Par peur des « atteintes sexuelles », interdit de souffler dans la trompette ! de Marie DELARUE

  • Share
  • CevherShare
  • Share

http://www.bvoltaire.fr/mariedelarue/par-peur-des-atteintes-sexuelles-interdit-de-souffler-dans-la-trompette,261342?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=9684e5a6cb-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-9684e5a6cb-30469153&mc_cid=9684e5a6cb&mc_eid=443cdc6b1f

NDLR : quand le principe de précaution rejoint la pudibonderie à outrance et l’imbécilité absolue cela donne ça ! Bon, ce n’est pas encore une loi, juste un dossier sur le bureau d’un (d’une sûrement !) technocrate quelconque, mais le fait même qu’un cerveau dérangé ait pondu cette idée nous donne une idée de la décadence dans laquelle nous sommes tombés. Il est vrai que je me souviens des cours que je donnais dans les matières que je connaissais dans les années 1965 ! Et de cette petite mignonne qui me recevaient en peignoir pour le cours, en peignoir souvent ouvert sur le paradis. Et on dit après que les hommes sont de dangereux obsédés ! Et les femmes alors, là je réclame la parité.
Bon trêve de plaisanterie, l’idiotie de ce genre de réfléxion n’est pas là mais encore une fois dans le fait que sa Majesté Généralisation a frappé. Il suffit qu’un professeur (mâle ou femelle) regarde avec con-cupiscence son élève (mâle ou femelle) pour qu’un technocrate attardé (mâle ou femelle ?) ponde une loi. A ne plus considérer une exception comme une exception, ce n’est plus de la prévention, c’est du suicide ! Une fois qu’on aura supprimé toutes les possiblités pour deux personnes de se trouver en tête à tête quelque part, que restera-t-il de notre belle société ? Oui, Coluche ce grand philosophe des temps modernes, avait raison : tout ce qui n’est pas obligatoire doit être interdit.  

Un rapport intitulé « Mission de prévention, de signalement et de traitement des risques d’infraction sexuelle sur des mineurs par des agents de la ville », rédigé il y a juste un an, va être débattu au Conseil de Paris à partir du 13 de ce mois dans le cadre de la réforme des cours de musique. Au menu : la fin des cours de musique individuels pour éviter tout risque d’agression sexuelle.

Car les rapporteurs en sont sûrs : tout professeur qui enseigne l’art de souffler dans la flûte et la trompette, de jouer du piston ou de tirlipoter la mandoline est un violeur en puissance. Les cours individuels, disent ces doctes personnes, sont « porteurs de risque de dérapages importants, du fait […] de rapports de proximité et de séduction, et d’un contexte musical marqué par la banalisation des relations sexuelles entre maître et élève ».

De quoi donner à croire aux parents que les cours d’instrument sont de vastes partouzes… Ce qui déclenche, on le devine, la fureur du corps enseignant des conservatoires parisiens.

Car les pères la vertu ne s’arrêtent pas là. Le Parisien, qui s’est procuré le rapport, cite ainsi cet autre morceau de choix relatif à l’encadrement des stages d’été proposés aux élèves de conservatoires. Si l’on en croit les auteurs, ces stages « constituent des lieux à haut risque […] propices aux rapports de séduction […] à la promiscuité et aux soirées en présence de drogues et d’alcool ».

Pour en avoir fait pas mal dans ma jeunesse, je vais expliquer à ces préfets des mœurs comment se passe un stage de musique. D’abord, on arrive avec les morceaux « à travailler » – un concerto et quelques grandes études – dans les doigts. Après, c’est lever de bonne heure, travail individuel pour les courageux entre le petit déjeuner et les cours de la matinée : c’est-à-dire leçon individuelle, donc « critique », en présence de la classe. Après-midi consacrée au travail de groupe (musique de chambre, orchestre), dîner, et souvent répétition supplémentaire avant le coucher. Car le but, Messieurs les censeurs, ce sont les concerts de fin de stage avec, pour les plus méritants, des solos que chacun voudrait bien décrocher ! Alors penser que les (rares) temps libres se passent en parties de jambes en l’air et de défonce relève du pur fantasme !

Pour un professeur de contrebasse licencié en 2015 du CRR (conservatoire à rayonnement régional) de Paris pour avoir entretenu, durant deux ans, une liaison avec une élève, on est prêt à réglementer de façon totalement absurde l’enseignement de la musique instrumentale ! Signalons, au passage, que la jeune femme a attendu sept ans pour porter en justice une affaire connue de tous comme une véritable histoire d’amour, y compris de sa mère avocat…

Ulcérés, les professeurs de conservatoire dénoncent : « Le parti pris affiché dans ce rapport est parfaitement injurieux. Les rédacteurs de ce texte ignorent, semble-t-il, tout des pratiques pédagogiques, par préceptorat, qui sont celles des conservatoires. Elles ne correspondent pas aux méthodes en cours dans l’Éducation nationale, mais elles permettent une grande souplesse, l’adaptation au projet individuel de chaque élève. Et c’est beaucoup plus efficace que des cours magistraux ! »

Enfin, si l’on suit les recommandations de ces obsédés de l’agression sexuelle, il faut aussi et surtout interdire de toute urgence les cours de danse ! Car plus encore peut-être que les professeurs d’instrument, les maîtres de danse ont en effet toute latitude pour « toucher » leurs élèves dont ils corrigent et rectifient sans cesse les postures !

Et, pendant qu’on y est, supprimons aussi le chant, la gymnastique, le patinage, l’athlétisme, le tennis, le judo, la natation… bref, tout ce qui met le corps en mouvement et se pratique sous les conseils d’un maître ou d’un entraîneur.

 

You can leave a response,or trackback from your own site.

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.