Le racisme inévitable ?

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Les trois questions qui nous intéressent sont simples :
1. De quelle nature est le racisme ?
2. Comment devient-on raciste ?

3. Peut-on arrêter ces processus et combattre efficacement le racisme sous toutes ses formes ?

Voici notre interrogation. Notre intérêt se porte sur les processus, pas sur des états, sur des actes, pas sur des opinions.

Mais avant de définir les règles de notre recherche, et avant tout développement, nous devons faire part d’un grand étonnement.

Comme nous pensons le montrer dans ce livre et comme le dit Albert Memmi lui-même ([1]), nous sommes tous enclins à devenir plus ou moins racistes ; le racisme vient aux hommes très facilement mais il en repart très difficilement. Même ceux qui se disent non racistes, voir anti-racistes, (est-ce la même chose ?) le sont sur certains points, ne serait-ce qu’en développant un racisme contre les racistes !

Nous montrerons ici que le racisme n’est pas seulement un ensemble d’idées et d’opinions, ni même un ensemble de comportements, mais qu’il est aussi un sentiment généralement répandu, et qu’il prend sa source souvent dans l’expérience, voire même dans une seule expérience négative. Notre thèse est que ces processus de pensée sont largement partagés entre tous les peuples, car très dépendants de la façon dont fonctionne le  cerveau humain.

Alors, si nous sommes racistes, il est évident que les autres peuples, les autres civilisations, les autres races, le sont aussi.

Comme le dit Albert Memmi : « Tous les groupes, toutes les classes, toutes les ethnies fournissent leur contingent de racistes ».

Alors, j’ai cherché dans les librairies en ligne, sur les sites Internet, mais je n’ai pas trouvé à ce jour un seul ouvrage écrit par des Maghrébins, des Juifs, ou des Noirs, qu’ils soient d’origine africaine ou antillaise… traitant de leur racisme envers… nous. Une exception toutefois : les excellents livres de Gaston KELMAN, bourguignon originaire du Cameroun, que nous évoquerons ici  à plusieurs reprises.

Cela me choque profondément, mais ce qui me choque encore plus c’est que personne ne semble choqué par cet état de fait. Certes, notre civilisation a commis d’innombrables atrocités envers les populations colonisées, mais les autres aussi.
Alors pourquoi sommes-nous à ce point friands de battre notre coulpe ? Serait-ce un relent de notre catholicisme que nous tendons la fesse gauche à qui nous a botté la droite ? Nous nous excusons auprès des peuples de les avoir colonisés, infantilisés, battus et brimés, et  nous leur laissons prendre la main sur la relation en laissant croire au monde entier que les seuls racistes sont blancs et/ou chrétiens.

Bien sûr, je sais ce que vont me rétorquer les mouvements anti-racistes : historiquement nous avons commencé. « C’est pas moi qui ai commencé » disent les enfants. Oui, mais l’Histoire, avec un H, montre bien que l’esclavage, et les atrocités de type racistes, ont été aussi perpétrés par des peuples divers, et bien avant le christianisme et l’avènement de l’Europe. Gaston Kelman nous parle de l’esclavage des Noirs, pratiqué par les musulmans et par les noirs eux-mêmes. Alors ?


[1] Albert MEMMI, Le racisme, Folio 1994

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