Élysée 2012 Marine Le Pen, et maintenant, le pouvoir d’achat

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Marine Le Pen, et maintenant, le pouvoir d'achatVendredi 13 mai, au siège du Front national, Marine Le Pen organise une conférence de presse consacrée aux questions de pouvoir d’achat. © Richard Pohl / Sipa

 

  • Par Jean-David Raynal
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« Halte au bla-bla! Des actes ! » Et des paroles… Marine Le Pen veut être la prochaine candidate du pouvoir d’achat. Et celle qui est désormais la favorite des ouvriers – elle recueille 36 % de voix parmi eux, selon un sondage Ifop – n’a pas fini d’en parler. Alors que le Parti socialiste est soupçonné d’abandonner les classes populaires, la patronne du Front national convoque, vendredi après-midi, une conférence sur ce thème, un mois après avoir dévoilé les grandes lignes de son programme économique. Pour détailler ses propositions ? « Non, ce n’est qu’un avant-goût. Il s’agit plutôt de parler de ce qui se passe actuellement, du pouvoir d’achat, de l’état de la France… », avance son service de communication.

Dans une vidéo postée à la mi-avril sur le site internet du Front national, Marine Le Pen livrait déjà, seule face à la caméra, la bande-annonce de son projet en faveur du pouvoir d’achat. Pas moins de sept minutes trente de discours – dont plus de trois consacrées à dénoncer « l’inaction presque criminelle » et les « annonces électoralistes » du gouvernement – pour quatre « mesures concrètes ». « Nous proposons la baisse immédiate de 20 % de la TIPP, la taxe sur l’essence, compensée par une vraie surtaxe des superprofits des grandes entreprises pétrolières et gazières. » Deuxième proposition : « Rétablir l’échelle mobile des salaires », autrement dit, indexer les revenus au cours de l’inflation. Troisième urgence, selon Marine Le Pen : « Revaloriser les petites pensions de retraite. » Dernière mesure applicable immédiatement : mettre fin au gel des revenus de la fonction publique, hormis les plus élevés.

« Elle en fait des tonnes » (Roland Cayrol)

Pour le reste, la présidente du FN renvoie ses spectateurs à la lecture des « grandes orientations du parti », disponibles sur son site. Celles-ci sont déjà connues : sortir de l’euro, « réindustrialiser » la France, « revivifier son génie national », réintroduire des droits de douane, bâtir l’état stratège… Des idées pour la plupart assez floues. Début avril, leur présentation avait d’ailleurs failli virer à la foire d’empoigne, tant les journalistes présents repartaient pour la plupart avec plus de questions que de réponses. Mais peu importe, le message était passé : le FN n’est pas qu’un parti nationaliste et ultrasécuritaire.

Et la présidente du Front national n’en finit plus de vouloir « crédibiliser » son parti sur les questions économiques et sociales. Elle emprunte donc, sans complexe, de nombreuses propositions à la gauche. Cité par Le Parisien, le politologue Roland Cayrol explique : « Elle a compris que le pouvoir d’achat et la justice sociale étaient aussi essentiels que la méfiance à l’égard de la mondialisation. Alors, elle en fait des tonnes. » Nul doute qu’elle s’engouffrera donc, vendredi après-midi, dans la dernière polémique en date, la réforme du RSA, se montrant une fois de plus là où les partis traditionnels ne l’attendent pas. Pour preuve, la réaction d’un futur ex-membre de l’UMP, Yves Jégo, qui a comparé les propositions « anti-assistanat » de Laurent Wauquiez aux idées lepénistes. À tort, puisque si la patronne a déclaré qu’il était nécessaire de « réserver la solidarité nationale aux Français », elle a qualifié les propos du ministre des Affaires européennes de « stupides ». Marine Le Pen n’est pas son père.

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