Tout sondage peut être une manipulation, un exemple

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http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2015/07/24/renoncement-aux-soins-les-resultats-des-etudes-dopinion-prendre-avec-des-pincettes_766621#utm_source=qdm&utm_medium=newsletter&utm_term=&utm_content=20150724&utm_campaign=NL_derniereheure

Renoncement aux soins : les résultats des études d’opinion à prendre avec des pincettes

Anne Bayle-Iniguez

| 24.07.2015
NDLR : le principe des sondages est de créer et d’administrer des questions généralement fermées (réponses en ‘oui/non’ ou ‘un peu/beaucoup/pas dut tout…’), hors situation réelle à un échantillon représentatif de personnes (mais représentatif de quoi ?). Mettre en place des sondages qui reflètent une certaine réalité du terrain est un métier, et celui qui sait faire ça peut influer sur les résultats. On peut dire : « Dites-moi les résultats que vous voulez obtenir et je vous ferai le sondage qui donnera ces résultats« . Tout est dans l’art de savoir poser les bonnes questions pour arriver au résultat souhaité. Voici un exemple ci-dessous et on comprend pourquoi les politiques sont friands de ce genre de fournisseurs. La seule façon de connaître la réalité d’une situation est de l’observer en réel auprès d’un grand nombre de gens et de les laisser s’exprimer librement pour en savoir plus ; mais ça coûte cher et c’est moins spectaculaire. Le sondage d’opinion est encore pire car il ne reflète pas ce que l’autre va faire mais ce qu’il ressent au moment de la question ou ce qu’il pense qu’il est bon de répondre compte-tenu de son sentiment et de la personne qui l’interroge !

La DREES, organisme du ministère de la Santé spécialiste des données statistiques et des analyses sur le système de santé, démontre dans une récente étude que les enquêtes d’opinion sur le renoncement aux soins, très en vogue pour identifier les problèmes d’accès aux soins des populations, doivent être prises avec des pincettes. Les résultats varient en effet sensiblement d’une étude à une autre selon la formulation des questionnaires.

Une différence de 15 points dans les réponses

La DREES a analysé les questions de son propre baromètre d’opinion sur l’année 2013 et les réponses des 4 000 sondés de l’échantillon. Surprenante conclusion : le taux de renoncement aux soins peut varier de quinze points selon la formulation employée.

Pour parvenir à ce constat, la DREES a établi quatre questions sur le renoncement aux soins soumises à autant de groupes de 1 000 personnes du panel (similaires et établis selon la méthode des quotas).

Dans la question, la présence ou non de la notion de « raisons financières » et la précision ou non du type de soins (médecine générale ou spécialiste, dentaire, optique, etc.) influent sur la réponse.

À la question « au cours des 12 derniers mois, vous est-il arrivé de renoncer, pour vous-même, à des soins dentaires pour des raisons financières ? », 36 % des sondés ont répondu oui.

Mais la réponse à la même question saucissonnée en trois temps, sans évoquer l’aspect financier ou le type de soins de prime abord, est tout autre !

Ainsi, un des groupes a répondu à une première question (« au cours des 12 derniers mois, vous est-il arrivé de renoncer, pour vous-même, à des soins ? »), un autre s’est prononcé sur une deuxième (« A quels soins avez-vous renoncé ? ») tandis que les 1 000 derniers devaient s’exprimer sur une dernière interrogation (« Parmi les raisons suivantes, quelle est la principale raison pour laquelle vous avez renoncé à ce soin ? », suivi de six réponses possibles, dont le manque d’argent). À chaque déclinaison de la question, le taux de renoncement baisse. Au final, avec la dernière formulation plus générale, seuls 21 % des répondants ont dit avoir renoncé à des soins.

Une comparaison révélatrice

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