Homme et femme : l’union des contraires

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Dieu différencie pour mieux unir : l’homme et la femme expérimentent par leur corps qu’ils sont faits pour la communion. Il a fallu vivre la solitude pour apprécier la juste valeur de cette vocation nouvelle de la complémentarité.

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© Flatliner_Getty

Et si nous nous mettions dans la peau du premier homme lorsque la femme arrive dans sa vie ? Quelle part de solitude existe dans ma vie, dans mon couple, pour que je puisse faire, sous l’inspiration de Dieu, cette même découverte de la masculinité ou de la féminité de l’autre ? Dans ses catéchèses sur le corps, Jean-Paul II propose cette méthode subjective, peu académique en théologie, en soulignant que le style très vivant du texte de la Genèse autorise une telle démarche. Dieu endort l’homme afin de lui donner « une aide qui lui soit assortie » et façonne la femme à partir d’une de ses côtes. Il s’agit d’une nouvelle création dans la création.

L’homme s’enrichit de la féminité,
et la femme de la masculinité

Imaginons son réveil. Il ouvre les yeux : la femme est devant lui. Le choc est assez fort pour le faire crier : « Pour le coup, c’est l’os de mes os, la chair de ma chair ». « Pour le coup » en dit long sur l’insatisfaction, la solitude éprouvée avant, malgré la découverte du monde, déjà si riche. Pour le coup, voici une personne si semblable à moi qu’elle est presque mon propre corps, l’os de mes os. Enfin quelqu’un qui est fait du même « bois » que moi.

L’intimité conjugale ne nous donne-t-elle pas une expérience similaire ? Cet autre en face de moi est si bien fait pour moi que mon plus grand désir est de vivre avec lui une unité totale dans cette chair qui nous est commune. Enfin quelqu’un avec qui l’expérience d’union se vit dans la réciprocité et l’égalité. L’homme découvre qu’il va s’enrichir de la féminité, et réciproquement, la femme de la masculinité. Cette pédagogie divine, qui fait expérimenter par le corps les étapes nécessaires à la connaissance de soi et à la connaissance de l’autre, éclaire progressivement la signification de ce corps donné par Dieu.

Jean-Paul II insiste beaucoup sur le caractère universel de ce que vivent nos premiers parents. Chacun de nous est invité à prendre le même chemin. Ai-je moi-même pris conscience de la signification de mon propre corps dans sa féminité, dans sa masculinité ? Est-ce que je vis en fonction de ces valeurs de la féminité et de la masculinité qui sont en moi ? Est-ce que je cherche à les comprendre ?

Sophie Lutz

La Genèse à l’école de Jean-Paul II : deux récits distincts et complémentaires de la création

Le premier récit, qualifié de « élohiste » car Dieu y est nommé « Elohim », au tout premier chapitre de la Bible, est celui de la création en sept jours. La création de l’homme et la femme, au sein mais au-dessus du cosmos, évoque la ressemblance avec Dieu : « Dieu créa l’homme à son image […], homme et femme, Il les créa ». La supériorité de l’homme est encore soulignée par la pause que Dieu fait juste avant de le créer : « Faisons l’homme… » Ce premier récit est un texte à caractère théologique, très objectif, avec une solide base métaphysique et anthropologique pour la théologie du corps.

Le deuxième récit, au chapitre 2, beaucoup plus ancien d’après l’exégèse, est qualifié de « yahviste », parce que Dieu y est nommé « Yahvé ». Il a un style plus naïf et un caractère subjectif qui lui donne sa profondeur psychologique, tout aussi essentiel à la théologie du corps. C’est le premier témoignage de la conscience humaine. Ce qui le rend peut-être plus accessible à la forme d’esprit contemporaine. La caractéristique de ce récit est la création séparée de l’homme puis de la femme.

Chute et rédemption : ces deux récits originels sont immédiatement suivis au chapitre 3 du récit du premier péché, qui marque une rupture. On passe de l’innocence originelle à la connaissance du bien et du mal, par la désobéissance à Dieu, sous l’influence de l’esprit malin symbolisé par le serpent. L’état d’innocence où la nature humaine est intègre et l’état de péché où la nature humaine est déchue donnent un éclairage fondamental pour la théologie du corps.

L’invitation du Christ à regarder la grâce d’innocence de l’origine avant la chute prouve qu’Il nous redonne la capacité d’aller au-delà de la limite de notre péché. La frontière n’est plus infranchissable. Notre nature déchue peut être restaurée. Le Christ sauve le couple et l’invite à retrouver ce qu’il a perdu. Le Christ offre une « rédemption des corps », selon Jean-Paul II.

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