Des sociologues anglais dressent une liste de mots “offensants”

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Des éditeurs et des universités tentent de bannir des dizaines de mots en apparence anodins mais qui, estiment-ils, pourraient s’avérer “offensants”. Les expressions bannies figurent sur une liste initialement élaborée par plusieurs sociologues.

Cette liste comprend par exemple l’expression « Grands Maîtres », utilisée depuis des siècles pour désigner les grands peintres. La quasi-totalité d’entre eux étant des hommes, le « Grand Maître» serait discriminatoire envers les femmes et il est conseillé de le remplacer par « artistes classiques ».

La liste a été dressée par la British Sociological Association, dont les membres comprennent des dizaines de professeurs, de conférenciers et de chercheurs. On y trouve les mots « immigrés », « pays en voie de développement » et « noir ». Quant aux termes « patient » ou « personne âgée », ils renverraient une image négative et devraient donc être abandonnés.

«Une police du comportement moral » menée par une armée de groupes militants, d’enseignants et de médias».

Cette initiative intervient après qu’une commission (?) ait banni l’expression « l’homme de la rue », jugée sexiste , et qu’une autre ait prohibé le mot «brainstorming» qui serait offensant pour les épileptiques.

La liste des mots « sensibles » est l’objet de vives critiques. Elle est perçue comme une censure injustifiée et qui suppose, à tort, que les gens seraient choqués par des vocables utilisés depuis des décennies. Le professeur Frank Furedi, sociologue à l’Université du Kent, a déclaré être choqué quand il a vu la longueur de la liste et avec quel empressement les universitaires l’ont adoptée.

« J’ai été vraiment pris de court quand j’ai découvert que le terme « Chinese Whisper » (téléphone arabe) était offensant, parce qu’il pourrait avoir une connotation raciste. J’ai été désespéré de constater que le mot « civilisé », l’un de mes préférés, ne devait pas être utilisé par les auteurs respectueux des différences culturelles, car il aurait une connotation raciste ».

Pour le professeur Furedi, cette censure s’apparente à une « police du comportement moral » menée par une armée de groupes militants, d’enseignants et de médias, qui mènent une « croisade » en vue d’interdire certains mots et pour promouvoir leurs propres solutions politiquement correctes.

Selon lui, les gens devraient voir ces tentatives visant à interdire certains mots comme une coercition du langage et un moyen de mettre fin au débat, plutôt qu’une tentative allant dans la bon sens pour protéger les groupes vulnérables contre les propos offensants.

La liste des mots proscrits est maintenant envoyée à de futurs auteurs par Policy Press, un éditeur de livres et de revues sur les sciences sociales de l’Université de Bristol. La liste est également employée par plusieurs universités.

La School of Policy Studies de l’Université de Bristol par exemple recommande cette liste en vue d’aider les étudiants à « remettre en cause les a-priori hétéro-sexistes » . Elle a également été incluse dans une « boîte à outils » proposée par le site internet de l’Université de Leeds et destinée à lutter contre le racisme institutionnel.

Le King’s College de Londres déclare quant à lui que la liste peut fournir « un bon point de départ », et l’Université John Moores de Liverpool offre un lien vers cette liste dans son guide pour étudiants. L’Open University estime que c’est une « source de référence et de conseils » et La Napier University d’Edinburgh estime pour sa part que la liste « vaut la peine d’être consultée ». L’Université de l’East London conseille à ses étudiants de l’adopter.

Une école secondaire de Norwich a même inclus un lien vers cette liste sur son site. Selon l’école, « les élèves devraient examiner dans quelle mesure nous reproduisons par inadvertance des préjugés sexistes dans notre langage écrit et parlé ».

Dans la liste des termes supposés racistes se trouve le mot « noir », qui peut être utilisé « dans un sens raciste » . Il est conseillé de le remplacer par « peuples noirs » ou « communautés noires ».

 

Le mot « immigré » aurait lui une « connotation raciste » en raison de l’association faite avec « la législation sur l’immigration ». L’expression « pays en voie de développement » – conçu pour remplacer l’expression “tiers-monde” – serait également fondée sur des « préjugés » car elle implique une comparaison avec les pays développés.

Cet article n’est hélas pas un “faux”. Rendez-vous sur le site de la British Sociological Association

Bien que ne figurant pas sur la liste de Policy Press, le BSA met en garde contre l’utilisation du mot « civilisation » à cause de sa « connotation raciste dérivée d’une vision colonialiste du monde ».

Parmi les termes « sexistes » à éviter, on trouve « disséminer » et « séminal », qui dérivent de « semence » et qui impliquent donc une vision du monde patriarcale. Et on recommande aux auteurs « d’éviter d’employer des appellations de type médical » lorsque l’on évoque les personnes handicapées car cela « pourrait les faire passer pour des personnes malades ». Il ne faudrait plus non plus dire « patient » mais « personne », ne plus dire « personnes âgées » mais « personnes plus âgées », et ne plus utiliser l’expression « personne valide » mais « personne non handicapée ». (source) (via Bart Vador)

[un lien vers une traduction précédente en français nous a été proposé mais nous l'avons pratiquement intégralement réécrite][cette traduction comportait en outre des erreurs]

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