Tabac : vrais risques, mauvaise propagande et solutions inefficaces

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http://www.sante-vivante.fr/blog/index.php?post/Tabac-vrais-risques-mauvaise-propagande-et-solutions-inefficaces

Le tabac est devenu l’ennemi public n°1 de la santé. Des campagnes d’information culpabilisent les fumeurs que l’on ne cherche pas à comprendre et qui sont montrés du doigt avec un certain mépris. Les solutions proposées ignorent la complexité humaine et sont souvent peu efficaces. Cette croisade radicale qui attaque frontalement une industrie multinationale n’est-elle pas un gage de bonne conscience qui se lave ainsi les mains de ne pas remettre en cause d’autres secteurs (pharmacie, agroalimentaire) ? La prise en compte de l’avis des uns et des autres, qui ont souvent une part de vérité, révèle qu’il y a sur le tabac peu de vraies connaissances et beaucoup de croyances qui déterminent des affirmations contestables.

Les problèmes incontestables liés au tabac

Il faudrait être de mauvaise foi pour nier que la fumée soit un problème de santé publique. Il n’y a pas de doute aujourd’hui sur plusieurs points :

– Elle intoxique le corps par diverses substances que chacun élimine plus ou moins bien.
– Elle crée un fort stress oxydatif qui accélère les processus dégénératifs, et notamment les maladies cardiovasculaires.– Elle encrasse les voies pulmonaires, ce qui favorise les bronchites chroniques.

Un lien moins évident avec le cancer

Affirmer aujourd’hui que « fumer provoque le cancer », comme cela est écrit sur les paquets de cigarette, est une allégation qui ne respecte pas les règles habituelles de la connaissance scientifique. En effet, aucune expérience ne prouve le lien direct ! Toutes les études citées ne sont que des corrélations statistiques qui montrent une association entre le cancer du poumon et la fumée, mais pas un lien linéaire de cause à effet qui permet l’affirmation avancée. Pour certains produits de l’industrie chimique ou agroalimentaire, une telle absence de preuve est mise en avant pour innocenter les substances !
De ce fait, certains auteurs prétendent que la fumée n’est pas une cause. Elle serait seulement un facteur associé, lié au stress important qui est à la source des cancers du poumon (1). À l’appui de cela, une étude effectuée sur les hamsters dorés. Cependant, on ne peut pas, sur une simple expérience, affirmer que le tabac n’y est pour rien.  En revanche, cela donne à réfléchir sur un contexte polyfactoriel où les causes ne s’enchaînent pas de manière linéaire, et où la place de la causalité psychique est sûrement plus importante que celle qui lui est donnée aujourd’hui.
Si le tabac ne semble pas en lui-même une cause suffisante, il semble bien constituer un cofacteur de la maladie. Et si l’on se donnait la peine d’étudier son rôle en dehors de tout dogme qui veut consolider sa position extrême, les choses deviendraient probablement plus claires !
Controverse sur le tabagisme passif
Philippe Even, pneumologue à la retraite, vient de bousculer les idées reçues en déclarant que l’impact du tabagisme passif était négligeable (2). À l’appui de cela, il avance la faiblesse méthodologique des études qui prétendent le montrer. Un avis fortement contesté par la communauté médicale. Celle-ci prétend haut et fort le contraire, pour justifier l’interdiction de fumer dans les lieux publics.
Il est clair que pour rester cohérent dans l’accusation de la fumée comme cause majeure du cancer du poumon, le tabagisme passif est une aubaine, apportant une explication à la maladie qui se manifeste aussi chez les non fumeurs. Des études orientées pour le prouver, sont forcément biaisées ! Et c’est bien le danger de cette inquisition anti-tabac : la perte d’objectivité qui conduit à en faire la cause de tous les maux ! Les choix de l’opinion médicale bien pensante sont ainsi : quand un ennemi est clairement désigné comme tel, le combat est impitoyable !
Ce débat sur le tabagisme passif est-il si important ? Cela ne devrait en aucun cas remettre en cause le principe de protection des lieux publics. Le simple fait que la fumée soit une pollution qui dérange certaines personnes justifie de garantir le respect des non-fumeurs, notamment par des espaces publics sans fumée. C’est du simple bon sens qui facilite la vie collective !

Une dépendance atypique
Beaucoup d’affirmations sont se sont propagées sur le pouvoir addictogène du tabac. Cependant, les choses ne sont pas aussi simples qu’on le dit. De nombreuses expériences de provocation de dépendance à la nicotine sur l’animal ont échoué, alors qu’elles sont significatives pour d’autres substances. En fait, c’est l’association de la nicotine à d’autres facteurs qui crée une certaine forme de dépendance. Une dépendance atypique.
En effet, l’observation de ce qui se passe vraiment avec le tabac est différent des autres drogues addictogène. Une expérience de laboratoire (malheureusement mal connue !) a montré que la nicotine induisait une dépendance associative. En clair, si on associe la cigarette au café, au bout d’un certain temps, il sera très difficile de prendre un café sans cigarette. Et il en est de même pour bien d’autres contextes : les fins de réunion, après le repas, pour mieux gérer une perturbation émotionnelle… Les fumeurs, en général, se reconnaissent dans ce mécanisme. Dans un changement radical de cadre de vie, ils peuvent même oublier de fumer !
En revanche, le témoignage d’un ancien cadre de l’industrie tabatière a mis une forte suspicion sur l’ajout volontaire de facteurs de dépendance dans les cigarettes. Avec le but évident de rendre accroc, ce que la nicotine seule ne suffit pas à faire. Le choix d’un tabac très pauvre en additifs (comme le « Fleur du Pays ») permet d’échapper à ce facteur de risque supplémentaire.
Une béquille parfois nécessaire
Voir les fumeurs comme des êtres pervertis tombés dans un piège de dépendance dont ils ne peuvent plus sortir est d’un simplisme bien naïf ! Pour beaucoup d’entre eux, la cigarette ou le cigare restent un plaisir. Et le plus souvent, la fumée est une béquille qui permet de mieux gérer le stress, la fragilité émotionnelle et diverses difficultés de la vie quotidienne. D’autres ont recours à l’alcool, au chocolat, au sucre, au sexe… Cela pose la question de notre incapacité à vivre dans ce monde sans processus compensatoires. Le plus souvent, de manière inconsciente, nous en choisissons un qui fonctionne. La nocivité est alors une valeur qui devient secondaire face à la nécessité de compenser la difficulté.
Il n’est pas sûr que la cigarette en quantité raisonnable soit plus mauvaise pour la santé générale que la boulimie sucrée ou que le recours aux médicaments psychotropes ! Et le fait de forcer l’arrêt du tabac par la peur conduit fatalement à dévier vers une autre compensation, qui ne sera pas forcément plus bénéfique. Mais contrairement à l’industrie du tabac qui est devenue une cible affichée, celles de l’agroalimentaire et de la pharmacie semblent bien protégées !
Le fiasco des stratégies anti-tabac
L’échec de la lutte anti-tabac est flagrant. Ni les slogans des campagnes médiatiques, ni les solutions proposées pour favoriser l’arrêt ne sont adaptées à la réalité du problème.
Les informations qui véhiculent la peur, par les médias ou sur les paquets de cigarettes, sont fondées sur un concept très linéaire de l’esprit humain. Faire peur pour dissuader ! On sait depuis longtemps, notamment par les échecs éducatifs de l’enfant, que le psychisme ne fonctionne pourtant pas de manière aussi primaire. Une étude sociologique a même montré que le fait de brandir le danger du tabac est souvent incitatif à le braver !
Plus globalement, non seulement dissuader par la peur est bien peu efficace dans ce contexte, mais c’est dangereux ! Les expériences sur l’effet nocebo ont confirmé que la peur d’une maladie est un facteur favorisant pour cette maladie. On peut donc craindre que s’ajoute aux effets toxiques réels du tabac un risque psychogène induit par les informations destinées à effrayer !
Les traitements proposés, notamment les substituts nicotiniques, ont une efficacité évaluée entre 3 et 25% selon les études ! Elles ne sont finalement pas plus efficaces que les stratégies sans ces produits de substitution. Cela se comprend facilement par le fait que la nicotine seule n’est pas vraiment addictogène, et que la consommation de tabac est un phénomène complexe qui ne se réduit pas à la dépendance physique à une substance !

Une solution plus globale
Dans une approche globale intégrative, le fumeur est considéré comme un être qui a choisi cette béquille pour améliorer son confort de vie, et qui en est devenu dépendant. On sait que la volonté est inefficace, ou au prix de déviations compensatoires qu’il est préférable d’éviter. La clef de la stratégie est avant tout l’acceptation d’être devenu fumeur, sans culpabilité, et le choix de passer à un autre mode de vie, sans tabac.
Des produits de santé naturels peuvent aider à cela (homéopathie, Kudzu, Griffonia…), ainsi que des techniques d’accompagnement psychologique comme l’hypnose ou l’EFT.
Un facteur essentiel de réussite est le changement de cadre et/ou d’habitudes de vie qui va éloigner les situations qui activent la dépendance associative de la nicotine. Il convient également de prendre en compte le rôle compensatoire (béquille) de la cigarette et de lui trouver un substitut moins néfaste, le sport étant surement le meilleur.
Dans cette démarche de choix souverain plutôt que de contrainte, avec la patience et la persévérance vers l’objectif, « ça s’arrête comme un fruit tombe quand il est mûr », suivant l’expression du tabacologue Robert Molimard.
Intérêt collectif et liberté individuelle
En regardant le problème du tabac sous l’angle de l’intérêt collectif et du respect des libertés individuelles, il apparaît trois priorités difficilement contestables :
1. Le non-fumeur qui ne supporte pas la fumée a le droit d’être respecté dans ce besoin. Au-delà de l’interdiction dans les lieux publics, les fumeurs devraient se préoccuper davantage des personnes qu’ils incommodent. Cette démarche de leur part est un pas nécessaire pour se faire mieux accepter.
2. Les fumeurs restent des êtres libres. Ils n’ont pas à subir une inquisition visant à les culpabiliser, disproportionnée par rapport à d’autres facteurs de risques aussi importants et pourtant non pointés du doigt par les médias.
3. Le fumeur devenu dépendant qui choisit librement d’en sortir doit trouver une vraie solution, globale, tenant compte de la réalité de sa situation plutôt que contribuer à enrichir, une fois de plus, l’industrie pharmaceutique qui fournit en ce domaine des produits bien peu efficaces.

Commentaires

1. Le 15 septembre 2010, 14:55 par Delphine
Merci de souligner l’importance du respect des non-fumeurs qui bien avant toute considération sur la santé, n’ont pas à subir les désagréments d’une fumée qu’ils ne supportent pas.
ça paraît basique, mais on parle effectivement plus de tabagisme passif que de cela !
Sans doute le reflet d’une société obsédée par les risques sur la santé, et bien peu préoccupée du respect de l’autre !

2. Le 15 septembre 2010, 15:20 par Baudouin Labrique
Merci pour la mise en lien d’une page de mon site.

Complémentairement à ce que j’ai écrit et qui démontre que c’est une mauvaise guerre que de désigner les facteurs matériels comme seuls facteurs générant des cancers voici un extrait d’une page que j’ai écrite pour un livre qui sortira fin janvier 2011 : « Quand les thérapeutes dérapent » et qui mettra en cause aussi bien le secteur conventionnel que le secteur non conventionnel de la santé :

Les religieuses ont bien plus de cancers du larynx
Le Dr Michel Moirot* (1912-1997) avait réalisé une étude [1] qui a pu montrer, entre autres, que les religieuses contractaient jusqu’à près de neuf fois plus de cancers du larynx que les autres femmes, alors que la vie monacale leur garantissait une hygiène de vie optimale ; leurs conditions de vie ne sont pas influencées par les facteurs de risques [2] avancés par la Science médicale, comme présidant à la survenance des cancers. En l’occurrence, il n’est pas congruent de trouver uniquement dans des facteurs matériels, les causes réelles de telles maladies, contrairement au discours dogmatique de la Science médicale, dans une optique unilatéralement et résolument organiciste [3]
[…]
D’ailleurs, de plus en plus de scientifiques réputés se sont détachés de cet ancrage au dogme organiciste du tout–au-physiologique, en identifiant le stress oxydatif appelé aussi oxydant, comme étant à l’origine du cancer. Parmi eux, le célèbre Pr Luc Montagnier, prix Nobel de médecine 2008 pour sa co-découverte du VIH (SIDA), en est « arrivé à la notion de « champ oxydant » ». Dans « l’addition des phénomènes créateurs de stress oxydant », il inclut des « facteurs psychologiques » [4].
[1] Reprise dans son livre devenu introuvable, Origine des Cancers, éd. Les Lettres Libres, Paris, 1985.
[2] Il est en effet impossible de mettre l’origine réelle de ces cancers, en l’occurrence, sur le compte de l’alcool ou du tabac, etc., puisque les religieuses s’en abstiennent, vu les règles en vigueur. Cet aspect sera développé dans mon prochain livre.
[3] supra p. 25 (dernier paragraphe) et suivantes.
[4] Luc Montagnier, Les Combats de la vie, éd. Jean-Claude Lattès, Paris, 2008, pp. 190-191.
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