La genèse du sentiment raciste : les différences

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Ou comment le racisme vient aux hommes.

Reprenons le premier point de la définition que nous avons choisie : le racisme ne peut provenir que d’une différence perçue, réelle ou imaginaire. Les différences les plus immédiatement perceptibles sont physiques : la couleur de la peau et le faciès  essentiellement. Mais on ne doit pas confondre comme le font quelques anti-racistes de mauvaise foi, le fait de percevoir des différences et le fait d’être raciste. Les noirs sont noirs, et ce n’est pas du racisme que de le dire ; à ce que je sache ils ne sont pas bleus marine ! Quoique ! Nous reviendrons sur ces points en évoquant les contorsions linguistiques des anti-racistes.

Ce qu’il faut bien comprendre est que personne ne peut ignorer ces différences ; on les voit. On parle à un noir, à un arabe, un asiatique, et tout le temps qu’on lui parle on garde à la conscience le fait qu’il n’est pas comme nous, de par son aspect physique.

C’est à partir d’un vécu aussi simple, qui se situe au niveau de la perception et qu’aucun sermon ne pourra effacer de  notre esprit que nous construisons avec cette personne des relations d’un type particulier. C’est à partir de ces expériences simples que la route peut bifurquer, ou bien vers des conflits et des sentiments racistes, ou bien une compréhension mutuelle des différences, laquelle aura pour effet secondaire bénéfique que l’on finira par ne plus les voir.

J’ai personnellement vécu cette expérience il y a déjà fort longtemps quand j’ai rencontré mon épouse d’origine réunionnaise. Elle n’était clairement pas blanche, et ça se voyait. Pendant de longs mois, voire quelques années, j’avais présent à la conscience, en  permanence la sensation de me montrer avec une personne différente de mes amis et de mes anciennes copines… Cette différence est maintenant oubliée, d’une part parce que sa peau a blanchi, d’autre part, parce que ses manières et sa façon d’être en société sont devenues totalement occidentales, ou presque. Mais surtout, par le fait simple, que la vie en commun avec elle a placé dans mon esprit les relations quotidiennes au premier rang et reléguer la vision des différences tout au fond du paysage. Les différences, physiques ou culturelles s’estompent avec les relations quotidiennes. Au début de notre relation, tous mes amis la regardaient avec une curiosité non dissimulée, et je soupçonne les plus racistes d’entre eux (j’ai des noms) d’avoir eu quelques difficultés à l’accepter alors. Maintenant, il semble que plus personne ne voit la différence.

Ici, l’analyse relationnelle nous explique clairement le processus : le jugement que nous portons sur une personne donnée, mais aussi la façon dont on la voit (au sens concret du mot : la perception), change grâce (ou à cause de) aux relations concrètes que l’on vit avec cette personne.

J’aurai l’occasion de revenir sur ce point fondamental, car, à mon sens, c’est dans cette direction qu’il faut chercher des remèdes, même temporaires, même partiels, aux phénomènes racistes.

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