Banales Absurdités, du Dr Maudrux

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 NDLR : enfin une voix dissonante dans le concert des moutons bêlant à l’unisson. Et ça fait toujours plaisir de ne pas se sentir seul !
Le blog du Du Maudrux est un plaisir pour le pratiquant de l’Analyse Relationnelle car il montre que le monde s’est construit sans plan et sans fondations, à partir d’idées et non pas d’observations concrètes des réalités. Au sens strict le monde est tête en bas, mais, comme on a pris l’habitude on ne s’en rend plus compte.
Et cela dans tous les milieux où il y a des gens en position de nous abêtir encore plus.
Voici une lecture saine, qui nous nettoie de ce qu’on lit dans les journaux, dans la boue des réseaux sociaux, et dans les insanités bêtifiantes de la télé, les trois grands cancers moraux de notre époque.

A lire sans modération.
PR

Blog du Dr Maudrux

 

 

 

 

 

 

 

Posté le  par Gérard Maudrux

En l’espace de huit jours, l’accumulation de petites choses montre à quel point la France est devenue un pays où tout est interdit, où règnent l’absurdité et l’arbitraire, le peuple semblant s’habituer à tout. En fait étranglés par les prélèvements et étouffant sous les règles administratives, les Français ne supportent pas tant que cela, la consommation d’anxiolytiques et le burnout croissants ont sans doute là une explication.

Si les utopies d’hier sont les vérités d’aujourd’hui, les absurdités d’hier sont aujourd’hui des banalités.

A Paris c’est une usagère du métro (enceinte de surcroît) qui a dû s’acquitter d’une amende de 60 euros sans préavis pour avoir emprunté un couloir dans le mauvais sens. Tout le monde circule dans tous les sens, seuls quelques-uns, au hasard de l’humeur du jour de quelques contrôleurs zélés seront taxés. (Absurdité : circuler sans billet coûte moins cher, 50 € !).

Dans le Vaucluse, Geneviève, 89 ans, comme beaucoup à son âge, n’a pas d’ordinateur ni internet. A l’heure de la dématérialisation (elle ne sait pas non plus ce que cela veut dire), elle a payé un impôt en envoyant un chèque. Ce chèque a été encaissé, mais les services fiscaux lui envoient une amende de 15 € pour « non-paiement dématérialisé ». Au passage, les caisses de retraite ont aussi cette obligation d’encaisser des pénalités dans le même cas. Pas de chance, d’autres départements sont moins zélés.

Ici c’est un automobiliste qui se fait verbaliser car il téléphonait dans sa voiture. Tant pis si la voiture était garée, moteur coupé. Tant pis si l’esprit de la loi n’est pas respecté, la loi elle est respectée à la lettre par un fonctionnaire irréprochable.
(Lire la suite…)

On voit des tickets restaurant circuler partout et servir à tout, y compris à faire des courses. Par contre, tout sauf le dimanche, le patron d’une entreprise parisienne l’a appris en recevant un rappel à la loi conséquent et il est sommé de retourner sans délai à l’Inspection du travail une « fiche d’identité pénale » ultra-détaillée sur son entreprise (raison sociale, numéro SIRET, effectif dont nombre de CDI, CDD, stagiaires…), les mandataires sociaux (identité, date de naissance, noms et prénoms du père et de la mère…) ainsi que pour les salariés concernés (identité, date et lieu de naissance, type de contrat, horaires…), à laquelle il devra joindre les contrats de travail, les bulletins de paie et les relevés horaires des salariés concernés, ainsi que d’un extrait K-bis. Encore un fonctionnaire de l’inspection du travail zélé qui a du temps à perdre et à faire perdre pour respecter une loi comportant quelques absurdités.

Ailleurs c’est un couple qui s’est vu remettre par un huissier une assignation à comparaître devant le juge aux affaires familiales du tribunal de Lorient pour avoir appelé sa fille Liam, prénom jugé trop masculin. Quand on voit certains prénoms bizarres et qu’on pense aux Dominique, Camille, Claude et autres prénoms asexués, tous ont plus de chance de ne pas être victimes d’officiers d’Etat Civil aussi zélés ou mal lunés.

Je me suis souvenu alors de ce Gepetto de Gigean (commune de l’Hérault), victime il n’y a pas si longtemps d’un contrôle zélé de la Direction Départementale de la Protection des Populations (anciennement répression des fraudes). Il fabriquait des jouets uniques, magnifiques et en bois (cheval à bascule, maisons, voitures, personnages,…) et malgré 30 ans de métier sans accident, il n’a pas survécu aux normes. Bien que fabriquant des pièces uniques, les normes lui imposaient de fournir 2 exemplaires aux services de contrôle de conformité, susceptibles d’être détruits par des tests facturés 1 500 euros. Il a dû cesser son activité. Le comble de l’absurdité dans l’application des lois : les services responsables lui avaient suggéré de tricher en vendant comme pièces de collections, non comme jouets !

Des textes et des normes de ce type, il en existe plus de 400 000 relevées par le rapport de la « mission de lutte contre l’inflation normative » de 2013, en vue de simplifications administratives. Ce rapport cite entre autres des exemples comme l’article L 230.5 du code rural issu de la loi du 27 juillet 2010 « prescrivant la place respective des saucisses, des œufs, des nuggets, petits pois et autres produits dans tous les restaurants scolaires de France ». Il prévoit que ces derniers « respectent 80 pages de recommandations établies par 52 personnes issues de l’administration avec des rangs hiérarchiques élevés ainsi que des représentants de la profession qui vont participer aux nombreuses réunions ».

Les auteurs signalent avoir « rencontré beaucoup de normes fondées, mais qui, appliquées avec excès, conduisent à des situations absurdes », et concluent avec malice que « le stock de normes s’est constitué au fil du temps par addition, sédimentation, superposition, comme les couches d’une géologie juridique. La seule nuit d’abrogation s’étant déroulée le 4 août 1789… ». Il y en a tellement qu’on ne peut toutes les appliquer et nous sommes alors soumis au hasard et à l’humeur du jour de préposés, d’officiers, de fonctionnaires.

Tout est interdit ou réglementé pour pouvoir taxer. Ce qu’aucun roi n’aurait osé faire sous peine d’être décapité, dépenser 57% des richesses produites, la république l’a fait, et les français le prennent à juste titre comme une banalité, sans savoir que c’est dans le vrai sens du terme. Savez vous ce qu’est réellement la banalité ? La banalité est un droit républicain féodal importé d’Espagne vers le XIe siècle. On s’est mis à tout interdire aux Français : de moudre leur blé, de cuire leur pain, d’avoir un pressoir, un taureau, un verrat,.. pour pouvoir les taxer. Les français avaient alors la « liberté » d’ aller au moulin banal, au four banal, au pressoir,… Ce droit de ban est un privilège qui a pris fin la nuit du 4 août 1789 pour être rétabli fin du XXe, seuls les seigneurs ont changé, de féodaux (ou ecclésiastiques qui n’étaient pas en reste) ils sont devenus républicains.

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