Nous sommes tous des gamins pourris gâtés, égoïstes et prétentieux

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NDLR : je ne sais pas qui est ce Jack Use, pas Zola certainement, mais moi qui me croyais un peu provocateur et jusqu’au-boutiste, je suis battu à plates coutures. Bravo Monsieur Use, dommage que vous ayez mis un masque d’anonymat sous ces belles paroles… qui seraient un beau programme dans l’idéal, et mécontenterait tout le monde dans la réalité. A quand un groupe de pression avec ce programme ?

OPINION

Vous, nous, ils… tout le monde. Tous des gamins pourris gâtés qui veulent tout tout de suite sans rien donner en échange. Qui estiment que tout leur est dû. Qui croient que leur seule présence sur terre justifie toutes leurs actions et leurs prétentions. Qui se cachent derrière des acquis d’un autre siècle, d’une autre éternité, sans comprendre que tout change, aujourd’hui plus vite que jamais.
Les gamins pourris-gâtés sont les politiciens, les énarques, les Maîtres du monde, qui décident sans connaissance de cause du comment et du pourquoi. Qui cherchent à faire des « économies budgétaires » un peu partout sans comprendre que le premier déficit de l’Etat ce sont eux. Eux, qui ont fait de la politique non pas la vocation du travail pour le Bien Commun mais un statut : « je suis Député », « je suis Sénateur »…
Vous voulez des économies ? Supprimez le Sénat, supprimez les privilèges, réorganisez la République, l’Etat. Accordez-vous un salaire minimum : 2000 euros nets et tickets restos, pas de cantine… voir pas de salaire du tout si vous avez un autre travail. Et que l’absentéisme soit sanctionné, que toute faute grave soit sanctionnée, que le député puisse être déchu aussi facilement qu’il peut être élu, par vote populaire. On parie qu’aux élections se présenteront des gens qui ont des idées et l’envie de les réaliser ?

Les gamins pourris gâtés sont les patrons, les millionnaires, les milliardaires, qui en veulent toujours plus : plus d’argent pour leur salaire, plus d’argent pour leur boîte, plus d’aides par l’Etat. Qui en période de crise disent « c’est la faute aux impôts trop élevés » et qui en période de croissance se pavanent de leur réussite. Ceux qui gagnent, en un an, ce que les ouvriers de leurs usines espèrent gagner au Loto.
Vous voulez de l’argent pour investir, pour la recherche, pour l’innovation ? Réduisez votre salaire à des niveaux raisonnables et mettez les quelques millions d’euros ainsi trouvés dans de nouveaux projets. D’ailleurs, pourquoi ne pas limiter le salaire à, disons, 300 000 euros par an ? Qui n’arriverait pas à vivre bien avec une telle somme ? Attention, pas une taxe à 75% bizarre ou je ne sais quel tour de passe-passe. Une loi qui dit simplement « Tous salaires, primes et bonus confondus, une personne ne peut toucher plus de 200 000 euros ». Vous allez voir que l’entreprise va rapidement en trouver du cash
Les gamins pourris gâtés sont les syndicats qui se battent pour des droits acquis il y a plus de 50 ans, à une autre époque. Qui ne se rendent pas compte que la société a changé, que le travail a changé, que le monde a changé. Qui ne veulent pas donner de droits aux autres parce que ça touche leurs droits. Mais de quel droit ?
Les gamins pourris gâtés sont les gays, lesbiennes, trans… toute la communauté LGBT qui espère que par un miracle divin elle va changer 5000 ans d’histoire au bas mot en 5 minutes. La lutte est justifiée, elle doit continuer. Mais l’abolition de l’esclavage s’est faite en plus de cent ans et a culminé avec la Guerre de Sécession… Le racisme ? encore présent aujourd’hui malgré l’Apartheid et des personnages tels que Mandela. On ne change pas la culture en 50 ans, il faut au moins une génération. Et il faut l’accepter.


Les gamins pourris gâtés sont les racistes, qui ne voient pas que tous les hommes sont égaux, les homophobes, les intolérants. Ceux-là mêmes qui le soir sur leur ordinateur vont taper des mots clés comme « sexe lesbien hard » ou « salope défoncée par gros black » sur Youporn pour éjaculer leurs frustrations.
Les gamins pourris gâtés sont les opposants à la PMA, la GPA, l’adoption par des couples LGBT. Ceux qui croient qu’ils peuvent se mêler de la vie d’autrui. Qu’est-ce que ça vous change que le fils de votre voisin ait deux mamans ou deux papas ? Non, ça ne va pas le rendre plus malheureux que son copain d’école dont le père est parti avec la prof de yoga pour on ne sait quelle raison plus ou moins valable.
Les gamins pourris gâtés sont les religieux, chrétiens, juifs, musulmans et leurs cousins, qui prêchent une parole divine tirée de textes millénaires sans se poser la question de savoir s’ils sont justes et, surtout, applicables.
Des textes écrits par une soi-disant « entité supérieure » omnisciente et toute puissante censés dicter comment vivre, quoi faire, pourquoi et même comment. Des textes qui donnent lieu aux pires fanatismes, de Daesh à Israël, à des idées absurdes comme « ne pas utiliser de préservatif »… des textes écrits pour une autre époque, un autre lieu, un autre temps et qu’on voudrait appliquer aujourd’hui.
Les gamins pourris gâtés sont les consommateurs, qui veulent toujours plus, toujours mieux, toujours moins cher. Ceux qui font la queue devant l’Apple store pour le dernier iPhone tout en se plaignant de son prix, ceux qui veulent une BMW et se plaignent de la consommation, de l’assurance, du coût des réparations. Ceux qui achètent Bio parce que « c’est bon pour la santé » et habitent en plein centre de Paris en se plaignant de la pollution, des voitures, du stress de la ville.
« Achetez, achetez, achetez ! » qu’on vous dit. Mais pourquoi ? Pour avoir le dernier modèle de je ne sais quel gadget bizarre dont on n’avait pas conscience de l’existence l’année d’avant et qui aujourd’hui est présenté comme une nécessité absolue de tout être humain ? Vendu à un prix équivalent à un mois de SMIC ? Et qui sera supplanté six mois après par la sortie d’un nouveau modèle ? Et après avoir dépensé des centaines, des milliers d’euros dans ces conneries, il faut aller faire les courses au Lidl pour essayer non pas de faire des économies, mais pour éviter que le découvert, à la banque, n’entraîne pas le désagrément d’un rappel à l’ordre par le banquier.
Les gamins pourris gâtés sont les gens au chômage, les intermittents du spectacle, les étudiants qui sortent des grandes écoles, tous ceux qui malgré les difficultés ne sont pas prêts à réduire leur salaire pour en avoir un. Ceux qui croient qu’un diplôme, une carrière, un travail précédent justifient qu’on ne puisse plus redescendre sur l’échelle sociale.
Mais non. Même si vous êtes un ingénieur hors pair, quand il s’agit de travailler pour manger, pour faire manger votre famille, il faut travailler. Même si ça signifie vendre des hamburgers chez McDo, balayer les rues ou ramasser les poubelles. Même si ça signifie qu’il faut oublier le golf, le cinéma, le restaurant et les belles voitures. Personne n’est jamais mort de conduire une Dacia. Votre égo, votre orgueil… il n’y a que ça qui vous bloque. Mais ce n’est qu’une période, pas la fin du monde. Rien ne vous empêche, au contraire, de continuer la recherche… mais entre-temps vous avez votre salaire, vous gagnez votre pain quotidien et vous ne vivez pas sur le dos des autres.
Les gamins pourris gâtés sont, évidemment, les banquiers, les traders, la Finance, ceux qui cumulent l’argent comme on cumule le sel en temps de guerre. Ceux qui sont la cause des crises économiques, des faillites, des guerres. Le tout pour quelques chiffres sur quelques serveurs dans quelque datacenter. N’avez-vous donc rien appris de Fight Club ? L’argent, ce ne sont que des zéros et des uns dans un programme informatique…

Les gamins pourris gâtés sont les fonctionnaires, les policiers, l’armée, les gendarmes, ceux qui mettent toute leur bonne volonté à vous prendre pour un rien, un moins que rien. Les administrations ouvertes aux heures de bureau pour lesquelles il faut poser une journée de RTT afin de s’y rendre et s’entendre dire par une secréatire exécrable que le dossier n’est pas complet et que donc la demande ne sera pas traitée. Les policiers qui se postent aux sorties des fêtes de village pour contrôler l’alcoolémie et gâcher la soirée à tout le monde, qui font des contrôles au faciès parce que quand on est immigré on est forcément coupable, qui volent des kilos de cocaïne des coffres de 36 Quai des Orfèvres et font la morale au pauvre dealer du coin de la rue qui ne vend que pour se payer sa dose puisque l’Etat ne le prend pas en charge.

Les gamins pourris gâtés sont les avocats, les médecins, les huissiers et compagnie, ceux dont la profession réglementée permet d’avoir un travail stable et qui ne veulent pas se soumettre au jeu de la concurrence Ceux dont le lobby est tellement fort qu’il fait plier le gouvernement et leur permet de continuer de se rendre au travail en Jaguar alors qu’une simple Twingo ferait l’affaire pour le déplacement. Les Taxis qui ont peur des VTC à en bloquer la Capitale et qui ne voient pas que 80 euros pour un trajet de 30 minutes c’est totalement abusé.
La liste est déjà longue et je pourrais continuer, longtemps encore. Car tout le monde est concerné, sciemment ou inconsciemment, victime de la société ou personne agissant en connaissance de cause. « Je, tu, il, nous, vous, ils »… tous les pronoms se prêtent à une ou plusieurs de ces critiques ; et à celles que je n’ai pas faites. Je peux en appliquer certaines à moi-même, malheureusement.
Bien sûr que les problèmes ne se réduisent pas à ça, bien sûr que ce n’est pas en écrivant un texte qui n’est qu’un pavé dans la marre que le monde deviendra d’un coup meilleur, que le chômage et la dette, en France, vont disparaître d’un coup. C’est un texte, pas une baguette magique. Mais prendre conscience de certaines choses peut nous faire avancer.
Maintenant, vous pouvez me tirer dessus, me haïr, me détester parce que je vous ai blessés. Peut-être que certains m’encenseront, mais ils seront bien peu nombreux. La plupart d’entre vous seront partagés : « Il a complètement tort sur ce point… mais il a bien raison en disant ça ». Forcément, j’ai essayé de n’épargner personne. Car personne n’est à épargner, ne peut être épargné.
Nous sommes tous des gamins pourris gâtés, égoïstes et prétentieux.

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