Quand la « novlangue » s’invite dans les programmes scolaires

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http://www.planet.fr/societe-quand-la-novlangue-sinvite-dans-les-programmes-scolaires.844302.29336.html?xtor=ES-1-830218[Planet-a-la-Une]-20150425

NDLR : c’est mon cheval de bataille depuis que je sais réfléchir : l’abstrait ne doit pas prendre le pas sur le concret. Dans le temps… quand j’étais jeune comme disent tous les vieux radoteurs, on appelait un chat un chat et n’en déplaise au politiquement correct que je hais, on respecte plus l’humain quand on l’appelle clochard que SDF. Le clochard vit et dort sous la cloche des cieux, c’est du concret, c’est même poétique, alors qu’un sigle !
Arletty pourrait dire de nos jours : un sigle ! un sigle ! est-ce que j’ai une tête de  sigle ?

Dans les nouveaux textes, certains passages sont écrits dans un jargon pour le moins alambiqué. Ainsi, vous ne direz plus « nager à la piscine » mais « se déplacer dans un milieu aquatique profond standardisé »…

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? C’est en substance ce qui revient à la lecture des nouveaux programmes scolaires récemment dévoilés dans le cadre de la réforme du collège orchestrée par le ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem.

Ainsi, durant le parcours scolaire de votre enfant, qui s’effectuera de manière « spiralaire », celui-ci devra « produire des messages à l’oral et à l’écrit », autrement dit : s’exprimer. L’apprentissage des langues vivantes est décrit comme le fait de « se familiariser avec des mobilités virtuelles et se préparer à des mobilités physiques. » Tout un programme. Cette formule sibylline encore pour exprimer la visée des programmes de langues étrangères : « Aller de soi et de l’ici vers l’autre et l’ailleurs »…

« Traverser l’eau en équilibre horizontale »

Mais le meilleur reste la description des différents sports à l’école. La natation, tout d’abord, avec ce texte à la sémantique alambiquée : « Construire la capacité à traverser l’eau avec le moins de résistance en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête », de façon à « se déplacer de façon autonome, plus longtemps, plus vite, dans un milieu aquatique profond standardisé ».

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Un match de tennis doit être l’occasion pour l’enfant de « prendre des décisions pour rechercher le gain d’un duel médié par une balle ». Enfin, les enfants seront incités en cours d’EPS à « créer de la vitesse » pour ne pas dire « courir ».

« Je demande que les programmes soient lisibles par tous »

Du côté des professeurs de sports, on ne comprend pas les moqueries. Ainsi, dans une lettre ouverte, le syndicat Snep-FSU a dénoncé « une forme de condescendance et d’ignorance bienséante lorsqu’il s’agit d’EPS ». Puis, le texte interroge : « Un enseignement se préoccupant du corps (donc considéré comme de bas niveau intellectuel ?) devrait forcément s’écrire dans un langage trivial et non se théoriser ? »

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Interrogée par Le Point sur cette « novlangue », Najat Vallaud-Belkacem a expliqué que « les enseignants comme tous les professionnels utilis(aient) un vocabulaire expert. Toutefois, poursuit-elle, je souhaite et je demande que les programmes soient lisibles par tous. » Une consultation des enseignants sera d’ailleurs organisée du 11 mai au 12 juin sur ces projets de programmes. L’occasion de clarifier les choses…

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