« Martine Aubry est une personnalité énigmatique »

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http://www.nordeclair.fr/Actualite/2011/06/29/martine-aubry-est-une-personnalite-enig.shtml

Publié le mercredi 29 juin 2011 à 06h00 – PROPOS RECUEILLIS PAR MARTIN LEPRINCE > france.monde@nordeclair.fr

« Martine Aubry est une personnalité énigmatique » « Martine Aubry est une personnalité énigmatique »

Avec « Martine, le destin ou la vie », Isabelle Giordano, journaliste à France Inter – qui présentera son livre ce jeudi à 17 heures au Furet du Nord à Lille – signe pour la seconde fois un portrait intime de Martine Aubry, patronne du Parti socialiste, maire de Lille et candidate à la primaire.


Interview.

Vous avez achevé votre livre bien avant l’affaire DSK. Vous doutiez alors de la volonté de Martine Aubry de se lancer dans la course à l’élection présidentielle
>> Oui, car la candidature de Dominique Strauss-Kahn à la primaire socialiste semblait alors une évidence et une partie de l’entourage de Martine Aubry m’affirmait qu’elle lui laisserait la place. Mais je dis aussi qu’elle a tendance à suivre le sens de l’engagement lorsqu’elle est forcée par son destin. C’est ce qui s’est produit, même si c’était totalement inattendu. Je n’ai pas écrit ce livre en pensant qu’elle serait candidate.
Lorsque vous la suiviez, considériez-vous qu’elle possédait une carrure de candidate à la présidentielle ?
>> Oui, une énergie et une force de candidate. Martine Aubry a, dans sa manière de faire de la politique, une volonté de se situer au-dessus des petits débats, des petites phrases politiciennes ou des diktats médiatiques. Elle essaye d’être au-dessus de la mêlée.
Selon vous, la présidentielle ne représente pas à ses yeux un « Graal ». N’est-ce pas un handicap alors que l’ensemble des présidents de la Ve République ont justement comme point commun d’avoir été obsédés par cette fonction une grande partie de leur vie ?
>> Martine Aubry n’est pas carriériste comme le sont la plupart des acteurs politiques. Cela peut être un handicap mais aussi une force parce qu’elle se différencie des autres et que les électeurs aspirent à une autre façon de faire de la politique. On verra à terme si cela a été plus une force ou un handicap.
Vous revenez à plusieurs reprises sur son grand intérêt pour la culture. Qu’elle ait choisi la gare Saint-Sauveur pour annoncer sa candidature représente-t-il un symbole à vos yeux ?
>> Elle est fidèle à ce qu’elle est au plus profond d’elle-même. Ce choix montre bien son attachement à la culture. La gare Saint-Sauveur signifie beaucoup de choses, c’est un lieu de culture qui est aussi synonyme de création d’emplois et de brassage social.
Comment percevez-vous sa relation avec les Lillois ?
>> Elle est très attachée à eux. Son mandat de maire occupe une grande partie de ses journées, y compris lorsqu’elle est rue de Solferino (le siège du Parti socialiste à Paris, ndlr). Elle est maire à 400 %.
Vous évoquez longuement l’influence de ses parents. Pensez-vous que se lancer dans la course présidentielle alors que son père, Jacques Delors, avait refusé de le faire en 1995 représente un symbole pour elle ?
>> Martine Aubry n’évoque jamais sa famille. Son engagement vers la présidentielle annule toute comparaison avec son père et je ne pense pas que son annonce de cette semaine soit de quelque manière une réponse au non-engagement de Jacques Delors. Mais il reste l’un de ses plus proches : elle possède avec lui une grande complicité intellectuelle.
Entre le premier livre que vous lui aviez consacré en 2002, « Martine : portrait intime » (Grasset), et le dernier, quelles évolutions avez-vous constatées ?
>> Elle s’est à la fois endurcie et apaisée. Au fil des ans, elle est devenue moins sensible aux attaques et aux critiques. Elle ne lit plus la presse, cela la rend plus détachée.
Votre livre aborde également des aspects négatifs de sa personnalité. Vous évoquez ses « sautes d’humeur et sa brutalité », la décrivant comme « mi-mère Teresa, mi-despote »…
>> Je ne suis pas une journaliste politique, j’essaye de porter un regard sur un monde auquel je suis extérieure. Je n’ai cherché à faire ni un livre à charge ni à être totalement dans l’empathie. Je laisse aux lecteurs l’opportunité de se faire leur propre opinion. Je ne suis pas admirative ou fascinée par Martine Aubry, je suis intriguée par elle. Elle est une personnalité énigmatique dont on ne parvient pas à percer pleinement le mystère.
Ne craignez-vous pas d’être allée trop loin dans l’intimité, notamment lorsque vous évoquez le décès du frère de Martine Aubry alors qu’elle-même s’est toujours gardée de le faire ?
>> Non, je ne pense pas avoir fait preuve d’impudeur dans ma manière de parler de son frère. C’est un épisode de sa vie sur lequel elle n’aime pas s’étendre, mais c’est un élément qui permet de comprendre la femme qu’elle est.
C’est une des clés qui expliquent sa personnalité.w « Martine, le destin ou la vie » d’Isabelle Giordano. Grasset, 170 pages, 14 euros.

 

François Hollande, le choix militant de Daniel PercheronHier, alors que Martine Aubry annonçait sa candidature à la primaire PS, François Hollande arrivait dans le bassin minier où l’attendait…le président de Région qui lui a dit haut et fort : il croit en son destin.GAËLLE CARON > gaelle.caron@nordeclair.fr«C’est une journée exceptionnelle car il fait chaud dans ce département où on vient généralement chercher un peu de fraîcheur. » Dès son arrivée en mairie de Montigny-en-Gohelle, où le FN a fait une belle frayeur à la gauche aux dernières cantonales, François Hollande manie la plaisanterie. Quelques heures auparavant, 40 km plus au nord, Martine Aubry créait en effet le buzz médiatico-politique de la journée en se déclarant candidate à la primaire PS. Hasard de calendrier ou tentative de court-circuitage ? « Ce déplacement était prévu depuis longtemps. Je vais partout où des sympathisants socialistes m’invitent », reprend plus sérieusement le député de Corrèze, entouré notamment de Frédéric Cuvillier, le maire de Boulogne-sur-Mer, l’un de ses plus fidèles soutiens, mais aussi de Daniel Percheron, le président de Région, qui s’avérera un peu plus tard en être un autre.Un grondement de tonnerre a ensuite accompagné François Hollande jusqu’au monument de l’ancien puits du Dahomey, érigé en mémoire des mineurs résistants. Un début de tonnerre à l’heure où François Hollande s’aventure dans la région de Martine Aubry : comment ne pas voir dans cette anecdote le signe annonciateur d’une campagne difficile ? « Oui, les esprits vont s’échauffer, mais le plus important, c’est l’embellie qui suit toujours l’orage », prophétise le candidat préféré de Chirac, toujours avec humour, sa marotte ces derniers mois.« François, le plus brillant » Après une visite de la plate-forme Delta 3, de l’entreprise Draka, spécialiste de la fibre optique, et de la brasserie Castelain, François Hollande s’est rendu à Annequin, près de Béthune, pour un meeting devant 500 camarades. Et c’est toujours sur le même ton badin et vif qu’il s’est adressé à eux, égratignant copieusement Nicolas Sarkozy. « Il nous dit qu’il a changé, qu’il va faire président. Il est temps ! (…) C’est quoi un président normal, me demande-t-on ? Sachez ce qu’est un président anormal et vous aurez la réponse ! » L’élu corrézien n’en oublie pas pour autant son autre adversaire, « l’extrême droite de Marine Le Pen, candidate de la peur et du repli ».Hollande balaye les grandes lignes de son programme, dont la priorité sera la jeunesse. Évoque son idée de contrat de génération en faveur de l’embauche en CDI des moins de 25 ans. Et vante les mérites de la primaire socialiste ouverte aux électeurs de tous bords, dont deux critères doivent guider les choix : « Qui peut gagner en 2012 et surtout qui peut être un bon président ? » Pour Daniel Percheron, la réponse ne fait aucun doute : « François est le plus brillant de sa génération, l’un des rares capables de montrer le chemin au pays. C’est un militant conquérant, pas un héritier. Et puis il a aussi été le premier secrétaire qui a conduit le PS au triomphe de 2004 (raz de marée aux régionales et aux cantonales, ndlr) et en a ainsi fait le plus grand parti de gauche de l’histoire française ! Je crois en son destin » Une prise de position très forte de la part du président de Région, à 40 km du fief d’Aubry.

Hollande, le choix militant de Percheron

Hier, alors que Martine Aubry venait d’annoncer sa candidature à la primaire PS, François Hollande arrivait dansle bassin minier où l’attendait… Daniel Percheron. Le président de Région lui a dit haut et fort : il croit en son destin.GAËLLE CARON > gaelle.caron@nordeclair.fr«C’est une journée exceptionnelle car il fait chaud dans ce département où on vient généralement chercher un peu de fraîcheur. » Dès son arrivée en mairie de Montigny-en-Gohelle, où le FN a fait une belle frayeur à la gauche aux dernières cantonales, François Hollande manie la plaisanterie. Quelques heures auparavant, 40 km plus au nord, Martine Aubry créait en effet le buzz médiatico-politique de la journée en se déclarant candidate à la primaire PS. Hasard de calendrier ou tentative de court-circuitage ? « Ce déplacement était prévu depuis longtemps. Je vais partout où des sympathisants socialistes m’invitent », reprend plus sérieusement le député de Corrèze, entouré notamment de Frédéric Cuvillier, le maire de Boulogne-sur-Mer, l’un de ses plus fidèles soutiens, mais aussi de Daniel Percheron, le président de Région, qui s’avérera un peu plus tard en être un autre.Un grondement de tonnerre a ensuite accompagné François Hollande jusqu’au monument de l’ancien puits du Dahomey, érigé en mémoire des mineurs résistants. Un début de tonnerre à l’heure où François Hollande s’aventure dans la région de Martine Aubry : comment ne pas voir dans cette anecdote le signe annonciateur d’une campagne difficile ? « Oui, les esprits vont s’échauffer, mais le plus important, c’est l’embellie qui suit toujours l’orage », prophétise le candidat préféré de Chirac, toujours avec humour, sa marotte ces derniers mois.« François, le plus brillant » Après une visite de la plate-forme Delta 3, de l’entreprise Draka, spécialiste de la fibre optique, et de la brasserie Castelain, François Hollande s’est rendu à Annequin, près de Béthune, pour un meeting devant 500 camarades. Et c’est toujours sur le même ton badin et vif qu’il s’est adressé à eux, égratignant copieusement Nicolas Sarkozy. « Il nous dit qu’il a changé, qu’il va faire président. Il est temps ! (…) C’est quoi un président normal, me demande-t-on ? Sachez ce qu’est un président anormal et vous aurez la réponse ! » L’élu corrézien n’en oublie pas pour autant son autre adversaire, « l’extrême droite de Marine Le Pen, candidate de la peur et du repli ».Hollande balaye les grandes lignes de son programme, dont la priorité sera la jeunesse. Évoque son idée de contrat de génération en faveur de l’embauche en CDI des moins de 25 ans. Et vante les mérites de la primaire socialiste ouverte aux électeurs de tous bords, dont deux critères doivent guider les choix : « Qui peut gagner en 2012 et surtout qui peut être un bon président ? » Pour Daniel Percheron, la réponse ne fait aucun doute : « François est le plus brillant de sa génération, l’un des rares capables de montrer le chemin au pays. C’est un militant conquérant, pas un héritier. Et puis il a aussi été le premier secrétaire qui a conduit le PS au triomphe de 2004 (raz de marée aux régionales et aux cantonales, ndlr) et en a ainsi fait le plus grand parti de gauche de l’histoire française ! Je crois en son destin » Une prise de position très forte de la part du président de Région, à 40 km du fief d’Aubry.w

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