Faites-vous même votre malheur de Paul WATZLAWICK (citations)

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NDLR : Ce livre est un de ceux que beaucoup de gens désireux de savoir ce qu’est cette fameuse école de Palo Alto (qui en fait n’a jamais existé) lisent d’abord ce livre attiré par le titre plaisant. C’est en effet une bonne introduction à certains aspects de la méthode dite de Palo Alto, créée ,par Grégory Bateson dans les années 1950. Mais ce n’est qu’une introduction illustrant l’humour du porte-parole de cette école en Europe, autrichien d’origine mais homme de l’univers, et pour bien connaître les méthodes il faut lire les trois livres fondamentaux, chronologiquement : Une logique de la communication (dans les versions allemandes et anglaise : la pragmatique de la communication), Changements, paradoxes et psychothérapie, et , enfin La réalité de la réalité. Livres dont vous trouverez prochainement des extraits, citations, résumés et intérêt pour l’Analyse Relationnelle sur ce blog.
Ces livres paraissent difficiles de lectures à un grand nombre de nos contemporains, pour la seule raison qu’ils initient une nouvelle façon de penser notre vie, de voir nos relations, à contre-courant de la pensée dominante. Donc, si vous voulez apporter un vrai changement dans votre vie, voici des livres qu’il faut lire que nous allons vous faire découvrir sur ce blog, catégorie : lectures.

The situation is Hopeless but not serious

(1983)

PRÉFACE :

1. La vie est désespérée, mais elle n’est pas grave

INTRODUCTION :

2. Il est plus que temps de mettre au rencart les contes de bonne femme qui voudrait nous faire croire que la chance, le bonheur et la satisfaction sont tout ce qu’il convient de désirer dans l’existence. Il y a trop longtemps que l’on nous dit – et que nous croyons naïvement – que la poursuite du bonheur débouche sur le bonheur. (p.10)

3. La connaissance des mécanismes et des processus produisant le malheur doit cesser d’être un secret jalousement gardé par la psychiatrie et la psychologie. (p. 12)

4. L’Etat moderne a si grand besoin de l’impuissance et du malheur toujours croissant de ses citoyens qu’on ne peut laisser la satisfaction d’un tel besoin à la seule initiative individuelle, quelle qu’en soient les bonnes intentions. (p.1 3)

5. Etre malheureux est certes à la portée du premier venu. Mais se rendre malheureux, faire soi-même son propre malheur sont des techniques qu’il faut apprendre : à cet apprentissage-là, quelques coups du destin ne suffisent pas. (p.l4)

6. La maturité, telle que l’a définie l’un de mes collègues, est la capacité de faire quelque chose malgré le fait que vos parents vous l’ont recommandé. (p. 19)

7. Le temps dit-on guérit toutes les blessures. C’est possible, mais cela n’est pas pour nous faire peur. Car il est tout à fait possible de se protéger contre cet effet du temps, pour faire du passé une source de malheur très fiable. (p.2l)

8. Ce qui fut infligé par Dieu, par le monde, le destin, la nature, les chromosomes et les hormones, la société, les parents, la police, les maîtres, les médecins, les patrons et, pire que tout, par les amis, est si injuste et cause une telle douleur qu’insinuer seulement que je pourrais peut-être y faire quelque chose, c’est ajouter l’insulte à l’outrage. (p.25)

9  …entretenir ses vieilles blessures en les léchant sans cesse. (p.26)

10. Cette formule apparemment toute bête: “Il suffit d’insister”, est l’une des recettes les plus assurément désastreuses mises au point sur notre planète sur des centaines de millions d’années. Elle a conduit des espèces entières à l’extinction. (p.28)

11. L’effet est garanti aussi longtemps que l’étudiant s’en tient à deux règles simples. Premièrement, une seule solution est possible, raisonnable, autorisée, logique; si elle n’a pas encore produit l’effet désiré, c’est qu’il faut redoubler d’effort et de détermination dans son application. Deuxièmement, il ne faut en aucun cas remettre en question l’idée qu’il n’existe qu’une seule solution et une seule. C’est sa mise en pratique qui doit laisser à désirer et peut être encore améliorée. (p.29)

12. …en évitant une situation ou une difficulté que l’on redoute, on risque, tout en ayant l’air de choisir la solution la plus simple et la plus raisonnable, de perpétuer la situation ou la difficulté que l’on redoute. (p50)

13.    une idée, pour peu qu’on s’y accroche avec une conviction suffisante, qu’on la caresse et la berce avec soin, finira par produire sa propre réalité. (p.54)

14.    Plus la municipalité multipliera les “stops”, plus il y aura d’infractions au code de la route, justifiant la mise en place de nouveaux stops pour faire échec aux chauffards.. Plus on augmentera les impôts pour compenser des fraudes fiscales (réelles ou imaginaires), plus les citoyens les plus honnêtes tendront à tricher dans leurs déclarations. (p. 58)

15.    La prédiction d’un événement a pour résultat de faire arriver ce qu’elle a prédit. (p.58)

16.    Même quand le but est particulièrement sublime, le fait de l’atteindre recèle en soi un danger spécifique, commun dénominateur des citations par lesquelles s’ouvrait ce chapitre, à savoir le désenchantement qui résulte de la réussite. (p.63)

17.    La notion même de vengeance et de punition n’est qu’une rêverie puérile. A proprement parler la vengeance n’existe pas. La vengeance est un acte qu’on brûle de commettre alors que l’on est impuissant et parce que l’on est impuissant dès que le sentiment d’impuissance disparaît, le désir de vengeance s’évapore avec lui. (p.66)

18. Voilà soixante-dix ans que Bertrand RUSSELL insistait déjà sur la nécessité d’une stricte séparation entre les déclarations sur les choses et les déclarations sur les relations. “Cette pomme est rouge” est une déclaration sur les propriétés de cette pomme en particulier. Mais “Cette pomme est plus grosse que celle-ci” est une déclaration sur la relation existant entre ces pommes. (p. 70)

19. Il existe certes des puristes parmi les soi-disant “conseillers en communication” pour croire ingénument qu’il existe une communication “correcte” (dont on pourrait apprendre la grammaire comme celle d’une quelconque langue étrangère) et pour soutenir qu’il existe une réponse du genre “Je n’aime pas cette soupe, mais je tiens sincèrement à te remercier de t’être donné le mal de la préparer pour moi.” Je ne doute pas que, dans les livres de ces spécialistes -et là seulement – l’épouse se jette alors au cou de l’époux! (p. 71)

20. Tout comme on ruine la meilleure blague en en expliquant la chute, il suffit de palabrer à propos des formes apparemment les plus simples des relations humaines pour faire naître des problèmes de plus en plus insolubles. (p. 73)

21. Faire spontanément ce que l’on a reçu l’ordre de faire est aussi impossible que d’oublier par décision consciente ou de décider de dormir plus profondément. Ou bien l’on agit spontanément, c’est-à-dire à sa propre discrétion ; ou bien l’on obéit à un ordre et par conséquent on n’agit pas spontanément. D’un point de vue purement logique, il est impossible de faire les deux à la fois. (p.84)

22. DOSTOIEVSKI: “Le précepte biblique “Aime ton prochain comme toi-même” aurait plus de sens si on l’entendait à l’envers – c’est-à-dire que l’on ne peut aimer son prochain que si l’on commence par s’aimer soi-même.” (p. 91)

23. Une relation fondée principalement sur le fait que l’un des partenaires a besoin (ou prétend avoir besoin) d’aide, tandis que l’autre est prêt à la fournir. Il est dans la nature d’une telle relation de n’avoir que deux résultats possibles, et les deux sont fatals. Soit l’aide n’aboutit à rien, soit elle réussit. Une fois encore, tertium non datur (comme disent les pages roses), il n’existe pas de troisième possibilité. Dans le premier cas, l’altruiste le plus invétéré finira par avoir son compte et se retirera de la relation. Mais dans le second, en cas de réussite, l’autre cessera par définition d’avoir besoin d’aide et la relation s’effondrera d’elle-même, ayant perdu signification. (p. 99)

24. Le débutant non encore initié demandera naïvement pourquoi ce besoin d’un partenaire. La réponse est simple peut-on imaginer une mère sans enfant, un médecin sans patient, un chef d’état sans état ? Ce seraient des ombres, des ébauches d’êtres humains, pour ainsi dire. Seul un partenaire jouant dans sa relation avec nous le rôle requis peut nous rendre “réel”. (p. 100)

25. Un sadique est un homme qui refuse de faire souffrir un masochiste. (p. 102)

26. Notre monde est censé être le vrai c’est l’autre monde ou plutôt les divers mondes des autres qui sont démentiels, trompeurs, illusoires et étranges. (p. 105)

27. Affronté à toutes les preuves du contraire, on continuera de tenir sa propre conduite pour évidente et normale dans toutes les circonstances sitôt cela fait, tout autre comportement que le sien propre dans une situation donnée apparaîtra démentiel, stupide ou déplacé. (p. 109)

28. Pourquoi est-il si difficile pour nous de nous rendre compte que la vie n’est pas un jeu à somme-zéro ? Que nous pouvons gagner tous les deux si nous ne sommes pas obsédés par l’idée qu’il nous faut vaincre l’autre pour ne pas perdre nous-mêmes ? (p. 114)

29. “Tout est bien…tout. L’homme est malheureux parce qu’il ne sait pas qu’il est heureux. Ce n’est que cela. C’est tout, c’est tout! Quand on le découvre, on devient heureux aussitôt, à l’instant même…” Bref, la situation est désespérée, et la solution désespérément simple. (p. 118)

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