Les 4 piliers de la thèse centrale

  • Share
  • CevherShare
  • Share

La thèse  générale qui est le fil conducteur de l’ensemble de la collection Nouvelles Visions, est simple à énoncer : tous les sujets de réflexion définis par des mots abstraits, doivent être revus à la lumière des faits et subir une double analyse : sémantique d’abord (les mots et le sens qu’on leur donne) et relationnelle ensuite (qui dit quoi et dans quelles circonstances ?)

L’application stricte des axiomes et principes de l’analyse relationnelle au problème du racisme nous donne les quatre portes d’entrée suivantes pour lui apporter une nouvelle vision :

Idée 1 : le racisme en soi n’existe pas.
Attention, il n’est pas question pour nous de nier les propos et actes dits racistes, souvent violents et presque toujours inacceptables, auxquels le monde a assisté,  assiste encore et, probablement assistera toujours, mais seulement de mettre en avant la thèse centrale de la Sémantique Générale, selon laquelle le racisme n’est pas contenu dans les mots, mais dans des interactions concrètes entre des individus ou des groupes.

Le mot chien ne mord pas disait le créateur de cette thèse.

Et les mots ne sont pas racistes, ce sont les gens qui le sont. Et le mot racisme n’a jamais nui à personne.
Les mots ne sont pas racistes, ce sont les gens qui le sont.

Une partie de notre travail dans ce livre sera de faire correspondre les mots abstraits du racisme : racisme, antisémitisme, xénophobie… à des actes et des processus de pensée concrets, présents en chacun de nous.

En effet, on peut aborder le problème du racisme à deux niveaux différents : ou bien, au niveau de la Carte abstraite, le traiter comme une idéologie, une philosophie, un ensemble de croyances, ou bien, au niveau du Concret, comme un ensemble de comportements, verbaux ou non et comme un ensemble de raisonnements quotidiens.

Dans les deux cas, il sera important de définir la frontière de ce mot et des actes qui vont avec, en se posant la question : à partir de quand, ou plutôt de quoi (acte, opinion…), pouvons-nous parler de racisme ?

Idée 2 : il existe des degrés dans le racisme.

Il faudrait créer une échelle de Richter des actes et des pensées racistes, qui permettrait de situer chaque personne clairement sur cette échelle, allant du 0 degré du racisme (si cela existe) jusqu’à 100% de racisme (si cela existe aussi).

Bien qu’une échelle de ce genre soit contestable, il semble qu’on pourrait la créer. Même si un trop grand nombre de personnes, pour des raisons idéologiques surtout, s’opposerait à une telle entreprise.

Cette échelle pourrait lister toutes les opinions et tous les comportements possibles et les classer du plus léger au plus sévère.

Idée 3 : le racisme est affaire de sémantique et de généralisation.

La généralisation est un processus constant, inévitable et permanent dans nos esprits, surtout en Occident. On se moque de ces personnes (pauvres belges !) qui arrivent en France et qui, voyant une fille rousse dans la rue, disent : les françaises sont rousses. Mais, à des degrés moindre peut-être, (quoique), nous faisons tous ainsi. Nous montrerons qu’il suffit d’un petit nombre d’observations, voire même d’une seule interprétation de ce que l’on a vu (donc de ce que l’on croit avoir vu) pour généraliser et accuser telle ou telle ethnie des pires défauts et des pires intentions.

Un de mes amis dit ne pas trop aimer les Juifs. Il justifie cela par le fait qu’une fois, alors qu’il était convié à un mariage entre juifs, les mariés et les invités l’ont ignoré toute la soirée. Donc : les juifs sont… (Mettez ce que vous voulez derrière ces mots, ce sera toujours une ânerie !).

Idée 4 : le racisme est un trouble cognitif.

Dans ce livre, nous l’avons dit clairement, nous nous intéressons au racisme, du point de vue des individus et nous essayons de voir comment ce sentiment naît et meurt en chacun de nous.

Nous risquons de devenir racistes, simplement parce que notre cerveau est très attentif aux différences et que toute différence est facilement perçue comme une agression. L’autre n’est pas comme nous, donc avant d’être notre ami, nous le considérons souvent avec méfiance. Si en plus, il est noir !

La peur de l’autre existe et il faut déjà une assez grande culture pour éradiquer cette peur ancestrale. Nous voyons l’autre comme différent de nous avant de comprendre que, finalement, il est notre semblable.

Il faut une démarche volontariste pour passer de l’état primaire d’un racisme à fleur de peau à l’état réfléchi de celui qui ne ressent plus ce sentiment.

C’est peut-être pourquoi certaines études (que nous évoquerons plus loin) ont, semble-t-il, montré que le sentiment de racisme est moins aigu chez les personnes cultivées que chez les autres. Pour ne pas être raciste, il faut faire un effort intellectuel.

Il faut que le rationnel combatte l’instinctif, mais l’instinctif reste vivant, bien caché dans les recoins de notre esprit, même étouffé sous les couches culturelles de notre éducation hyper-conceptuelle.

Si l’on combine ces phénomènes avec l’idée précédente, on comprend pourquoi on observe souvent que, dans un premier temps, on voit l’autre comme différent de nous (et différent est assez proche d’inférieur) et dans un deuxième temps nous voyons tous les autres comme semblables entre eux.

« … concernant les êtres humains, il n’y a pas de distinction sans classification, et pas de classification sans hiérarchisation. Lorsque les classes ou les classements sont relatifs à des groupes humains, nous avons affaire à un racisme. » Christian Godin.

C’est pourquoi et ce sera notre thèse conclusive : on peut encore combattre le racisme en amenant les gens à vivre de nouvelles relations avec les autres et ainsi en les amenant à adopter une nouvelle forme de raisonnement à l’aide une nouvelle expérience.

Ici, nous voyons que le racisme frappe toujours deux fois. La première fois en nous montrant en quoi l’autre est différent de nous, difficilement acceptable ; une deuxième fois en nous faisant croire que tous les autres sont semblables à celui que l’on vient d’observer.

Mais vouloir combattre le racisme en restant au niveau des idées, avec des propos du style : c’est pas bien d’être raciste, est une utopie dangereuse. Et le propre d’une utopie est de ne jamais se réaliser.

Poursuivre une utopie est un choix suicidaire qui ne peut qu’aggraver la situation.

You can leave a response,or trackback from your own site.

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.