L’Europe, sinon rien

  • Share
  • CevherShare
  • Share

http://www.francesoir.fr/actualite/politique/l-europe-sinon-rien-111023.html

« La crise grecque, ce n’est pas d’abord une crise économique ou financière : c’est une crise politique, et d’envergure. Ce qui se joue, c’est l’avenir de l’euro, la seule construction dont ait accouché l’Europe en quinze ans. Soit l’Europe trouve les chemins d’une vraie fédération à 17, soit elle ne s’en remettra pas… »

Aujourd’hui ministre de l’Agriculture, hier directeur de cabinet de Dominique de Villepin, alors Premier ministre, puis secrétaire d’Etat aux Affaires européennes (dans le gouvernement Fillon), demain possible successeur de Christine Lagarde à Bercy, Bruno Le Maire – 42 ans, désormais émancipé – est l’une des valeurs montantes d’une droite qui n’a pas abdiqué, et croit pouvoir, à l’arraché, gagner en 2012. Le Maire est aussi l’un de ceux qui ont en charge le futur « projet » de l’UMP.

Lui qui s’indigne que tant de politiques – aux deux extrêmes, et jusqu’à Ségolène Royal, dit-il – alimentent aujourd’hui les « peurs » des Français, et leur font croire que tout est « risqué », tout est « dangereux », n’entend pas contribuer à surenchérir en ce domaine. Pour autant, il faut, dit-il, regarder les choses en face. Si des perspectives crédibles à long terme ne sont pas vite trouvées et proposées, les « peuples » ne suivront pas. Une « purge » tous les six mois ? Il n’y aurait pas que les Grecs pour dire non.

Etre « révolutionnaire »

Il reste que, pour Bruno Le Maire, à l’heure des échanges planétaires et de la montée en puissance de la Chine, de l’Inde, du Brésil et aussi des multinationales, rien ne serait plus « suicidaire » que la tentation du repli sur soi, et l’abandon de toute forme de « régulation ». « Une nouvelle hérésie », insiste-t-il. D’où le vœu qu’il exprime avec gravité (tout en admettant que, lorsqu’il parle de « fédération européenne à 17 », il est, pour le moment, seul de son espèce à l’UMP) : soit nous nous sauvons tous au prix de choix courageux, audacieux et même… « révolutionnaires », soit nous coulons tous car, après la Grèce, il y aurait, sinon, d’autres « brèches » qui, forcément, s’ouvriraient. Mais la France, estime-t-il, dispose d’un vrai tout : non seulement, en matière de dettes, sa situation n’a strictement rien à voir, même de loin, avec celle de la Grèce ou du Portugal mais c’est elle –la France – qui est « à nouveau à la manœuvre ». Et il y a urgence.

C’est sur France Soir !

You can leave a response,or trackback from your own site.

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.