Différences de salaires entre hommes et femmes ou entre femmes et mères ? de Gabrielle CLUZEL

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http://www.bvoltaire.fr/gabriellecluzel/differences-de-salaires-entre-hommes-et-femmes-ou-entre-femmes-et-meres,293086?mc_cid=7b4d225f20&mc_eid=443cdc6b1f

NDLR : ma foi, dans ma vie professionnelle qui touche à sa fin, j’ai toujours été entouré de femmes, jeunes et moins jeunes  et parfois mamans et dans ma profession de formateur, je pense que, de façon statistique, les femmes sont légèrement supérieures en compétences relationnelles aux hommes.
Donc je crois mordicus après 40 ans de direction de petites entreprises que :
- d’une part à travail égal salaire égal doit être une règle évidente et quasi sacrée, rien ne justifie qu’elle ne soit pas respectée mais justement d’après l’auteur de cet article il semble que cette règle EST respectée et que le problème n’est pas là
- d’autre part, je crois aussi qu’un patron responsable doit tenir compte des risques qu’il prend en embauchant tel ou tel type de personnes, donc qu’une femme fait prendre des risques à son entreprise en s’absentant longuement pour une arrêt grossesse, et que cela doit être pris en compte. Ce qui fait que, par voie de conséquence elle se heurtera alors au fameux plafond (de verre ?) qui lui interdira les postes de responsabilités et de direction, là où justement on ne peut pas s’absenter longtemps sans… perdre son poste.  
Il faut faire avec  cette contradiction et cet article est salutaire pour montrer qu’il ne faut pas se tromper de guerre. La guerre serait qu’il faut habituer les hommes à prendre de longs congés de paternité comme les femmes… et l’histoire de l’égalité des salaires se résoudrait  d’elle-même. Et là ce n’est pas gagné !

Un collectif féministe – Les Glorieuses – a appelé les femmes à une manifestation virtuelle le lundi 7 novembre à 16 h 34. Selon elles, en effet, si les femmes étaient payées autant que les hommes, elles pourraient s’arrêter de travailler à cet instant.

On se gratte la tête. Un truc ne colle pas. Si, toutes choses égales par ailleurs, les femmes étaient réellement moins bien rémunérées que les hommes du seul fait d’être femmes, tous les chefs d’entreprise, avec cynisme, se battraient pour employer des femmes, il n’y en aurait plus une seule au chômage.

De la même façon que l’on s’empresse de délocaliser en Chine ou en Inde, pour payer la main-d’œuvre des cacahuètes, on s’installerait dans Gynéland, le pays de la femme où le salariat est discount.

La vérité est évidemment ailleurs, révélée, en mai dernier, par une étude de Glassdoor Economic Research, et relayée par Le Parisien sous le titre « Les Françaises sans enfant sont mieux payées que les mamans » : « En France, à poste égal, les femmes sans enfant gagnent 0,4 % de moins que les hommes. Un taux proche de l’égalité. En revanche, celles qui ont eu au moins un enfant gagnent 12,4 % de moins que les hommes. »

Donc, il ne s’agit pas d’une discrimination « sexiste » entre hommes et femmes, mais mécanique (mesurable en temps consacré à l’entreprise), entre femme sans enfant et mère.

Les féministes le savent bien, en réalité, qui dénoncent régulièrement la maternité comme une entrave à la vie professionnelle, voyant dans la pilule et l’IVG et tout ce qui permet de planifier, ajourner, éviter un bébé comme un élément de libération. Pour lutter contre la discrimination que subissent les mères, il faudrait donc qu’elles ne le soient pas ? Pour lutter contre la discrimination que subissent les Noirs, préconise-t-on, dans la même logique, de les rendre blancs ?

La justice, pour pallier cette inégalité, commanderait au contraire d’aider les mères à l’être pleinement sans renoncer à leur revenu.

Or, quelle féministe « glorieuse » entend-on dire que si la maternité induit une perte de revenu, celle-ci devrait être compensée par de « vraies » allocations familiales, attendu que chaque enfant est un investissement dans l’avenir dont bénéficiera toute la société ?

Quelle féministe « glorieuse » promeut le télétravail (une majorité de Français y sont favorables, comme le révèle une enquête Ipsos publiée il y a quelques jours et relayée par Les Échos), qui résoudrait bien des problèmes d’absentéisme ou de temps partiel liés à la grossesse et à la garde des enfants ? Bien sûr, tous les métiers ne s’y prêtent pas, mais puisque le secteur tertiaire est hypertrophié, pourquoi ne pas en tirer parti, en inversant les rapports – physiques avec la famille, virtuels avec les collègues de travail – dans un sens, somme toute, plus naturel.

Quelle féministe « glorieuse » milite pour le statut d’auto-entrepreneur, plébiscité par les femmes car il leur permet d’être leur propre patron et d’organiser leur temps, mais qui, actuellement, est matraqué fiscalement et faiblement couvert socialement ?

Bref, quelle féministe peut se glorifier d’avoir osé, une fois dans sa vie, le pragmatisme plutôt que l’idéologie ?

Bien sûr, dira-t-on, pourquoi la même différence de salaire ne s’observe-t-elle pas entre homme sans enfant et père ? Parce que, comme le chantait Renaud, dépité, il ne sera jamais en cloque. Et à la façon dont il le dit, on sent bien que cette prérogative-là n’a pas de prix.

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