Le paradoxe de l’égalité : les garçons victimes de la mixité à l’école

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Les IUFM inventées par Lionel Jospin ont, par leurs fumeuses théories et leurs dogmes pédagogiques, tant contribué à la dégradation de l’enseignement qu’on ne peut qu’être méfiant lorsqu’un ancien directeur adjoint d’un de ces instituts publie une étude sur le comportement des garçons et des filles à l’école. Raison de plus pour s’intéresser au dernier ouvrage de Jean-Louis Auduc, École : la féracture sexuée, qui, pour une fois, détonne dans le concert habituel de lieux communs.

On a cru longtemps que la mixité, qui ne s’est généralisée que dans les années 1960-1970, constituait un progrès dans l’égalité : filles et garçons avaient enfin droit au même enseignement ! Ce livre apporte un nouvel éclairage sur la question, en se demandant si la lutte contre l’échec scolaire ne passerait pas par la non-mixité et une approche « sexuée » de la pédagogie. « Il faut rompre avec l’idée que toute différence dans la façon d’apprendre aux filles et aux garçons va renforcer les stéréotypes. Le prérequis de l’égalité n’est pas l’uniformité », explique son auteur. Si seulement Najat Vallaud-Belkacem pouvait l’entendre !

De fait, dans des classes mixtes, les filles réussissent généralement mieux que les garçons, qui fournissent les trois quarts des 150.000 décrocheurs annuels. Elles maîtrisent mieux la lecture, redoublent moins, sont en proportion plus nombreuses à sortir diplômées du supérieur. C’est également vrai pour les filles issues de l’immigration, dont 65 % obtiennent le baccalauréat contre 57 % de garçons. « Cette politique qui consiste à considérer l’élève comme neutre apparaît clairement comme renforçant l’échec des garçons », estime l’auteur.

La mixité, qui paraît si naturelle de nos jours, n’aurait donc pas que des avantages. En ne prenant pas en compte les différences de comportement entre filles et garçons dans sa pédagogie et ses approches, l’école renforcerait les inégalités. Il conviendrait au moins d’instaurer « des moments non mixtes ». Il est peu probable, cependant, que le ministère suive ces recommandations. S’il est prompt, en effet, à parler d’accompagnement personnalisé, d’enseignement différencié, d’innovation pédagogique – ça ne mange pas de pain -, il ne sait pas, ou plutôt il ne veut pas diversifier les parcours et les approches.

Comme tous les élèves ne peuvent pas atteindre l’excellence, on tend à supprimer les sections et les structures qui permettent d’y parvenir. Le syndrome de Procuste a atteint notre ministre de l’Éducation nationale : ses effets sont notamment perceptibles dans la réforme du collège. Au nom de ses certitudes, Najat Vallaud-Belkacem traite de « pseudo-intellectuels » ceux qui osent la critiquer. Au nom de l’égalité, elle crée des inégalités supplémentaires. Pour quelqu’un qui prétend défendre les valeurs républicaines, c’est un comble !

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