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http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/11/24/01016-20111124ARTFIG00757-egalite-homme-femme-les-manuels-scolaires-denonces.php

En matière d’égalité homme-femme, les nouveaux manuels d’histoire de seconde et de CAP pourraient mieux faire.

Les nouveaux manuels d’histoire de seconde et de CAP sont fortement critiqués par une étude du centre de recherches féministes Hubertine Auclert dévoilée aujourd’hui. Ces derniers proposent encore de « nombreuses représentations stéréotypées des femmes et ces dernières y sont sous-représentées », y lit-on. Par exemple, sur les 339 biographies proposées dans les douze manuels parus en 2010, seulement onze sont consacrés à des femmes, soit seulement 3,2 % des biographies.

Les exemples tirés des manuels sont édifiants. On apprend ainsi que les représentations des femmes politiques contemporaines se limitent le plus souvent à une photo d’une femme politique sans commentaire, comme Ségolène Royal ou Angela Merkel. Les femmes de la Révolution française ne sont quant à elles mentionnées que dans des dossiers annexes : les revendications d’Olympe de Gouges sont ainsi présentées dans un dossier mais en marge.

Une Marie-Antoinette caricaturale

La participation « pourtant active » des femmes à la Révolution française n’est jamais évoquée. On se contente souvent du portrait de Charlotte Corday assassinant Marat, sans la moindre explication sur son rôle politique. La reine Marie-Antoinette, elle, n’est représentée que par « des illustrations caricaturales » de l’époque, tantôt vile, tantôt stupide, étrangère ou frivole. Il n’est quasiment jamais question de sa fonction royale. Un seul manuel fait l’effort de proposer un portrait plus fin de Marie-Antoinette.

Les femmes auteurs, savantes ou artistes sont quasi inexistantes dans les manuels de CAP et le sont à peine plus dans les livres de seconde. Sur les documents proposés dans l’ensemble des manuels, les femmes ne représentent que 4,2 % des auteurs utilisés, la plus reprise étant la philosophe Simone Weil. Dans le domaine artistique, on recense 16 % d’œuvres réalisées par des femmes, soit 1 % des documents présentés. Le seul domaine qui échappe à ces écarts énormes est celui des « témoignages » où l’on retrouve « seulement » quatre fois plus de témoignages d’hommes que de témoignages de femmes.

Surreprésentation de la sphère privée

 

Marie-Antoinette n'est représentée que par «des illustrations caricaturales» de l'époque, tantôt vile, tantôt stupide, étrangère ou frivole. Il n'est quasiment jamais question de sa fonction royale.
Marie-Antoinette n’est représentée que par «des illustrations caricaturales» de l’époque, tantôt vile, tantôt stupide, étrangère ou frivole. Il n’est quasiment jamais question de sa fonction royale. Crédits photo : MIGUEL MEDINA/AFP

Dans les livres de seconde, le rôle des femmes dans la production économique est passé sous silence. On assiste en revanche à une surreprésentation de la sphère privée. Elles sont désignées comme mère de, fille ou femme de, cantonnées aux fonctions biologiques ou d’éducation et de soin. Les salons littéraires et intellectuels du XIIIème siècle sont très peu évoqués. Les femmes qui les tenaient sont le plus souvent présentées comme « des hôtesses passives » plutôt que comme des actrices de la diffusion de connaissances.

Au Moyen-Âge, la femme est représentée sous les stéréotypes de la pécheresse, la vierge ou la dame de l’amour courtois sans « beaucoup d’analyse » et de recul de la part des manuels, estime l’étude.

Le Bulletin officiel n° 4 du 29 avril 2010, précise que le programme d’histoire « place clairement au cœur des problématiques les femmes et les hommes qui constituent les sociétés et y agissent ». Mais les nouveaux manuels d’Histoire ne vont pas assez loin dans la représentation des femmes comme réelles actrices de l’Histoire et dans l’étude des rapports entre les sexes, selon le centre Hubertine Auclert.

Persistance de représentations stéréotypées

Si certains points comme la question du droit de vote et du suffrage universel ou l’exclusion des femmes de la citoyenneté athénienne sont bien traités, les femmes demeurent « très insuffisamment présentes, qu’elles soient figures historiques, auteures de documents ou citoyennes lambda ». La propension des auteurs de manuel à proposer des dossiers qui traitent de certains aspects de l’Histoire des femmes, témoigne de la marginalisation des femmes du récit historique. Enfin, la persistance de nombreuses représentations stéréotypées « ne permet pas non plus de dire qu’une page a été tournée ».

Cette évolution insuffisante des manuels scolaires, plaide pour la promotion d’une histoire « plus équilibrée», selon l’étude. «D’abord parce qu’une histoire masculine ne renvoie qu’à l’histoire de la moitié de l’humanité. Ensuite parce que la lutte contre l’effacement des femmes de la sphère publique doit favoriser l’adoption d’une véritable culture de l’égalité».

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