La vie urbaine modifie notre réponse au stress

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http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Science-Sante/2011/06/28/001-stress-ville-campagne.shtml

Des piétons
Photo: iStockphoto

Les citadins réagissent davantage au stress que les personnes qui vivent à la campagne, selon une étude parue dans la revue Nature. Cette étude démontre pour la première fois un mécanisme pouvant expliquer la prévalence plus grande de l’anxiété ou de maladies mentales en zone urbaine.

Des chercheurs de l’Institut Douglas, à Montréal, et de l’Université de Heidelberg, en Allemagne, ont étudié l’activité cérébrale de 32 étudiants allemands qui devaient résoudre des problèmes mathématiques dans des conditions stressantes.

Les participants provenant de régions urbaines ont montré une plus grande réaction au stress dans les amygdales du cervelet, une zone cérébrale jouant un rôle dans la régulation des émotions et des humeurs. Par ailleurs, le fait de grandir en ville a pu être associé à une plus grande activité du cortex cingulaire, une région régulant les affects négatifs et le stress.

Par ailleurs, les chercheurs n’ont pas noté de différence entre les personnes vivant dans un environnement urbain dense et celles évoluant dans des villes où les espaces verts sont nombreux.

Santé mentale

Selon les études antérieures, le risque de développer des troubles anxieux est de 21 % supérieur chez les citadins, explique Jens Pruessner, directeur de l’axe de recherche sur l’âge et l’Alzheimer à l’Institut Douglas, et coauteur des travaux. La prévalence des troubles de l’humeur est aussi de 39 % plus élevée chez les citadins. De plus, l’incidence de la schizophrénie est presque deux fois plus élevée chez les personnes nées en ville que chez celles nées à la campagne, ajoute-t-il.

Le processus biologique expliquant ces différences n’avait pas encore été élucidé, ce que la nouvelle étude est arrivée à faire en partie.

« Ce n’est pas seulement l’endroit où vous vivez maintenant, mais aussi l’endroit où vous avez grandi, qui contribue au risque de développer un trouble mental », explique Jens Pruessner.

« Chez ceux qui ont passé les 15 premières années de leur vie en ville, ce conditionnement du cerveau persistera tout au long de leur vie », précise-t-il.

Selon le chercheur, cette étude aide à mieux comprendre le lien entre l’urbanisation et la santé mentale. M. Pruessner croit aussi qu’elle ouvrira la voie à d’autres collaborations entre les sciences sociales, la neuroscience et les politiques publiques sur l’urbanisation.

D’autres recherches seront néanmoins nécessaires pour explorer en détail le mécanisme que l’étude a mis en lumière, souligne le chercheur.

Avec les reportages de Caroline Jarry et de Benoît Giasson

Radio-Canada.ca avecCBC

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