Moins de croissance et de pouvoir d’achat au 1 er trimestre, selon l’Insee

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http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0201475375561-moins-de-croissance-et-de-pouvoir-d-achat-au-1-er-trimestre-selon-l-insee-187462.php

L’Insee a révisé légèrement à la baisse la croissance du premier trimestre. Le PIB a progressé de 0,9% et non de 1% comme annoncé mi-mai. Le pouvoir d’achat des ménages a décéléré par rapport à fin 2010. Mais les entreprises sont moins prises à la gorge et leur taux de marge se redresse très légèrement.

Ecrit par
Claude FOUQUET

Claude FOUQUET
Journaliste

Les optimistes y verront l ‘épaiseur du trait… les pessimistes, au contraire, que la reprise de l ‘économie française est moins bien assurée que certains le proclament. Quant au commun des mortels, il retiendra sans doute le fait que son pouvoir d’ahat a bien été moins dynamique au premier trimestre qu’au cours des derniers mois de l’année. C’est en effet la principale information qu’apporte ce matin la publication des résultats détaillés du PIB du 1er trimestre. Selon l’Insee en effet, celui-ci n’a progressé que de 0,9%, et non de 1% comme annoncé à la mi-mai. Rien de très dramatique pour l’avenir puisque ce niveau de croissance ne remet pas véritablement en cause les scénarios élaborés par les conjoncturistes et le gouvernement pour l’ensemble de l’année. Après un premier trimestre qui restera malgré tout exceptionnel, la croissance devrait en effet marquer le pas au deuxième trimestre (+0,2% selon la dernière note de conjoncture de l’Institut de la statistique) avant de se redresser sur la seconde partie de l’année et connaître des progressions de l’ordre de 0,5% aux 3e et 4e trimestres. Permettant à la croissance de progresser toujours à un rythme proche de 2,1% , soit une prévision proche de celle du gouvernement qui table, comme le FMI, sur une hausse du PIB de 2%.

La révision opérée par l’Insee tient notamment à une consommation totale des ménages légèrement moins dynamique qu’on le pensait. L’institut, qui avait évalué dans un premier temps la progression des dépenses de consommation des ménages à 0,6%, estime désormais que celle-ci n’a progressé que de 0,4%, soit au même rythme qu’au quatrième trimestre 2010. Une autre raison à cette baisse est aussi à trouver dans la moins bonne tenue de l’investissement des ménages -essentiellement l’immobilier -qui se replie de 0,2% après avoir progressé de 1,9%.

Une partie du moindre dynamisme de la consommation des ménages peut sans doute s’expliquer par l’évolution du pouvoir d’achat. Celui-ci s’avère un tout petit peu moins dynamique qu’au trimestre précédent (0,9%, après 1%), amputé notamment par l’envolée des prix de l’énergieet une progression plus forte des impôts sur le revenu et le patrimoine. Ces derniers progressent en effet de 3% pour des raisons en partie mécaniques. En effet, «les régularisations sur les revenus de 2009 avaient conduit à leur repli fin 2010», précise l’Insee. La conjonction de ces deux événements efface en grande partie le plus grand dynamisme de la masse salariale et des prestations sociales.

Parallèlement, les entreprises voient les contraintes qui pèsent sur elles se desserrer un peu. Au total, constate l’Insee, la hausse de la valeur ajoutée a été supérieure à celle cumulée des rémunérations et des impôts. Et, de ce fait, les entreprises voient leur excédent brut d’exploitation se redresser (avec une hausse de 2,3% au 1er trimestre, contre une baisse de 1,7% au précédent) ainsi que, dans une moindre mesure, leur taux de marge. Il atteint désormais 30,1% et retrouve ses niveaux de la première partie de 2010.

CLAUDE FOUQUET
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