Un sexagénaire éjecté de sa voiture par 20 policiers

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Il ne faut pas se garer sur un bateau : c’est une évidence que personne ne conteste. Mais suffit-elle à justifier l’intervention d’une horde de policiers venus extirper un homme de sa voiture en route pour la fourrière ? Apparemment, oui. Lundi après-midi, rue des Batignolles, à deux pas de la mairie du 17e arrondissement de Paris, un sexagénaire s’aperçoit que son véhicule est en train d’être remorqué par les services de fourrière. Il se précipite à l’intérieur pour empêcher l’enlèvement, mais deux des roues ne touchent déjà plus le sol : légalement, l’opération ne peut plus être interrompue.

Face à son refus d’obtempérer, les forces de l’ordre viennent en renfort : « C’était ambiance ! Il y avait du monde partout ! Une bonne vingtaine de policiers – à vélo, à pied, en voiture, en gilet pare-balles – et bien une quarantaine de badauds, riverains, passants […], invectivant les policiers », relate un témoin de la scène au Parisien. Traîné sur la chaussée sans ménagement, l’homme fait un léger malaise. « Les policiers lui ont passé de l’eau sur le visage, puis hop ! Dans la voiture de police, direction le commissariat. » Il risque 3 mois de prison et 3.750 euros d’amende. Fin de l’histoire. Mais ce n’est pas la seule.

Le mois dernier, dans la coquette rue Saint-Charles du 15e arrondissement, un autre automobiliste d’une soixantaine d’années avait fait de la résistance pendant trois heures dans sa 205 Peugeot, sur le point d’être enlevée pendant qu’il se trouvait dans une boutique de meubles. « J’ai foncé et j’ai eu le temps de monter dans ma voiture », raconte-t-il, unanimement soutenu par les passants. Ce jour-là, comme tous les vendredis, les stationnements étaient réservés au marché. Une aubaine pour la police qui guette régulièrement les contrevenants. De « véritables opérations d’embuscade de la fourrière », s’énerve un commerçant. Une « course au rendement » également dénoncée par le maire Philippe Goujon, qui plaide pour un service public de mise en fourrière.

Chaque année, environ 250.000 voitures sont ainsi embarquées à Paris. Pas étonnant, les conducteurs de fourrière bénéficiant d’une prime selon leur assiduité. Le plus cocasse est qu’une partie d’entre eux ne possèdent pas le permis BE requis… et sont donc en infraction. Depuis le 1er janvier, les tarifs ont explosé dans la capitale : 150 euros l’enlèvement – soit une hausse de 20 % – et des frais de garde multiplié par trois, à 29 euros par jour. Ajoutez le montant de la contravention et l’addition dépasse allègrement les 200 euros.

Les recettes des fourrières françaises rapportent en moyenne 34 millions d’euros par an, dont deux tiers atterrissent dans les caisses de l’État. Ce petit business très lucratif est la porte ouverte à tous les abus. Des voitures ayant à leur bord un animal ou même un enfant sont délogées sans que le fouriériste ait pris la peine de vérifier ; en février dernier à Bordeaux, un véhicule de SOS Médecins avait été enlevé rue Sainte-Catherine alors que le praticien visitait trois patients, en pleine épidémie de grippe. Conclusion : les automobilistes sont toujours plus diabolisés, pénalisés, rackettés, et désormais traînés par terre, alors qu’ils ont besoin de leur véhicule pour travailler ou faire des emplettes (et en temps de crise, il serait plus intelligent d’encourager la consommation). Pendant ce temps, des délinquants jouent de la kalach’ en toute impunité dans les cités. Il y a décidément quelque chose qui cloche.

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