Les nouveaux pères jonglent entre le travail et les enfants

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ls assistent aux accouchements, se réveillent la nuit pour les biberons, prennent un congé paternité : les pères réunionnais ont franchi le cap et s’impliquent de plus en plus dans l’éducation des enfants. Une situation dont se félicite l’Union des associations familiales. Les mères, elles, sont encore un peu sceptiques même si elles confirment cette évolution des mentalités chez les « nouveaux pères ».

Une enquête américaine publiée cette semaine montre que les pères sont tiraillés entre les impératifs de leur carrière professionnelle et leur volonté de compter autant que la mère à la maison. L’enquête menée par le Centre du travail et de la famille du Boston College présente le portrait d’un père qui s’efforce de progresser dans sa carrière tout en cherchant l’égalité dans la vie du foyer. “Mais ces hommes reconnaissent ouvertement qu’ils n’y arrivent pas encore”, affirme le rapport.

Deux tiers des pères affirment qu’ils aspirent à “s’occuper de leurs enfants autant que le fait leur épouse ou partenaire”. Illustration de ce conflit entre la carrière et les aspirations parentales : 57% des pères reconnaissent “qu’au cours des trois derniers mois, ils n’ont pas été en mesure de faire ce qu’il fallait à la maison en raison du travail”. L’enquête affirme également que “les pères ont besoin de développer leur capacité à être un bon parent, mais aux États-Unis ils n’en ont pas l’occasion”. Seul 1% des pères interrogés ont pris quatre semaines de congés pour accompagner la naissance de leur dernier enfant tandis qu’un père sur vingt seulement avait pu prendre deux semaines.

DU TEMPS POUR SA VIE PERSONNELLE

Comme aux États-Unis et en France, on assiste à la Réunion à une implication croissante des pères dans la vie à la maison et l’éducation des enfants. “Il y a de plus de papas qui assistent aux accouchements, qui s’arrêtent de travailler quand bébé arrive à la maison. Ils s’occupent du bébé”, confirme Céline Lucilly, présidente de l’UDAF-Réunion, plutôt ravie de ces changements. Il faut dire que cela ne se voyait pas à la Réunion il y a quelques années. “J’ai eu huit enfants et mon mari n’est pas venu une seule fois assister à l’accouchement. Ce n’était pas pensable”, confie Hélène, 70 ans. Jeune maman de 28 ans, Cynthia, elle, ne se voyait pas accoucher seule. “Mon mari était là pour la naissance de notre fils. Il est resté près de moi, il m’a tenu la main. Et il a coupé le cordon ombilical. Il était très ému, et moi aussi”.

Interrogés par Ipsos, 80% des pères déclarent être prêts à « prendre un congé paternité de quelques mois au moment de la naissance » pour vivre leur paternité de façon plus intense. Parallèlement, une importante majorité des pères se dit prête à « prendre une année sabbatique » (71%). Les plus jeunes apparaissent à nouveau plus convaincus : 59% des pères de moins de 35 ans répondent « oui, certainement » contre 53% des pères de 35 ans et plus. Enfin, les trois quarts des pères interrogés seraient prêts à « demander à travailler à temps partiel » pour vivre plus intensément leur paternité si cela n’avait que peu d’impact financier pour eux (76%).

Cet effet de génération est visible dans d’autres études relatives à la question du travail et de l’investissement personnel. Les enquêtes menées récemment montrent que la jeune génération, arrivée plus tardivement sur le marché du travail, au moment de la mise en place des lois sur les 35 heures, est plus attachée à l’équilibre vie professionnelle/vie privée. Cette « génération RTT » revendique le droit de préserver du temps pour sa vie personnelle. C’est peut-être ce qui explique que les jeunes pères soient davantage prêts que leurs aînés à consacrer du temps à leurs enfants, au détriment de leur vie professionnelle. Les hommes sont plus prêts à s’investir que les femmes ne se l’imaginent. D’une manière générale, même si les femmes se montrent un peu réservées, on peut quand même parler d’une évolution des mentalités à la Réunion. Et c’est vrai que “papa à la maison, c’est cool”, reconnaissent les enfants qui fêteront comme il se doit leur “papounet chéri” demain, jour de la fête des pères.

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