La rupture

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http://fr.canoe.ca/artdevivre/ellelui/article1/2011/06/13/18275826-jdm.html

Enfants et patrimoine

Rompre provoque des conséquences pratiques lorsque des enfants sont présents et qu’il y a eu constitution d’un patrimoine. Rares sont les enfants qui ne souffriront pas d’un divorce. Un couple sans enfant a un prétexte de moins pour faire durer une relation insatisfaisante, mais la rupture implique aussi des considérations économiques.

Vivre seul coûte plus cher que vivre à deux et lorsqu’un seul des conjoints travaille, il doit faire vivre deux ménages. Sera-t-il possible de conserver intact le patrimoine acquis durement à travers les années? Devra-ton vendre la maison et aller vivre dans des appartements plus restreints? Les enfants pourront- ils continuer leurs activités parascolaires ou sportives qui exigent parfois de fortes sommes? Et si l’un des deux veut en profiter pour se réorienter professionnellement, il pourra difficilement compter sur le soutien financier de l’autre.

Aucun doute, les habitudes de vie devront changer, parfois radicalement. Sans parler de ce que diront les parents, les amis, les confrères et consoeurs de travail? Et que se passera-t-il quand les deux se trouveront un nouveau partenaire et voudront recomposer une famille ? Comment réagiront les enfants à la venue d’une personne étrangère dans leur vie? Ce qui rend complexe cette dimension, c’est qu’au moment où les deux conjoints sont en guerre, les deux parents qu’ils sont devenus et les deux associés qui ont investi temps, énergie et argent doivent s’entendre pour minimiser les dégâts de leur rupture.

La médiation

Que se passera-t-il si l’autre ne se contente pas de la garde que l’un est prêt à lui accorder? Les deux seront-ils en mesure de partager également la garde des enfants? Accepteront-ils de partager équitablement leur patrimoine et toutes leurs économies? Que se passera-t-il si l’Abandonnée veut faire payer financièrement l’Initiatrice de sa décision? Qu’adviendra-t-il des amis communs et des relations avec les belles-familles? C’est pour minimiser tous ces conflits que le législateur a créé, dans les années 80, la médiation familiale. Certains pays l’ont rendue obligatoire lorsque des enfants sont impliqués et l’encouragent en subventionnant, comme au Québec, les six premières rencontres avec un médiateur légalement patenté.

Le médiateur fait connaître aux partenaires leurs droits, devoirs et responsabilités ainsi que ceux des enfants et les aide à négocier des ententes équitables concernant la séparation, la dissolution de l’union civile, le divorce, la garde des enfants, la pension alimentaire ou la révision d’un jugement préexistant. Le médiateur ne peut toutefois intervenir dans le domaine relationnel, social et professionnel des partenaires.

La médiation exige des deux partenaires beaucoup de bonne volonté, un maximum de rationalité et le souci du bien-être des enfants. Ils doivent aussi comprendre qu’ils ne peuvent arriver qu’à une entente à double gagnant, ce qui peut être excessivement difficile si l’Initiatrice est rongée par la culpabilité et que l’Abandonnée est aux prises avec la rage de l’abandon.

C’est pourquoi de plus en plus de psychologues proposent une démarche de deuil de la relation avant d’entreprendre la médiation. Quoique ce soit difficile, il est possible de réussir son divorce et de créer une bonne entente entre les ex-amants, lesquels resteront liés pour la vie à cause de leur parentalité. Les deux doivent toutefois accepter qu’il y ait des pertes au plan des considérations pratiques.Un bon parent est celui qui reconnaît l’importance de l’autre parent.

Pour éviter de répéter le même scénario qui a mené à la rupture, il est donc important de faire une évaluation de ces croyances.

Les fausses croyances

Toutes nos croyances concernant l’amour, le couple et le divorce nous viennent de nos parents et de la société. Ces croyances sont innombrables:

  • L’amour rime avec toujours;
  • Le mariage est un engagement à vie;
  • Ce que Dieu a uni, nul ne peut le séparer;
  • Avec de l’amour et de la bonne foi, on peut tout arranger;
  • Mieux vaut rester dans une mauvaise relation que de divorcer;
  • Les enfants seront marqués à vie par la séparation de leurs parents;
  • Le divorce remet en cause les bases de la société;
  • Divorcer est un signe de lâcheté;
  • Le divorce est un échec.

Si vous entretenez de telles croyances, nul doute que vous ayez de la difficulté à prendre ou à accepter la décision d’une rupture. La croyance la plus confrontée lors d’une séparation est celle qui dit que: «Il la réveilla d’un baiser; elle le trouva charmant; ils se marièrent, eurent deux enfants et vécurent heureux».

À l’inverse, il existe des croyances pro divorce qui démontrent une attitude plutôt narcissique. C’est malheureusement trop souvent le cas aujourd’hui dans notre société de loisirs, de «me, myself and I» et de jeter après usage dès la première frustration ou déception.

  • La vie est trop courte pour rester dans un mariage lorsque l’on ne s’y sent plus bien;
  • Un engagement ne tient que tant qu’il nous rapporte;
  • C’est la vie, que voulez-vous?
  • Mieux vaut que ce soit l’autre qui souffre;
  • Tout le monde divorce;
  • Un de perdu, dix de retrouvés.

Ces croyances ne justifieront jamais une décision de rompre. Hommes et femmes se séparent aujourd’hui pour des raisons beaucoup plus égocentriques qu’auparavant: désenchantement, incompatibilité des caractères, désaccord sur les priorités de vie, partage non équitable des tâches, pour (re)vivre sa jeunesse… Les raisons traditionnelles et valables encore aujourd’hui étaient: violence, non-consommation du mariage, alcoolisme, refus de pourvoir et infidélité.

 

Croyances réalistes

Par contre, certaines croyances sont plus réalistes et plus matures que d’autres.

  • Il n’est pas vrai que l’on doive rester dans une relation à tout prix;
  • Il se peut que les efforts demandés pour rester en couple soient au-dessus de mes capacités;
  • Si mon couple mine ma confiance et mon estime, si ma santé physique ou mentale s’en ressent, il vaut peut-être mieux que je me sépare;
  • Il existe des relations invivables auxquelles on doit mettre fin;
  • Les réactions des autres ne doivent pas m’empêcher d’être moi-même et de me respecter;
  • Il se peut que le divorce soit non seulement la seule possibilité, mais aussi la meilleure décision;
  • Le divorce ne me libérera pas de mes responsabilités en tant que parent ou associé;
  • Ce n’est pas le divorce en soi qui perturbe le plus les enfants, mais la façon de réaliser la rupture.

L’amour et la bonne foi ne suffisent pas pour faire d’un couple un couple heureux à long terme. Encore faut-il entretenir une vision réaliste du couple. Si l’on n’y parvient pas lors d’un premier couple, la réflexion qui suit la séparation peut alors nous aider à faire le tri de nos croyances.

Le couple en soi, tout comme l’argent, ne rend pas heureux; il est plutôt fait pour générer des crises pour nous confronter et nous aider à grandir.

 

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