Il fut un temps où le monde était simple, et le bonheur aussi sans doute.

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NDLR : en cette fin d’année comme à chaque fois, on aime bien s’interroger sur les questions de fond. Et si notre avenir se trouvait dans notre passé, si les réactionnaires d’aujourd’hui étaient les révolutionnaires de demain ? A méditer en attendant le Père Noël !

Il fut un temps où le monde était simple, et le bonheur aussi sans doute. Pour peu qu’on fût croyant, et même si on ne l’était guère, deux grandes fêtes marquaient l’année : Noël et Pâques. Le petit Jésus naissait à la première et s’offrait pour racheter nos péchés à la seconde. Globalement, cela a duré au moins 16 siècles.

Dans ma petite enfance familiale, l’Avent et le Carême avaient un sens. Pénitences enfantines, on rendait à maman le carré de chocolat du goûter, et l’on essayait de ne pas se chamailler avec les frères et sœurs. Un cadeau à Noël (pas 36 !), une poupée pour toute l’enfance, le temps béni de désirer et de s’émerveiller…

Ce temps passe aujourd’hui pour terriblement sectaire et rétrograde, « fascisant » diront même certains. Le grand brassage multiculturel est passé par là, censé nous apporter le sens de la fraternité. Pas si simple, car pour accepter l’autre, il faut être assuré de ce qu’on est soi-même. Pour goûter les autres cultures, connaître déjà la sienne et l’aimer. Au lieu de cela, nous prétendons détricoter ce qui a mis des siècles à nous construire. Dans la marmite où bouillonne non pas la potion magique mais le brouet des sorcières, on jette en vrac la crèche, le sapin, le bonnet rouge du père Noël, la fève de la galette ; on passe la chrétienté au tamis, on rajoute du E142 pour faire plaisir à l’islam et on noie tout cela dans un vaste bouillon de laïcité avant de passer le ragoût au mixeur. C’est imbouffable !

Les braves gens du Secours populaire offrent chaque année à Noël des cadeaux aux nécessiteux. Ce qu’ils ont fait ce lundi dans la « jungle » de Calais. Émanation du PCF, on imagine que le Secours populaire ne fête pas la naissance de Jésus. Peut-être celle de Staline, le « petit père des peuples » ? D’aucuns signalent, en outre, que leurs pères Noël sont vêtus de vert et se demandent : est-ce pour ne pas froisser les musulmans ? Peut-être. Ou pas. Car avant d’être récupéré par Coca-Cola, le père Noël scandinave était en habit vert. Qui le sait ? C’est la couleur des origines, mais elle est désormais estampillée « barbus » pour un Noël halal…

Autres polémiques : après la guerre des crèches qui blessent le regard des laïcards, celle des « galettes des rois ». Elles sont désormais interdites dans nombre de cantines au motif, là encore, qu’il faut respecter une stricte laïcité. Sauf que le partage de la galette n’a rien à voir avec la religion ! Elle faisait partie des célébrations autour du solstice d’hiver, les « Saturnales » de l’époque romaine, jour de grand partage où étaient abolies toutes les barrières sociales. Les chrétiens l’ont donc empruntée aux « barbares » pour la manger au jour de l’Épiphanie, le 6 janvier, en souvenir des rois mages venus offrir les cadeaux à l’Enfant-Jésus.

Et la fève, là encore, n’est pas une tradition chrétienne mais un rituel païen : symbole de fécondité, elle contient comme l’œuf un embryon, est le premier légume du printemps et représente le renouveau. Néanmoins, si nos présidents perpétuent à l’Élysée la tradition de la galette, celle-ci ne contient pas de fève. « Par tradition républicaine », cette fois : le président de la République ne veut pas risquer d’être couronné roi ! Et offre donc la « galette de l’Égalité », nommée ainsi par la Révolution.

Enfin, dans la tradition, celui qui gagnait la fève devait payer la tournée… Et comme on sait, ce n’est pas le genre de la maison : si la République aime la galette, c’est pour la collecter, rarement pour la partager…

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