Le baccalauréat : La Tartufferie, ou l’imposture

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En 2012, 85% d’une génération se pressait aux portes du bachot. DR
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Affirmer que le bac n’a plus de valeur, que le niveau s’est effondré, à coups de notations généreuses, de mécanismes d’options et de largesses au rattrapage, est devenu un lieu commun.

 

D’ailleurs les écoles les plus prestigieuses ne s’y trompent pas et lorsque Sciences Po proposait l’admission sur mention très bien au bac, il s’agissait de candidats ayant obtenu plus de 18/20. Zola, qui a raté deux fois le bac à cause du français rirait de la tartufferie qu’est devenu cet examen.
Celle-ci est révélée dans l’objectif énoncé par Jean-Pierre Chevènement en 1985 d’amener 80% d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat. Cet objectif a été atteint, 27 ans plus tard, en 2012, où 85% d’une génération se pressait aux portes du bachot. Voilà qui est bel et bon, mais quel est l’objectif ? Dans la situation actuelle, on envoie, obstinément, les jeunes vers le bac général, devenue voie sacrée, qui exige la poursuite d’études dans le supérieur.
Presque 90% des candidats de 2012 ont d’ailleurs passé l’examen bradé avec succès. Certains d’entre eux entrent directement sur le marché du travail avec un « bac+ rien », qui ne les mène que dans une impasse, le bac général seul n’étant absolument plus gage de réussite professionnelle future. Les plus conscients des besoins du marché du travail auront choisi un bac pro qui mène, selon le Centre d’études et de recherche sur les qualifications, 80 % du temps à un emploi dès la fin du lycée.
Parmi ceux qui choisissent d’aller peupler les bancs de la fac de médecine ou de droit, pour les plus courageux, d’histoire de l’art ou de psychologie, pour les plus inconscient en termes de perspectives d’avenir, l’observatoire national de la vie étudiante notait en 2010 que seuls 47,5 % passent avec succès en deuxième année tandis que 30 % redoublent, 16,5 % changent de filière et 6 % abandonnent leurs études. Le niveau des étudiants de première année n’y est clairement pas et les étudiants en sont les premières victimes. Eux qui n’ont pas le niveau, contrairement à ce qu’on leur a fait croire avec le bac, perdent leur temps, les autres, souffrent d’amphis bondés et de classes surchargées.
Si l’objectif social de Jean-Pierre Chevènement de garantir à tous, ou presque, l’accès à l’éducation pour permettre l’égalité des chances est légitime et louable, on s’aperçoit qu’il est mort-né, car la sélection social subsiste mais de manière plus hypocrite qu’auparavant. La dure réalité de la sélection sociale a simplement été repoussée du bac vers le supérieur.

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