Psychologie de la manipulation et de la soumission, de Nicolas GUEGUEN

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PSYCHOLOGIE DE LA MANIPULATION ET DE LA SOUMISSION

Nicolas GUEGUEN, Dunod, 2002

Jusqu’où l’obéissance de l’homme peut-elle le conduire ? Les récits des exactions commises par des soldats au demeurant bons fils, bons pères de famille, maris doux et prévenants peuvent surprendre le genre humain par leur sauvagerie apparente. (p.7)

Il semble établi, chez les chercheurs travaillant sur l’autorité, que la catégorie socioprofessionnelle et le niveau d’éducation (qui est fortement lié à la CSP) n’ont pas de lien avec la soumission à l’autorité dans le cadre du paradigme de Milgram. (p. 19)

Les sujets obéissants ont plus tendance que les désobéissants à ne pas s’auto-attribuer la responsabilité de leurs actes et à l’attribuer à l’expérimentateur ou à la victime (p. 31)

Burley et Mac Guiness ont également observé que ceux ayant un score d’intelligence sociale (aptitude à comprendre les autres personnes) élevé obéissaient moins à l’expérimentation. (p. 50)

Miller a observé que des sujets externes au sens de Rotter (personnes qui expliquent ce qui leur arrive à l’aide de causes externes : « J’ai réussi à l’examen car cette année le sujet était facile »), « j’ai échoué parce que les membres du jury étaient des vieux ») obéissaient plus à des ordres émanant d’une autorité de haut statut que de bas statut. (p. 50)

Une recherche de Bock et Warren corroborera cette hypothèse en montrant que l’obéissance tend à croître au fur et à mesure que le degré d’orientation religieuse du sujet croît. Ainsi, les sujets croyants et pratiquants sont plus obéissants que les sujets non croyants. (p. 51)

On peut faire produire à un individu quelconque un acte grave, hautement problématique, contraire à sa morale, simplement parce qu’une autorité légitime l’exhorte verbalement à accomplir cet acte. (p. 67)

Plutôt que d’attendre qu’un tel comportement disparaisse, il conviendrait peut-être que l’on s’évertue à lever les conditions qui permettent l’émission d’un tel comportement afin, éventuellement, d’éviter qu’il ne se reproduise. (p. 67)

La soumission à l’autorité est le fondement de toute socialisation des êtres humains. (p. 75)

Il semble donc, encore une fois, que ce n’est pas dans la nature de la relation demandeur/demandé que se trouve le mécanisme psychologique de fonctionnement du Pied-dans-la-Porte mais bien dans la succession des requêtes. (p. 99)

Le fait, pour un même requêteur de formuler immédiatement deux requêtes, conduirait à ce que le sujet voit dans un tel comportement comme une tentative de réduire sa liberté de choix d’acceptation. (p. 103)

Ainsi, si la requête préparatoire est importante, le sujet peut avoir le sentiment d’avoir déjà donné suffisamment au demandeur. D’un autre côté, si elle est trop insignifiante, le sujet n’a pas le sentiment d’avoir fait un effort suffisant ce qui ne le conduit pas à persister car le sujet est confronté à son acte et à l’explication qu’il doit en donner. (p. 104)

On voit bien que le fait d’avoir trop donné quelque temps auparavant conduit à diminuer l’aide comme si la « pile à générosité » était vide. (p ; 106)

Produire un comportement accroît la probabilité de faire une auto-perception car le sujet est confronté à son acte et à l’explication qu’il doit en donner. (p. 109)

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