Comment réussir à échouer, de Paul WATZLAWICK

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COMMENT REUSSIR A ECHOUER

Trouver I’ultrasolution

Ultrasolutions, how to fail most succesfully (1986)

1.    Ce sont des solutions qui se débarrassent non seulement du problème, mais aussi de tout le reste – un peu comparables à cette vieille plaisanterie de carabins : opération réussie, patient décédé. (p.7)

2.    Il y a déjà 2500 ans HERACLITE, le grand philosophe du changement, nous a avertis que les actes extrémistes ne mènent jamais à la victoire finale, mais, au contraire, ne font que renforcer l’extrême opposé. (p.37)

3.    Il y quelque chose de fondamentalement faux dans le fait de croire que le contraire du mauvais doit nécessairement être bon. (p.38)

4.    Le bien obligatoire cesse d’être le bien par le fait même qu’il est obligatoire. (p.39)

5.    Celui qui pose le bien absolu pose aussi par là même le mal absolu. La poursuite du plus haut idéal, quel que soit le nom qu’on lui donne – sécurité, patriotisme, paix, liberté, bonheur, etc. -, est une ultrasolution, une force qui – pour parodier GOETHE – cherche toujours le bien et crée toujours le mal. (p.4O)

6.    . . . comme cet homme à qui le juge demande: “Avez-vous cessé de battre votre femme? Répondez par oui ou par non” et le menace de l’accuser d’outrage à magistrat car, ne l’ayant jamais battue, il ne peut répondre ni oui ni non. (p.43)

7.    Quoi que l’on essaie de faire dans un cauchemar, courir, se cacher, se défendre, on ne se libère jamais de son rêve. Pour se libérer, il faut se réveiller, mais se réveiller ne fait pas partie du rêve, n’est pas du “plus de la même chose”, mais un événement, différent, quelque chose d’extérieur au rêve. (p.44)

8.    Le monde est peuplé de deux sortes de gens: ceux qui pensent qu’il existe deux sortes de gens, et ceux qui ne le pensent pas. (p.50)

9.    Et l’on devient de plus en plus conscient, même dans les sciences “dures”, du fait que la quantité n’est qu’un aspect de la qualité. (p.70)

10. De façon surprenante, CICERON connaissait déjà les effets du poste de télévision. En 80 av J.C. il écrivait : “Si nous sommes contraints, à chaque heure, de regarder ou d’écouter d’horribles événements, ce flux constant d’impressions affreuses privera même le plus délicat d’entre nous de tout respect pour l’humanité”. (p.72)

11. L’emploi d’un même langage produit l’illusion que l’autre doit voir la réalité comme elle est réellement – c’est-à-dire comme je la vois. Et s’il se trouve que mon interlocuteur ne la voit pas comme moi, c’est alors un signe évident de folie ou de mauvaises dispositions. (p.82)

12.  Aux conflits internationaux qui – exactement comme les mariages à problèmes – se caractérisent par une ignorance totale du point de vue et des intentions de l’autre, ensevelie sous l’illusion inébranlable de les connaître parfaitement. (p. 85)

13.  Deuxième loi de la thermodynamique, selon laquelle tout processus naturel a tendance à procéder de l’ordre vers le désordre. On appelle entropie la mesure de ce désordre. On appelle néguentropie l’évolution vers des formes d’organisation plus élevées, partout observables dans la nature. (p.89)

14.  L’eau est quelque chose de différent et non pas seulement la somme des caractéristiques particulières de l’hydrogène et de l’oxygène ; et toute tentative pour saisir son essence en la réduisant à ses composants séparés aboutirait à un non-sens. (p.91)

15.  Nous avons vu comment, en cas de conflits, chaque partenaire a tendance à blâmer l’autre. Ils sont tous les deux convaincus qu’ils font tout pour résoudre le conflit, et pourtant, il persiste, et s’aggrave même parfois. (p.91)

16.  Il ne peut y avoir de troisième source de conflit entre seulement deux personnes. Et pourtant il y en a une. (p 92)

17.  Nous sommes généralement loin de comprendre que l’ordre sans un degré de désordre devient hostile à la vie, dans la mesure où il anéantit toute possibilité de développement de la néguentropie. L’ordre absolu est une ultrasolution: c’est ce que plus d’un innovateur dans le domaine social et plus d’un consultant dans celui du management découvrit à ses dépens en essayant de parvenir à l’ordre parfait. (p.93)

18.  Tout ce qui se développe, croît et s’épanouit le fait “dans les moindres détails”, tranquillement, à tous petits pas, alors que tous les grands changements sont catastrophiques, et cataclysmiques. (p.95)

19.  Mais le seul fait de devoir trouver le plus sage engendre déjà un paradoxe : qui l’identifiera? Quelqu’un qui est plus sage que le plus sage ? Mais si une telle personne existe, ne devrait-elle pas être celle qui gouverne? Ou croira-t-on simplement sur parole celui qui déclarera être le plus sage? Ou bien les moins sages devront-ils faire le choix? Mais leur sagesse imparfaite ne les empêchera-t-elle pas de déterminer qui est le plus sage ? (p97)

20.  Il faut s’approcher des mirages pour qu’ils se révèlent tels. Il faut aussi prendre les mauvais chemins pour découvrir qu’ils ne mènent nulle part. (p. 109)

21.  Il n’y a rien de plus décevant qu’un espoir réalisé, et rien de plus séduisant qu’un espoir qui ne l’est pas encore. (p.11 5)

22.  Il était maintenant clair que la seule raison pour laquelle il n’avait pas trouver ce qu’il cherchait, c’était la quête elle-même ; c’était que l’on ne peut trouver, là-bas, dans le monde, et donc jamais avoir ce que l’on est déjà. (p. 116)

23. L’ultrasolution qui consiste à nommer cette expérience et à chercher à la répéter. (p. 116)

 

 

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