« Pour inciter mon homme à participer aux tâches, j’adopte la méthode des machos »

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http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/03/08/pour-inciter-mon-homme-a-participer-aux-taches-j-adopte-la-methode-des-machos_1489886_3224.html?goback=.gde_1416777_member_213077337

Nous avons demandé aux internautes du Monde.fr de témoigner de leurs difficultés à parvenir à un partage équitable des tâches domestiques et parentales – encore assumées à 80 % par les femmes – au sein de leur couple. De nombreuses femmes – combatives, découragées ou très gâtées – ont répondu à notre appel. Du côté des hommes, seuls les époux exemplaires se sont manifestés.

L’AVIS DES FEMMES

  • « Trente ans de guerre avec mon mari sans victoire notable », par Véro

Trente ans de guerre des tâches ménagères sans victoire notable. J’ai tout essayé : la complicité, la grève totale, le travail d’équipe avec tableau noir. Rien n’y fait et c’est encore pire avec une aide ménagère : sa présence permet à mon mari de se donner bonne conscience et d’en faire encore moins.

Je ne me résigne pas, mais l’inertie d’un quinquagénaire éduqué par une mère au foyer et deux sœurs aînées pleines de sollicitude est désespérante. Surtout quand dans son job, il y a toujours des gens autour de lui pour l’assister

En reprise d’études tardives, je pensais susciter une petite solidarité conjugale : peine perdue. Maintenant, j’espère juste retrouver une situation qui me permette de « m’offrir » quelques heures d’aide en plus. Surtout, je mise sur l’éducation : j’ai appris à mon fils adolescent à prendre en charge sa part des tâches domestiques et à valoriser cette corvée comme un signe de modernité et d’émancipation. D’ailleurs, c’est souvent lui qui proteste quand mon mari est vautré sur le canapé tandis que nous nous activons. Les tâches domestiques sont le sujet numéro un des tensions à la maison…

  • « Je suis l’elfe de maison !« , par Catherine

C’est vraiment LA tâche non partagée : la prise en charge du linge. Nous sommes cinq à la maison, dont trois ados de 15, 17, et 19 ans – cela fait du volume. Pourtant, bien que tout le monde salisse, une seule personne lave, sèche et repasse : moi. En vingt ans, je suis juste parvenue à ce que mon mari donne le repassage de ses chemises au pressing, et à ce que les enfants rangent leur pile repassée chacun dans leur placard. Et, bien sûr, je travaille à temps complet à l’extérieur… Je suis l’elfe de maison !

  • Et les mères célibataires ?, par Anne

J’ai quitté mon mari il y a six ans. J’ai la garde de nos deux enfants âgés de 12 et 14 ans. Le père ne verse aucune pension alimentaire. J’ai un poste à plein temps, très prenant. Je n’ai pas de femme de ménage ou de nounou. Je n’ai jamais eu de compagnon après la rupture d’avec mon mari. Je fais tout, toute seule. Le soir, je suis morte de fatigue dès 21 heures. Le matin, je suis debout à 5 heures. J’ai choisi cette vie, si on peut dire. Mais mon Dieu, que c’est difficile…

  • « Une grève de madame à tout faire… en vain », par Gaëlle

Ayant eu une expérience de vie de couple durant dix ans, je peux dire que les tâches ménagères multiples (ménage, courses, papiers, cuisine) ont toujours été à ma charge malgré le fait que je travaille à temps plein. Pour que mon compagnon en prenne conscience, j’ai entamé une grève de « madame à tout faire » : rien n’y a fait, rien ne se lavait ou ne se rangeait par magie… malheureusement !

N’ayant que trente ans, je me suis rendue compte que le modèle de vie familiale de mes parents est encore le même à mon époque bien que je sois une femme libérée ! La chose la plus frappante est que tout ce que je pouvais effectuer était considéré comme normal comme si nous, les femmes, étions génétiquement prédestinées à être des hôtesses de maison parfaites, soumises et surtout ravies de l’être !

  • « Je fais tout, je pense à tout », par Veronica

Nous venons d’avoir un bébé et travaillons tous les deux. Je suis très à cheval sur les droits des femmes, l’égalité. Toutes les injustices faites aux femmes m’énervent. J’ai une belle carrière et nous sommes tous les deux très diplômés, milieu de trentaine. Pourtant, je me retrouve chez moi avec un mari qui ne fait absolument rien en ce qui concerne notre fils (se lever la nuit, donner un biberon, changer une couche, aller faire une course ou participer aux interrogations sur les poussettes, etc.).

Simplement, il s’occupe de cuisiner. Il joue de sa force d’inertie. Je fais tout et pense à tout, parce qu’il s’en fiche si la maison est en désordre. Et si notre fils n’a pas de couche, c’est mon problème parce que je me préoccupe des détails. Du coup, il n’a pas besoin de s’en soucier, il sait que j’y veillerai, et se détache totalement de ces sujets pour se reposer sur moi.

  • « Nous pratiquons l’alternance chaque semaine », par Corinne

Depuis cinq ans, nous alternons la responsabilité de la maison. Chacun sa semaine. Celui (ou celle) qui est « en charge » s’occupe de tout organiser : les menus, les courses, les déplacements des enfants, les autorisations de sorties, etc. L’autre contribue à ce qu’on lui demande, dans la mesure du possible. Et quand ça coince, c’est celui qui est « en charge » qui se débrouille.

Cette organisation exclut : les poubelles et le recyclage (c’est lui) et le linge (c’est elle). Au début, j’étais obligée de partir de la maison pour le laisser patauger, demander des recettes à sa mère, se mettre en cuisine à 13 heures (pour un repas servi à 15, forcément), etc. Depuis, j’en ai pris mon parti, et je me repose, tout simplement.

  • « Tout est fait par mon mari », par Une épouse gâtée

Je tiens à apporter un témoignage contraire à la « normale ». A la maison, à part la cuisine et le nettoyage des sanitaires, tout est fait par mon mari. C’est notre accord : la personne la plus présente à la maison fait le plus. Il est professeur, je suis documentaliste. Il travaille à la maison, je pars à 8 heures et ne reviens qu’à 19 heures. Pendant l’année de chômage que j’ai vécue avant de prendre mon poste actuel, je me suis occupée de la maison en grande partie. Maintenant, entre deux copies à corriger ou des cours à préparer, c’est lui qui fait l’essentiel du ménage. Je me fais même réprimander de temps à autre sur mon manque de participation. Il faut dire que j’ai horreur de ces tâches ménagères, à part la préparation des repas.

  • « Une seule solution : l’inertie », par Malika

Le mari : – Tu as envoyé la lettre comme je te l’ai demandé, chérie ?
L’ado : – Tu ne m’accompagnes pas à l’aéroport, maman ? Mais qui va porter mes valises ?
Le jeune adulte : – Y a plus rien à manger dans cette maison…
Joséphine (la chatte) : – Miaou…

Après des années de lutte quotidienne pour un partage égalitaire couronnées par des succès éphémères et de nombreux moments de résignation, la seule solution, au moins porteuse d’étonnement et d’incompréhension, qui vaille pour ces messieurs : l’inertie !

  • « J’adopte la méthode des machos : l’incompétence », par Laure

Pour inciter mon homme à participer aux tâches domestiques, j’adopte la méthode des machos : je me révèle absolument incompétente en matière de repassage (une brûlure de chemise suffit à le prouver), de ménage (vider un sac d’aspirateur engorgé de divers petits objets est dissuasif…) ou de cuisine (rater un plat est à la portée de tout le monde !). Résultat : après une journée de travail, lorsque je rentre à la maison, je mets les pieds sous la table et me fait servir :-). Il me reste suffisamment à faire : vérifier les devoirs des enfants, surveiller le choix de leurs vêtements, organiser leurs différentes activités, etc…

  • « Il a fait des progrès… et moi, des compromis », par Audrey

Le problème du partage des tâches ménagères s’est toujours posé très vivement chez moi. Mon père, fils unique, trouvait tout naturel que le travail soit fait chez lui, sans lui, comme il l’était chez ses parents. Aujourd’hui encore, il vit en irresponsable sans se rendre compte des heures de travail qui sont nécessaires à son confort. J’ai compris très tôt ce fonctionnement et je me suis promis que cela ne m’arriverait pas.

Quand j’ai commencé à fréquenter mon copain, fils unique lui aussi, nous habitions chacun chez nos parents. Quand il a pris un appartement et m’a proposé de vivre avec lui, j’ai refusé : je voulais qu’il gagne son autonomie et qu’il voit ce que c’était de vivre en adulte. Ensuite, il a évidemment commencé par exiger que tout soit propre et parfait. Je lui ai fait remarquer qu’il fallait du travail pour cela et je lui ai demandé comment il comptait le répartir (nous travaillons tous les deux). Il a établi une règle : l’un faisait la cuisine, l’autre la vaisselle. J’ai accepté et fait la vaisselle aussi longtemps qu’il a fait la cuisine. Le jour où j’ai fait la cuisine, il a essayé d’échapper à la vaisselle, mais j’ai été ferme.

Je lui demande de faire des choses et il les fait parce qu’il a compris que c’est important pour moi. Aujourd’hui, il a fait des progrès, et moi des compromis. Je pense que je me suis fait entendre et j’ai appris moi aussi à l’écouter. Le ménage ne doit pas être un point de friction, mais d’entente.

  • « Les tâches sont bien partagées, et je n’ai rien eu à faire pour cela », par Laura

Dans mon couple (on vit ensemble depuis un an), les tâches sont très bien partagées : les courses ensemble (quand c’est possible), la cuisine en alternance (un repas sur deux), il s’occupe des poubelles (je n’aime pas ça), je fais plus la vaisselle des gros ustensiles de cuisines (pour le reste, on a une machine) et on fait le ménage à deux, le linge à deux, etc. Je crois que c’est aussi une histoire de génération : il a vécu seul longtemps, a appris seul. Je n’ai rien eu ni à dire ni à faire, et ça m’a plu chez lui . C’était quelque chose d’important pour moi, d’autant plus que mon père a toujours beaucoup participé. Et c’est le cas de beaucoup de mes amis hommes. Je crois que la génération des moins de 30 ans sera plus égalitaire que celle d’avant, et moins que celle d’après !… Enfin, j’espère.

L’AVIS DES HOMMES

  • « Je partage avec ma femme les tâches ménagères et ce n’est pas bien vu », par François

Je partage avec ma femme depuis notre mariage (et même avant) les tâches ménagères, et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela n’est pas particulièrement bien considéré par mon entourage social et professionnel. Les hommes qui ont l’habitude de tout laisser faire à leur compagne déconsidèrent totalement ceux qui réduisent leur temps libre ou leur temps de travail à faire les courses, le ménage, la lessive et à s’occuper d’un enfant. Chose encore plus étrange : les femmes réagissent exactement de la même façon.

  • « Pas une seule tâche domestique ou parentale ne m’échappe », par Rudy

C’est bien simple : pas une « tâche domestique et parentale » ne m’échappe. Pas une seule. C’est mon combat pour une meilleure condition de la femme dans notre société. C’est ma façon d’être féministe. A l’instar de mon épouse, j’amène les enfants à l’école et à la crèche, je vais les chercher ; je leur donne le bain et leur lis des histoires le soir ; j’assiste ma fille dans ses devoirs… Voilà, parmi d’autres, les tâches partagées. Et puis il y a ce que je suis le seul à faire : les plats sucrés, les repas dans la semaine, amener les enfants à leurs activités extra-ceci ou extra-cela, l’organisation des anniversaires…

  • « Elle prend trop ses aises », par Patrice

Je suis en couple depuis six ans. Ma femme et moi avons, dès le début de notre emménagement, décidé de partager les tâches de façon équitable, à savoir celui qui a fait à manger se dispense de faire la vaisselle, et vice-versa. Bien sûr, avec l’arrivée de nos jumeaux, nous avons remis en question ce partage, de sorte que j’assume les tâches du quotidien, pendant qu’elle s’occupe des enfants. Mais cela n’a plus du tout changé. J’avoue que ce n’est pas toujours facile. Depuis trois ans, nous avons régulièrement des disputes, car je trouve qu’elle prend trop ses aises. Je suis au chômage depuis deux ans, et je dois m’occuper de tout, alors qu’elle, en rentrant du boulot, se met devant la télé et s’amuse avec les enfants.

Quand les amis ou ma famille viennent à la maison, je vois un peu de gêne dans leur regard, et de la pitié pour l’homme qui a pris la place de la femme. Je ne suis pas soumis à ma femme, mais je n’ai aucune reconnaissance. A tel point que, lors d’une discussion un peu houleuse, mon beau-père m’a traité de « bonniche » et de « bon chien fidèle à sa femme ». J’en ai pleuré le soir même, estimant ma situation dégradante ; ma femme ne comprenant pas ma souffrance a souri en disant que c’était de l’humour. Cette situation injuste devient tellement insupportable que nous envisageons de nous séparer.

  • « Je travaille à temps partiel », par Dominique

La plupart des hommes effectuent moins de tâches car ils se cachent derrière leurs responsabilités au travail, leurs horaires, etc. Combien d’hommes acceptent réellement de gagner moins que leur femme ? Combien d’hommes acceptent de travailler à temps partiel ? Combien d’hommes prennent un congé parental ? Je travaille à 40%. J’ai donc du temps pour les courses, pour préparer les repas, pour m’occuper des enfants etc. Je gagne beaucoup moins que ma femme, mais moi, cela ne me pose aucun problème.

  • « J’en fais 70 % et pourtant, je suis un homme ! », par William

De mon expérience avec les femmes de mon entourage, le chiffre de 80 % des tâches domestiques et parentales effectuées par les femmes me paraît délirant. Dans mon couple, les tâches sont partagées, je dirais même que j’en effectue 70 % et pourtant je suis un homme !

Je connais beaucoup de jeunes couples d’amis qui sont dans la même situation, où les femmes se désintéressent beaucoup plus du ménage que les hommes. Chez mes parents, le partage était tout à fait équitable, cela a peut-être joué ?

  • « Ma femme peut dire merci à ma mère », par Kamou

Né en 1964, j’ai été élevé par ma mère avec les mêmes devoirs que ma sœur alors que mon père ne faisait rien. Résultat, j’ai toujours fait du ménage, de la cuisine… et ma femme peut remercier ma mère. A partir du moment où la femme travaille, il est normal que le partage se fasse sur une base 50-50. Mais au-delà de la simple répartition, le plus important est que la femme puisse avoir ponctuellement, voire régulièrement, l’esprit totalement libéré : l’homme doit être capable de s’occuper seul des enfants, toute une semaine s’il le faut, d’avoir des idées de menu, de faire seul des courses intelligentes, de faire la cuisine, la vaisselle, les comptes, ranger… afin que la femme puisse se mettre les pieds sous la table certains jours.

Je trouve inconcevable en 2011 que des femmes qui travaillent autant que des hommes fassent 80 % des tâches domestiques. Les gars, soyez sérieux : les tâches domestiques sont trop sérieuses pour être confiées à des femmes ! Avec un bon album de funk ou de salsa en fond, les tâches ménagères deviennent même un moment où on peut aussi se vider la tête et se détendre.

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Vos réactions (34) Réagir

gus il y a 101 semaines

Finalement, beaucoup de blabla pour rien : les mariages ne sont plus forcés, les périodes d’essais sont fréquentes, le divorce ou la séparation banal. Chaque couple est un cas d’espèces : goûts, aptitudes, caractères, vies professionnelles respectives, tout diffère. Telle épouse ne supportera pas voir son mari en cuisine ou au repassage, telle autre exigera qui récure le parquet à genou chaque samedi. Qu’ils se satisfassent de leurs relations ou qu’ils se séparent !

Guy Agostini il y a 101 semaines

Si on voit les tâches ménagères comme un indice d’oppression, c’est l’oppresseur qu’il faut combattre et non le conjoint qui est dans la même galère. Cherchez l’oppresseur, « Cui bono » est un bon départ pour l’identifier, n’est-ce pas ? Se perdre dans une guerre des sexes est d’un niaiserie affligeante.

Alain PRAUD il y a 101 semaines

Apparemment la lutte des sexes a remplacé la ringarde lutte des classes, et ces dames sont en première ligne. La vérité, la seule, c’est qu’à deux sous le même toit on se marche sur les pieds, et que dans les yeux de l’autre chacun devient vite sa propre caricature. La solution ? Faire adresse à part et se retrouver pour la baise, la gastronomie, les voyages, l’opéra. Comme des amants, quoi. Vous dites ? C’est plus cher ? Ah ben oui. Le bonheur n’a pas de prix.

andre lerondeau il y a 101 semaines

J’ai 67 ans; j’ai été éduqué en pension, où garçons et filles participaient à toutes les corvées. Quand je me suis marié, j’ai trouvé « normal » de participer aux taches ménagères, et « torcher » les bébés. Hélas, on est encore loin de l’ égalité réelle dans les domaines importants comme l’économie et la politique.Il est vrai que les mères ont aussi une part de responsabilité dans l’éducation des petits machos.J’ai un petit fils de 3 ans et demi, il aide sa maman, ma fille.

Gros Julot il y a 101 semaines

Moi, la participation aux tâches ménagères, c’est simple: si ma meuf a pas préparé la bouffe à l’heure du J.T., je vais au restaurant sans elle. Et si mes chaussettes sont pas sèches, je prends les siennes. Y qu’à voir les suffragettes à mollets poilus, dès qu’elles ont soulevé un mec (un vrai, avec des sous, des poils et tout, style Karembeu ou Cantona), elles sont les premières à s’abonner à « Elle » ou à »Biba ». Alors, hein? Mais rêvez pas trop après cette mise au point, je suis déjà surbooké.

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