John Galliano face à la justice

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http://www.francesoir.fr/actualite/faits-divers/john-galliano-face-justice-112041.html

L’ex-couturier de Dior est jugé mercredi pour des injures à caractère raciste.

Son avocat, Me Aurélien Hamelle, annonce qu’il plaidera une dépendance à l’alcool et aux médicaments 

Son avocat, Me Aurélien Hamelle, annonce qu’il plaidera une dépendance à l’alcool et aux médicaments MaxPPP

Les photographes l’attendent de pied ferme. Mais cette fois il n’est pas question de mode. John Galliano, 50 ans, comparaît mercredi, devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Un couple de Parisiens et une femme de 48 ans accusent, en effet, l’ex-couturier de Dior d’avoir proféré à leur encontre des insultes à caractère antisémite. Son avocat, Me Aurélien Hamelle, annonce qu’il plaidera une dépendance à l’alcool et aux médicaments.

L’affaire commence le 24 février dernier. Ce soir-là, Géraldine B. est attablée à la terrasse du café La Perle, un endroit tendance du quartier du Marais, situé à deux pas de chez le couturier. Elle prend une bière avec un ami quand John Galianno s’assoit à la table d’à côté et commande un mojito. Pour un motif encore obscur, une dispute éclate. Il lui aurait dit « “Ferme ta gueule sale pute !” parce qu’il ne supporte pas ma voix, parce que je suis immonde et que je ne devrais même pas être née tellement je suis laide, cheap et plouc », raconte-t-elle quelques jours plus tard à Europe 1. « Mon ami s’est énervé. John Galliano a bougé les tables pour être bien en face de lui. Il lui a dit : “Toi, t’es mort, sale Asiatique de merde !” » poursuit-elle.

« J’adore Hitler »

La police se rend sur place. Emmené au commissariat du IIIe arrondissement, le Britannique est soumis à un test d’alcoolémie qui se révèle positif : 1,1 mg d’alcool par litre d’air expulsé. « Du champagne au déjeuner, j’ai pris une coupe pendant mon shopping, j’ai dîné dans une brasserie où j’ai repris du champagne et finalement, au bar, j’ai pris un mojito », raconte-t-il aux policiers. Toutefois, il nie fermement avoir proféré des insultes antisémites.

Quelques jours plus tard, une autre femme de 48 ans dépose plainte, à son tour, contre Galliano. Selon elle, le 8 octobre dernier, le couturier l’aurait copieusement insultée et se serait moqué de son physique. Dans un premier temps, elle estime que ces propos sont la conséquence d’une consommation excessive d’alcool. Mais, apprenant l’existence d’une deuxième altercation, elle aurait décidé de se manifester. Deux amis italiens de la quarantenaire ont été cités par le parquet et devraient venir au procès confirmer sa version des faits.

Les preuves contre Galliano s’accumulent. Le 28 février, le tabloïd britannique The Sun publie, sur son site Internet, une vidéo du créateur, visiblement éméché. La scène se déroule le 12 décembre 2010, toujours à la terrasse de La Perle. Il lance à une personne assise à la table à côté de lui : « J’adore Hitler. » Et précise : « Des personnes comme vous seraient mortes. Vos mères, vos pères seraient tous des putains de gazés. »

« Il ne s’en souvient pas »

« Cette vidéo, où il se voit un peu étranger à lui-même, ça lui a fait un choc », assure Me Aurélien Hamelle, indiquant que son client a présenté « ses excuses ». Selon l’avocat, « il se soigne de son addiction à l’alcool et aux médicaments » et « envisagera son avenir professionnel » une fois son procès terminé. Quant aux propos dont on l’accuse, « il ne s’en souvient pas, car il était dans un état second ». De plus, ils « ne reflètent en rien sa pensée. Il n’est ni antisémite ni raciste ».

Après ce procès, John Galliano n’en aura pas terminé pour autant avec la justice. En effet, il a déposé plainte, le 13 avril, contre son ancien avocat, Me Stéphane Zerbib, qu’il accuse de détournement de fonds. A son tour, le conseil dépose deux plaintes visant le créateur de mode pour « dénonciation calomnieuse » et « diffamation ».

 

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