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Le savoir ne se transmet pas à coups de marteau

http://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2011/06/30/savoir-ne-se-transmet-coups-marteau

Pascal Lapointe, le 30 juin 2011, 9h59

(Agence Science-Presse) Des chercheurs annoncent que le fait d’en savoir plus en science et en maths semble être un facteur qui contribue… à davantage nier les changements climatiques.

L’étude confirme, de manière plus académique, ce que des sondages ont révélé ces dernières années. Par exemple :
Économies d’énergie : dis-moi pour qui tu votes.

Et Mes faits sont meilleurs que les tiens! (2e partie).

Aux États-Unis, d’après une enquête universitaire de 2008, 31% des républicains qui n’ont pas fait d’études supérieures sont d’accord pour dire que la Terre se réchauffe… mais ça tombe à 19% chez les républicains qui ont fait des études supérieures.

L’étude de Kahan et ses collègues: The Tragedy of the Risk-Perception Commons: Culture Conflict, Rationality Conflict, and Climate Change.

Surprise? Pas tout à fait, répliquent déjà des experts en sociologie ou philosophie des sciences (ou science studies). Tout d’abord, ces chercheurs, sous la gouverne de Dan Kahan de l’Université Yale, n’ont pas comparé des Einstein et des analphabètes, mais ont voulu plutôt départager ceux qui possèdent des connaissances scientifiques de base des autres — par exemple, en combien de jours la Terre tourne-t-elle autour du Soleil, ou bien un électron est-il plus petit qu’un atome? Ils ont aussi catégorisé leurs « cobayes » — 1540 personnes — en fonction de leurs valeurs culturelles : penchent-ils, politiquement, plus à gauche qu’à droite. Et enfin, ils leur ont demandé à quel point ils évaluaient le risque de voir la planète se réchauffer.

Et c’est là qu’ils ont pu dégager des tendances. Les citoyens qui s’en sortaient mieux au test de connaissances scientifiques et mathématiques avaient plus de chances d’être aussi ceux qui rejetaient le risque du réchauffement planétaire. Ces sujets, lit-on, « étaient légèrement moins enclins à voir les changements climatiques comme une menace. »

Cette découverte va à première vue à l’encontre d’une croyance bien ancrée, qui veut que le rejet du consensus scientifique sur le climat soit le résultat d’une « ignorance ». De l’avis de nombre de climatologues en effet, si seulement on pouvait mieux « éduquer » nos contemporains, leurs opinions vacilleraient.

Mais il y a au moins 20 ans que cette croyance est rejetée par bien d’autres recherches, notamment en sociologie des sciences et en communications : on y souligne qu’une personne peut fort bien avoir acquis des connaissances pointues dans un domaine, sans que cela ne l’empêche de s’accrocher à une croyance irrationnelle. C’est ainsi qu’on voit, par exemple, des créationnistes brandir leurs diplômes en biologie ou en physique. Read the rest of this entry »