Avons-nous une personnalité ?

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« Les gens faisaient l’erreur de considérer la personnalité comme un bien que l’on possède, tels les vêtements que l’on porte sur le dos. Or, qu’est-ce qu’on est d’autre que sa personnalité ? Un peu de chair et d’os, munis d’une carte d’identité : voilà les vêtements que porte la personne humaine. »
(Robert M Pirsig, Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes, Seuil, p. 78)

Il existe une multitude de tests de personnalité qui tous, ont la prétention de nous apprendre qui on est et parfois qui on peut devenir, si tant est que nous désirions changer, ce qui n’est pas si courant. La personnalité c’est quoi ?

Un peu de théorie et de philosophie.
Grossièrement, on peut dire qu’il existait déjà dans l’Antiquité, deux grands courants de pensée qui ont donné naissance à des définitions très différentes de la personnalité et, plus généralement à des civilisations logiquement très différentes puisque issue de prémisses opposées :
- le courant aristotélicien, qui est aussi celui de la plupart des religions, s’appuyant sur l’idée d’une réalité permanente de l’existence : ce courant a créé l’idée que notre personnalité est plus ou moins fixe au fil du temps, que l’on peut la définir, qu’elle nous a, en quelque sorte, été attribuée, et qu’on ne peut pratiquement pas la changer. Ce qui nous fait dire : « je suis comme ça et je n’y peux rien » quand ce n’est pas : « et j’en suis fier… », ou encore : « chassez le naturel il revient au galop. »
- le courant héraclitéen, aujourd’hui seulement partagé par les bouddhistes, les pratiquants du zen et les peuples asiatiques, ainsi que par quelques individus parmi nous : les plus pragmatiques, pour qui nous sommes seulement l’ensemble de ce qui nous arrive, que notre personnalité existe bien, mais qu’elle a un aspect volatile, éphémère, et changeant à tout moment. Nous sommes en fonction de ce qui nous arrive, en fonction des gens avec qui nous sommes ici et maintenant, en fonction de notre âge, de notre état de santé, de ce qui vient de nous arriver, de nos objectifs, de nos intérêts… etc. Bref, pour ce courant de pensée, la personnalité est un fantôme. Ou plutôt un processus permanent plutôt qu’une entité fixe. Mais ce processus, cette création permanente, peut s’étudier ; on peut essayer de comprendre comment cela fonctionne et comment cela nous influence, et comment le maîtriser et le changer pour évoluer dans le sens de nos buts, dans le sens d’une meilleure vie. Il faut juste posséder d’autres instruments de mesure que nos opinions habituelles.

Donc : premier constat : en suivant les grands Maîtres de l’Antiquité : Aristote puis Jésus, nous nous sommes embourbés sur un chemin difficile avec l’idée que NOUS existons, que nous sommes ceci et cela de façon permanente. Nous nous sommes perdus dans l’idée que la réalité existe en dehors de nous, et que dans cette réalité, il y a un Moi, dont généralement nous sommes fiers. En effet, si nous analysons les phrases qui sont composées avec le mot « Moi » (ou « Je), nous ne trouvons que très peu de jugements négatifs, ou alors hypocrites.
Pour nous, Occidentaux, notre personnalité est tout ce que nous pouvons écrire ou dire après les mots : « Je suis… » ou « Il est… ».
Et pourtant, Héraclite, il me semble, a essayé de nous enseigner que nous ne pouvons jamais nous baigner deux fois dans le même fleuve, et Bouddha a essayé de nous enseigner que le Moi est toujours illusoire.

Mais dans tous les pays occidentaux, il y a la croyance quasi générale de tous nos contemporains : l’existence de notre Moi. Le Moi existe, il y a même un énergumène qui a voulu nous faire croire qu’il avait une nombreuse famille, entre autres le ÇA et le SURMOI… Le Moi existe, donc j’existe, et ce Moi possède des caractéristiques immuables. Ainsi le concept de personnalité s’est naturellement et logiquement forgé à partir d’une croyance plus générale : celle de l’existence d’un Moi, à la fois physique et psychique, qui nous est propre et qui est toujours différent de celui des voisins.

Pour nous, certes la personnalité est un concept bien utile, mais ce n’est qu’un concept, c’est-à-dire que CELA n’existe pas dans la réalité, au même sens que les tables et les chaises de nos maisons. Notre conception d’un test de personnalité est donc celle d’une photo instantanée à un moment donné du temps, montrant comment telle personne se voit subjectivement, et ici et maintenant.

Mais de quoi est constitué ce Moi que nous aimons tant ? De comportements, d’opinions et de sentiments pour l’essentiel et tout cela véhiculé par notre langage naturel. Tous ces éléments  se renforcent entre eux pour former une structure que nous avons appelée ‘carte mentale’.
Le mot « structure » signifie bien ici que nos croyances, opinions, concepts avec lesquels nous pensons, ne sont pas tous de même importance.
Certains sont centraux et déterminent les autres, plus périphériques : on les appelle les axiomes ou prémisses. Les autres dépendent des prémisses, dont ils sont les corollaires.

La plupart d’entre nous, ne sommes pas conscients de cette structure et de la présence des axiomes de notre structure mentale et nous positionnons toutes nos croyances au même niveau, comme si elles étaient toutes de même nature et de même importance. Par exemple, une mère de famille dira qu’elle croit important que son enfant se lave les dents tous les soirs avant de se coucher ; elle dira aussi que l’hygiène est très importante dans la vie. Et elle aura tendance à mettre côte à côte ces deux opinions. Alors, qu’il est facile de montrer qu’il y a un rapport de cause à conséquence, ou plutôt  une différence de niveau d’abstraction, un rapport d’englobant à englobé, entre les deux opinions : je crois à l’importance de l’hygiène, donc je pense qu’il faut se laver les dents tous les jours, parce que je crois que cet acte fait partie du  concept hygiène. Comme aussi le fait qu’il faut éplucher les fruits avant de les manger, ne pas toucher les objets laissés par des inconnus… et quelques mille autres idées et croyances du même acabit qui vont toutes dans le même sens.
Parmi les éléments presque toujours présents dans le portrait que nous faisons de nous-mêmes et des autres, se trouvent en bonne place les adjectifs. On dit de Monsieur Durant qu’il est sournois, vindicatif, agressif et de sa femme qu’elle est soumise,  trop gentille…

Alors dans les années 1980, nous avons rassemblé les quelques 2 à 300 adjectifs les plus courants de la langue française et avons imaginé de créer un test très simple basé sur un pointage par la personne testée :
1. Des adjectifs qui, selon elle, lui ressemblent vraiment et
2. Des adjectifs qu’elle voudrait bien s’attribuer.
Par la suite, nous avons pu simplifier et le test dit d’adjectivogramme de changement est aujourd’hui composé de 170 adjectifs seulement.

Très rapidement nous avons découvert au moins trois choses importantes :
1. Qu’Héraclite avait raison. E n effet, en faisant passer le même test plusieurs fois à la même personne, selon le contexte dans lequel elle se trouve, nous n’avons pas les mêmes résultats. Les adjectifs cochés sont souvent très différents. La personnalité est donc bien une définition abstraite, floue, et éphémère, puisqu’elle fluctue au grès des évènements vécus par une personne, en fonction de son humeur, de ce qui vient de lui arriver…etc. Seuls quelques adjectifs restent présents d’un test à l’autre, plus centraux dans la structure.

2. Lorsque nous demandons aux amis de la personne testée de nous la décrire, toujours avec le même test et les mêmes adjectifs, nous obtenons autant de portraits différents que de personnes interrogées et chaque portrait reste différent de celui que nous a brossé la personne elle-même. Alors : où est la vraie personnalité ? Nous comprenons que les anciens sages orientaux, avaient raison : la personnalité n’existe pas, car le Moi est une illusion.

3. Alors quelle est la valeur des résultats obtenus à la question « Qui êtes-vous ? ». Une valeur subjective ; les personnes testées ne disent pas qui ils sont, car cela n’a aucun sens, mais comment ils se voient. Et c’est avec ce portrait tout personnel qu’ils vivent. C’est avec ces éléments subjectifs qu’ils réussissent ou échouent et tout le travail des thérapeutes comme des consultants en développement personnels sera de leur faire changer cette subjectivité pour les amener sur la voie des réussites. Ou alors, ces consultants  ne servent à rien !

Ce test existe depuis 1980 et nous l’avons ainsi fait passer à des milliers de personnes dans des situations diverses. Nous savons maintenant comment la moyenne des Français se voit, comment ils aimeraient devenir… et cette connaissance nous est précieuse pour amener nos stagiaires vers le succès de leurs entreprises, souvent commerciales.
En effet, une personne qui sait que sa personnalité n’existe pas, que son Moi n’est qu’une fumée sans feu dans l’air, a plus de chances de réussir qu’une autre car elle ne va jamais tenir des propos stupides du genre : « Je suis comme ça et je n’y peux rien… et il sera toujours prêt à changer de comportements et de façon d’envisager le monde et son travail donc.

On peut à ce jour passer le test en ligne et avoir les commentaires et l’accompagnement  d’un animateur de l’Analyse Relationnelle, mais pour aborder sereinement ce genre de test et de réflexions, nous venons d’écrire et de publier un e-book de 160 pages qui vous permettra d’avoir une idée déjà précise de la façon dont vous vous voyez, et du chemin qui vous reste à parcourir pour atteindre vos objectifs.
Il est proposé au tarif modeste de 8,50 € ; de plus, vous pouvez devenir à votre tour vendeur de ce livre si vous l’achetez avec Paypal en recevant 50% des ventes en tant qu’affilié.

Pour en savoir plus rendez-vous sur la page :
http://strategies-et-influence.com/personnalite.htm

Pierre

 

 

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