’agit pas de laisser tomber ceux qui ont besoin d’une aide légitime. Il ne s’agit pas de les stigmatiser. Mais il faut aussi penser à ceux qui font l’effort de travailler, souvent dans des conditions difficiles, et qui ont le sentiment de manquer de reconnaissance et d’attention.

En effet, comment demander à quelqu’un d’aller travailler si c’est pour gagner seulement deux ou trois euros de l’heure de plus ? N’oublions pas ce qui doit être une valeur cardinale de notre société européenne : les revenus du travail doivent être supérieurs aux allocations. Ce que nous voulons, c’est une vraie différence entre les revenus du travail et les revenus de la solidarité. C’est un problème compliqué, pour lequel il faut prendre le temps de l’analyse et de l’évaluation. Le RSA constitue un vrai progrès en ce sens, mais il faut aller au bout. Sans prétendre avoir la solution miracle, nous demandons que ce sujet soit étudié, expertisé et clarifié.

La deuxième proposition que la Droite sociale a avancée est de demander en contrepartie du RSA des heures de service social. Le RSA constitue en effet un véritable effort de solidarité de la part de la société. Il est important qu’il repose sur un système de droits et de devoirs. Nos compatriotes, et notamment les classes moyennes, n’accepteront pas durablement de financer une protection sociale coûteuse si les droits qu’elle confère ne comportent pas de devoirs en contrepartie. C’est une condition d’efficacité et d’équité de notre système social. Mais c’est également dans l’intérêt des personnes aidées. Verser une prestation sociale ne fait pas une politique d’insertion.

Verser un chèque chaque mois, ne dédouane pas d’une action véritable de réinsertion professionnelle, civique et sociale. Une politique sociale responsable doit être basée sur la confiance en la personne : lui confier à nouveau une activité, lui donner un emploi même modeste : c’est ainsi qu’on lui rend sa dignité. Il faut sortir la personne de l’isolement que l’absence ou la perte d’emploi provoque. Même avec les meilleures intentions, il faut que nous soyons attentifs à ne pas enfermer des familles entières dans l’assistanat. De plus, ces heures de service social permettront à certains de disposer d’une expérience professionnelle qui devra être valorisée et constituer un atout dans leur recherche d’emploi.

Entendons-nous bien : c’est le piège de l’assistanat que nous dénonçons, et non pas ceux qui pourraient y tomber. Il n’a jamais été question pour nous de stigmatiser les bénéficiaires de minima sociaux.

La Droite sociale entend ainsi contribuer à l’élaboration d’un « nouveau contrat social », qui repose sur un équilibre clair entre les droits et les devoirs de chacun, entre l’efficacité des dispositifs et la justice sociale. Cela suppose d’arrêter de concevoir une politique sociale uniquement par le biais de prestations et d’allocations. Celles-ci finiraient par faire perdre de vue que le seul véritable travail social, c’est le retour à l’activité. Cela suppose d’être capable de faire du « sur-mesure » et pas seulement des dispositifs successifs, au total souvent aveugles et inéquitables. Lutter contre le piège de l’assistanat est une mesure de justice sociale.

Ces propositions sont celles de la Droite sociale. Elles sont centrées sur la dignité et la valeur du travail dans notre société. Et si l’on veut réussir à remettre au centre de notre société la valeur du travail, c’est sur le A de RSA qu’il faut remettre l’accent.

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