Interdiction de la fessée, Marie DELARUE

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http://www.bvoltaire.fr/mariedelarue/interdiction-de-la-fessee-la-reforme-du-quinquennat-hollande-enfin-votee,269786?mc_cid=35d0e3ddf8&mc_eid=443cdc6b1f

 

NDLR : d’abord on peut se demander pourquoi pondre des lois quand on avoue d’avance qu’on ne puniera pas ceux qui la transgresseront. On peut se demander aussi pourquoi des lois qui vont à l’encontre des habitudes bien ancrées chez nos contemporains. On peut enfin se demander pourquoi pondre des lois concernant la vie privée des gens, sinon pour occulter le fait qu’on est incapables de résoudre les vrais problèmes. Pourquoi pondre des lois quand on sait que c’est le Peuple qui décide, aussi bien des mots qu’il veut utiliser, que des habitudes du cercle familial. On a envie de dire : de quoi je me mêle ? Bien sûr, il n’est pas question de laisser les mères de famille enfermer leur progéniture dans les congélateurs, ça c’est un crime, mais une claque de temps à autre devant des gamins arrogants qui ne respectent plus leurs parents, une fessée chez un petit désobéissant… oui je crois vraiment que ça ne peut pas faire de mal pour l’avenir de nos chers bambins. En tout cas moins que la permissivité à outrance. Alors, quand je vois comme l’autre jour dans un supermarché une jeune mère dire à son fils d’une dizaine d’années : « Tu vas arrêter car tu vas t’en prendre une bientôt, ma main me chauffe » et encore pas plus tard qu’hier, un père (un géant de plus de 2 mètres) qui a giflé violemment sa fille de 15 ans en public… (et là je n’approuve pas bien  sûr), je me dis que vraiement cette loi-là, va venir s’entasser dans les cartons de toutes celles qui n’ont jamais été appliquées.
Le vrai problème ici n’est pas d’éducation mais de la déviation du rôle de Gouvernant !

En fin de semaine dernière, sous la pression de l’Europe qui avait dénoncé nos agissements coupables, l’Assemblée nationale adoptait un amendement au « projet de loi égalité et citoyenneté ». Celui-ci devrait être voté à l’heure où je vous écris. À la grande joie des petits et moyennement grands, il va mettre un terme à des siècles de sévices et de tortures. Qu’on dit.

L’article 371 alinéa 1 – c’est de lui qu’il s’agit – prévoit ainsi que les parents doivent, à partir de maintenant et jusqu’à désormais,« s’abstenir de tout traitement cruel et dégradant » à l’égard de leurs enfants. Soit, précisément, ni gifle, ni taloche, ni rouste, ni torgnole, ni peignée, ni beigne, ni raclée, ni branlée, ni déculottée, ni fessée et autre coup de pompe dans le train.

Bref, l’avenir s’annonce radieux pour tous les garnements qui, demain, feront les poches de François Bayrou, colleront des baffes à leur mère tétanisée quand ce n’est pas des coups de tisonnier pour récupérer le fond du porte-monnaie (les psys qui reçoivent ces couples maudits disent qu’ils sont aujourd’hui légion).

Seul problème : quelle peine pour les parents qui enfreindraient la loi ?

La mesure, nous dit-on, n’est que symbolique et aucune sanction n’est prévue pour l’instant. Il faut dire que, par les temps qui courent les rues et les manifs, les flics sont extrêmement occupés. Dès lors, il paraît bien difficile de repérer les contrevenants. Que faire ? Placer une caméra dans chaque foyer, peut-être ? Là encore, c’est cher, et puis il faut du monde pour surveiller les écrans…

Alors nos élus ont eu une merveilleuse idée : le texte va être lu lors des cérémonies de mariage en mairie. Et je vous le dis, ça va être grandiose.

Imaginez : la mariée et son promis s’installent sur le siège encore chaud de la fournée qui les a précédés. Madame le maire gonfle son décolleté pigeonnant sous l’écharpe tricolore et, tout empreinte de gravité, prononce ces mots définitifs :

…Les époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille. Ils pourvoient à l’éducation des enfants et préparent leur avenir. Ils ne leur baissent pas la culotte pour les fesser et s’abstiennent de tout geste inapproprié ainsi que de tout traitement cruel et dégradant.
Maintenant, veuillez vous lever, nous allons procéder à la cérémonie du mariage… »

Les époux, venus régulariser après cinq ans une vie de péché, regardent alors leur progéniture qui s’agite sur les fauteuils de velours cramoisi. Et, devant l’assistance rigolarde, le père s’écrie : « Kevin, Sue Ellen, tenez-vous tranquilles ou je vous en colle une ! » Et même deux.

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