Réforme du collège : et pourquoi pas l’école à la maison ?

  • Share
  • CevherShare
  • Share

http://www.bvoltaire.fr/clotildelibert/reforme-college-lecole-a-maison,176304?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=6f0778c073-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-6f0778c073-30469153&mc_cid=6f0778c073&mc_eid=443cdc6b1f

NDLR : Le mot « rétrograde » désignait et désigne toujours une personne tournée vers le passé, un peu obtuse et nostalgique du genre « C’était le bon temps« . Mais je crois que, de plus en plus, et sur de plus en plus de sujets, être rétrograde c’est être dans le sens de l’évolution. Demain, on recommencera à vivre sans smartphone, sans télé (ou si peu), sans besoin de posséder de luxueux objets inutiles dont on se lasse vite, on fera ses courses chez le paysan en tournant le dos à ses supers usine à nourriture, lieux  de perdition où le choix est excessif et où on ne sait plus quel yaourt acheter parmi les 80 marques présentes, certaines femmes se remettront à élever leurs enfants et à leur faire l’école en leur apprenant le plus important : comment se comporter dans la vie. Il ne s’agit pas de revenir à l’âge des cavernes mais juste à une époque où se parler voulait dire s’asseoir au coin du feu et se raconter la vie, ou se taire amicalement, en étant là, présent à l’ami, à sa femme ou aux enfants, et non pas ailleurs au-delà des touches d’un smartphone dont l’inutilité n’apparait plus à la plupart des gens. L’école oui, mais à condition qu’elle soit neutre et pas pilotée par des idéologues politiques nauséabondes qui sont dominantes à ce jour !  Mais comme le dit une pub à la mode : mais je rêve !
Depuis dix ans, nos enfants en âge primaire suivent l’école à la maison.
Mère au foyer et professeur à la maison

Depuis dix ans, nos enfants en âge primaire suivent l’école à la maison. Méprisant les non-intellectuels avec le collège unique et dénigrant la formation professionnelle, l’école n’évalue aucun talent de notre aîné en difficulté scolaire innée depuis qu’il a pris le chemin de l’école publique. Dessin, sport, chant, bricolage : il serait si bien en atelier ! Soutenu par des parents nantis – papa prof et maman au foyer -, il se maintient en français, maths et anglais. Le second, revenu dans le système public en CM2, développant un risque élevé de décrochage pour ennui mortel, est entré en 6e. Ce petit héritier fait anglais-allemand ; viendront le latin et le grec. Si le collège ne les propose plus, ce sera à la maison. Les inégalités sont bel et bien renforcées avec ceux qui n’ont que l’école pour apprendre.

En arrachant nos enfants à l’Éducation nationale, nous avons voulu les couper des déterminismes sociaux, intellectuels, politiques et religieux que le ministère impose, leur offrir d’apprendre, raisonner, analyser. Choix cornélien tant nous avons aimé l’école, mais nécessaire pour les libérer.

Élève des années 80, mon orthographe est fragile, ma mémoire imprécise, j’ai appris les tables de multiplication à 25 ans. Ce que j’enseigne vient des cours que nous avons achetés. Alors que le socio-constructivisme produit 20 % de « dys » et qu’on évalue à 40 % les 6e en difficulté, ayant fréquenté avec assiduité un groupe du troisième âge dont la moitié n’a pas dépassé le certificat d’étude, je salue leur orthographe exacte. 80 ans après, ils déclament avec délice et sans erreur les poésies apprises en classe. Evaluer la surface d’un carré de jardin, leurs impôts ou les intérêts de leur Livret A, un lycéen qui envisage sereinement une admission en CPGE s’y risquerait avec moins d’aisance. Mais le ministère s’accroche à son dogme comme un Vendéen de 89 à son scapulaire. L’école de Jules Ferry a un bilan que l’obscurantisme progressiste s’efforce de camoufler toute honte bue : les petits Français savaient lire, écrire, calculer, l’édit de Nantes, et comment se rendre de Dunkerque à Strasbourg par voie d’eau.

« La Fabrique du crétin » poursuit son œuvre. Avec le numérique, nouvel impératif à l’école, les enfants seront toujours plus dépendants et asservis. Le plan Langevin-Wallon en 1947 programma cette farce scellant l’alliance communiste et capitaliste. Méthodes naturelles, divertir pour instruire, fin des professeurs spécialistes, en bref, prolétarisation des intelligences ; le plan n’a jamais été évalué, messieurs Langevin et Wallon semblant touchés par la grâce de l’infaillibilité.

Depuis dix ans, je paie trois fois l’école : 1) non imposable (un salaire et 8 enfants), la différence entre salaire brut et net de mon époux me donne une idée de ce que nous y laissons, 2) nous payons des cours, 3) jouer à la maîtresse au foyer prive ma famille du SMIC que je pourrais gagner. Ma dernière ayant 10 mois, c’est avec lucidité que j’envisage les dix années à venir.

You can leave a response,or trackback from your own site.

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.